Médicaments pour les aînés: le Conseil pour la protection des malades portera plainte

L’INESSS prend visiblement en considération des «variables économiques inquiétantes» au moment où il a à déterminer si un aîné de plus de 70 ans doit ou non avoir droit à des médicaments contre certaines maladies aussi graves que le cancer.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir L’INESSS prend visiblement en considération des «variables économiques inquiétantes» au moment où il a à déterminer si un aîné de plus de 70 ans doit ou non avoir droit à des médicaments contre certaines maladies aussi graves que le cancer.

Le Conseil pour la protection des malades (CPM) poursuivra sa croisade contre l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS).

Le CPM déposera une plainte auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) visant cet organisme qui se charge entre autres d’effectuer l’analyse des médicaments et de recommander à l’État de les inclure ou non dans la liste des produits couverts par le régime public.

Il entend également demander à la CDPDJ de se livrer à un examen du processus d’évaluation de l’INESSS pour déterminer s’il est conforme à la Charte des droits et libertés de la personne.

Selon le président-directeur général du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, ces démarches vont être enclenchées, car « des facteurs un peu douteux » ont été relevés dans au moins un avis de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux.

Il ajoute que l’INESSS prend visiblement en considération des « variables économiques inquiétantes » au moment où il a à déterminer si un aîné de plus de 70 ans doit ou non avoir droit à des médicaments contre certaines maladies aussi graves que le cancer.

Discriminatoire

M. Brunet soutient que « l’âge de la personne, le fait qu’elle soit sur le marché du travail ou non, le fait qu’elle soit productive économiquement ou non, le fait qu’elle nécessite ou non de l’aide […] pèsent dans la balance ». Paul Brunet estime que ces critères sont « discriminatoires » et qu’ils « frôlent l’âgisme ».

Le 24 mai dernier, son organisation avait déjà réalisé une sortie publique pour traiter de cet épineux dossier.

« Une dizaine de personnes ont contacté le Conseil depuis ce temps. Parmi elles, il y avait certains malades qui ont le cancer […] et qui aimeraient bien voir certains médicaments être couverts parce qu’ils n’ont pas les moyens [de se les procurer]

M. Brunet indique que son équipe a déjà tenté d’exprimer ses préoccupations en écrivant à l’INESSS en mars 2015, mais, selon lui, cette démarche est restée lettre morte.

Devant ce silence, il se promet de parler directement des inquiétudes du CPM avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, qui participera, lundi, au colloque annuel de l’organisation tenu à Laval. Il espère que le dialogue sera constructif. « On ne sera pas là pour “ramasser” personne. On sera là pour faire avancer les droits des usagers et s’assurer que l’État n’oubliera jamais que la seule raison d’être du réseau de la santé, ce sont les malades », conclut Paul Brunet.

3 commentaires
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 1 juin 2015 05 h 34

    À LIRE ABSOLUMENT !

    "REMÈDES MORTELS ET CRIME ORGANISÉ"
    Comment l'industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé.

    Le Dr. Gotzsche dévoile, avec preuves et références à l'appui, l'industrie pharmaceutique comme étant industrie de fraude, une industrie de collusion et une industrie de corruption ayant une morale putrifiante pour les humains.
    Tout comme l'industrie du tabac avecles mêmes moyens et tactiques et stratagèmes.

    Auteur: Dr C.Gotzsche, m.d. spécialiate de la médecine interne

    Traduction de Fernand Turcotte, m.d. cofondateurs et prof. au département de médecine social et préventive et médecin au Centre hospitalier universitaire de Québec, pavillon CHUL.

    en collaboration avec Pierre Biron.

    Gagnant du British Medical Association's annual book award dans la catégorie BASIS of MEDECINE.
    ISBN 978-2-7637-2223-8
    Presse de l'université Laval.

  • Marie-Thérèse Duquette - Abonnée 1 juin 2015 07 h 34

    Que les malades.. vraiment?

    La seule raison d'être du réseau de la santé ce sont les malades!!! Pourquoi ne parle-t-on alors de ministère de la maladie? Peut-être M.Brunet n'était-ce pas ce que vous vouliez dire mais plutôt que la raison d'être de tous les services c'est la santé des personnes et qu'il faut se rappeler que c'est cela qui doit être au coeur de nos préoccupations.
    Je pense sincèrement que si l'on considérait que c'est la santé des personnes qui est au coeur de nos actions, la prévention aurait un poids nettement plus important que le poids plume actuel dans l'ensemble du réseau pour éviter justement que les malades soient la seule préoccupation.

  • Jeannine I. Delorme - Abonnée 1 juin 2015 12 h 17

    Âgisme

    J'ai 83 ans. J'ai vécu certaines expériences qui m'amènent à conclure qu'être malade quand on est vieux représente pour le gouvernement un problème. Pourquoi dépenser de l'argent pour quelqu'un qui n'en a plus pour longtemps quand on peut laisser faire la nature ? L'évidence saute aux yeux. Pas besoin de regarder du côté des dictatures et des pays communistes pour trouver un parfait irrespect de la vie humaine. Nous faisons partie de ces gens qui ne sont pas certains de vivre aussi longtemps que les avancées de la science pourraient leur permettre. Merci mille fois à ceux qui se battent pour nous !