Médecins, pharmaciens et infirmières se concertent pour améliorer les soins

Des études ont déjà prouvé que la collaboration entre professionnels de la santé diminue le recours aux urgences et améliore la qualité des soins.<br />
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Des études ont déjà prouvé que la collaboration entre professionnels de la santé diminue le recours aux urgences et améliore la qualité des soins.

Les ordres professionnels des médecins, pharmaciens et infirmières adoptent une position commune pour favoriser une plus grande collaboration interprofessionnelle. Plus qu’un simple énoncé de principe, ils comptent inciter leurs membres à agir désormais en ce sens dans leur travail quotidien auprès des patients.

Les trois présidents du Collège des médecins, de l’Ordre des pharmaciens et de l’Ordre des infirmières ont rencontré la presse, lundi à Montréal, pour expliquer en quoi consistera cette collaboration plus poussée entre les professionnels de la santé.

Le pharmacien peut, par exemple, informer une infirmière dispensant des soins à domicile qu’un patient ne prend pas correctement sa médication. Et celle-ci peut discuter avec le médecin des symptômes rapportés par le patient à domicile. Ou bien un patient qui se rend souvent à l’urgence pour des crises graves d’anxiété pourra être pris en charge par différents professionnels de la santé, en prévention, à la fois pour les soins médicaux et psychologiques.

Le docteur Charles Bernard (médecins), Bertrand Bolduc (pharmaciens) et Lucie Tremblay (infirmières) ont convenu que cela fait des années qu’on parle de la nécessité d’avoir une plus grande collaboration entre professionnels de la santé. Mais ils veulent généraliser la pratique et la pousser plus loin.

Encore la semaine dernière, dans le cadre de l’entente avec les omnipraticiens sur la gestion des Groupes de médecine familiale (GMF), le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a fait part de sa volonté d’embaucher davantage de professionnels de la santé, notamment des pharmaciens, dans ces GMF. Cela est un autre exemple de collaboration déjà efficace, selon les trois présidents.

Cette position commune médecins-pharmaciens-infirmières touchera au premier chef les malades chroniques, puisque ceux-ci ont particulièrement besoin d’un suivi avec les médicaments, les soins à domicile, les thérapies.

«Début d'un engagement»

Le président de l’Ordre des pharmaciens a fait une analogie avec une équipe de hockey. «C’est comme si vous aviez l’équipe du Canadien de Montréal avec trois coachs: le coach du power play, le coach des défenseurs et le coach des gardiens. Il faut que l’équipe gagne (pour le patient), mais on se pratique chacun de notre côté. Quand bien même que je pratiquerais tout seul devant mon but, et les défenseurs feraient juste patiner par en arrière, et le power play pratiquerait chacun dans son bout... si la rondelle ne circule pas, s’il n’y a pas un plan de match d’équipe, s’il n’y a pas une bonne compréhension entre le jeu défensif et le jeu offensif, on ne gagnera jamais. Maintenant nous, les coachs, on dit aux joueurs “vous allez jouer ensemble”», a résumé M. Bolduc.

Mme Tremblay affirme que le gouvernement n’aura même pas besoin de changer une loi ou un règlement, qu’il suffira seulement que chaque professionnel utilise pleinement tout l’espace qu’il lui est permis d’occuper dans son champ de pratique.

Éventuellement, d’autres ordres professionnels pourraient adopter une telle position commune. Déjà, l’énoncé conjoint des médecins-pharmaciens-infirmières a reçu l’appui de l’Ordre des acupuncteurs, des chiropraticiens, des dentistes, des travailleurs sociaux, des diététistes, de la physiothérapie et d’autres.

«Notre volonté est d’aller plus loin», a résumé le docteur Bernard, qui affirme que cette position médecins-pharmaciens-infirmières n’est «pas une finalité mais le début d’un engagement».

Des études ont déjà prouvé que la collaboration entre professionnels de la santé diminue le recours aux urgences et améliore la qualité des soins et la qualité de vie des patients.

La position commune des médecins-pharmaciens-infirmières a été applaudie par les comités de patients. Le Regroupement provincial des comités d’usagers croit lui aussi que la qualité des soins et services n’en sera qu’améliorée.

«C’est l’usager qui est gagnant», a commenté son directeur général Pierre Blain, par voie de communiqué. Il a dit souhaiter que «tous les ordres professionnels» de la santé et des services sociaux emboîtent le pas.

 

1 commentaire
  • Colette Pagé - Inscrite 1 juin 2015 16 h 25

    Excellente nouvelle !

    Cette concertation entre les trois ordres professionnels est en soi une bonne nouvelle. Il faudrait également au-delà des intérêts corporatistes favoriser la délégation de davantage d'actes médicaux aux infirmières et aux pharmaciens qui sont il ne faut jamais l'oublier en première ligne. Ce qui aura comme conséquence de désengager les urgences.