Québec: hausse de 35% du nombre de cas de cancer d’ici 2030

En 2030, 67 000 Québécois recevront un diagnostic de cancer.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir En 2030, 67 000 Québécois recevront un diagnostic de cancer.

Le nombre de nouveaux cas de cancer bondira d’au moins 35 % au Québec au cours des 15 prochaines années, selon de nouvelles données rendues publiques mercredi.

Un rapport rédigé par la Société canadienne du cancer (SCC), en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada, précise qu’en 2030, 67 000 Québécois recevront un diagnostic de cancer, comparativement à 50 000 cette année.

L’explosion du nombre de cas s’explique essentiellement par la croissance de la population et son vieillissement. Au Canada, l’augmentation du nombre de nouveaux cas sera même de 40 % d’ici 2030.

On ne s’attendait pas à une croissance aussi grande, a déclaré en entrevue André Beaulieu, porte-parole de la Société canadienne du cancer, section Québec.

« En chiffres absolus, au Québec, cela représente de 17 000 à 20 000 cas de plus par année », a-t-il précisé.

Et cette importante hausse s’accompagnera de répercussions majeures sur le système de soins de santé.

« Est-ce que le système de santé peut absorber une augmentation de ce type-là ? Probablement que la réponse est non », a dit M. Beaulieu.

Il faut se préparer et planifier un plan d’action dès maintenant, avertit-il. Car en 2030, le Québec aura deux fois plus de personnes âgées de 65 ans et plus.

Bref, pour ce faire, il faut encadrer la population qui vieillit en s’assurant que les gens ont un médecin de famille, et qu’ils aient accès à des tests de dépistage pour détecter les cancers le plus tôt possible. Sans oublier un nombre suffisant d’oncologues et d’infirmières pour prodiguer les soins, explique M. Beaulieu.

Les données indiquent que le cancer sera responsable de 20 900 décès en 2015 au Québec. Les cancers du poumon, du sein, colorectal et de la prostate représenteront 51 % des cas nouvellement diagnostiqués.

Toutefois, les taux globaux de mortalité par cancer chez les deux sexes sont en baisse au Québec depuis 1988.

Et la SCC précise que malgré cette augmentation du nombre de nouveaux cas (notamment en lien avec la croissance démographique), le risque de développer un cancer ne changera pas beaucoup d’ici 2030. Le rapport précise qu’il va encore diminuer chez les hommes, mais augmenter chez les femmes.

« C’est probablement dû encore au cancer du poumon. Les femmes ont arrêté de fumer plus tard que les hommes », a expliqué M. Beaulieu. Les hommes ont arrêté en masse de fumer dans les années 1960 et 1970, alors que chez les femmes, la diminution a surtout été notable durant les années 1980.

La Société canadienne du cancer vise à faire grimper d’ici 2030 le taux de survie global du cancer de 63 à 80 %. Dans 15 ans, le cancer colorectal deviendra le deuxième cancer le plus fréquent après celui de la prostate. La SCC fait ainsi valoir l’importance de mettre sur pied un programme organisé de détection précoce de ce type de cancer.

Bref, pour accroître le taux de survie, le gouvernement doit investir dans la première ligne de soins, soit dans le nombre de médecins de famille qui sont en mesure de conseiller leurs patients sur leur alimentation, les inciter à cesser de fumer et aussi à faire les tests de dépistage appropriés, dit M. Beaulieu, qui ajoute que le gouvernement doit également continuer à investir dans la recherche.

7 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 27 mai 2015 09 h 53

    Des bons chiffres?

    Cette semaine on nous a dit que les coupures à statistiques Canada condamne les résultats obtenus, question de questionnaire long ou court.

    • Sylvain Auclair - Abonné 27 mai 2015 12 h 34

      Ne vous inquiétez pas trop. Tout le monde devait donner son âge. Ce sont les données économiques et sociales qui ne sont plus fiables.

  • Sylvain Auclair - Abonné 27 mai 2015 12 h 29

    Tout le monde finit par mourir

    Et quand on a eu un baby-boom, il faut s'attendre à un dying-boom...

  • François Dugal - Inscrit 28 mai 2015 07 h 48

    SCC

    La SCC prévoit-elle hausse du cancer pour avoir une hausse conséquente de sa subvention? Ceci dit, la seule certitude de la vie est de mourrir un jour : "Je viendrai comme un voleur", disait avec à propos un certain Jésus de Nazareth.

  • Pierre M de Ruelle - Inscrit 28 mai 2015 08 h 52

    Normal!

    C'est une maladie de vieux ( en grande partie ie le cancer), donc rien de nouveau sur la planète..J'écoutais hier soir Mr Béliveau le Chercheur, à RC, et il disait:
    30 % serait du a une mauvaise alimentation.
    30% au tabagisme.
    20% au manque d'exercice quotidien...
    Il terminait en disant que nous pouvons en grande partie et ce n'est pas du positivisme gnan gnan avoir un meilleur controle sur notre santé...
    Il disait aussi qu'on raisonne en terme de guérison, plutot qu'en terme de prévention...

  • Pierre Hélie - Inscrit 28 mai 2015 12 h 12

    Attention aux chiffres!

    Est-ce que tous ces cancers sont vraiment des cancers biologiquement? La réponse est claire: non, loin de là. Les études sur la mammographie et le dépistage du cancer de la prostate par l'APS (PSA) montrent qu'on surdiagnostique (et surtraite) beaucoup ces 2 cancers. Faire du dépistage du cancer de la prostate sur des hommes de 60 ans et plus sans signes cliniques est coûteux et inefficace; ça augmente les chiffres de l'incidence du cancer et ceux du taux de survie puisqu'on traite quelque chose qui ne tue pas! Que dire du très fréquent carcinome basocellulaire de la peau qui est considéré comme un cancer mais qui n'est que très rarement mortel? L'essentiel des gains sur le cancer vient de la prévention, plus particulièrement du tabagisme, et pour certains cancers de la détection précoce (i.e sang occulte dans les selles pour le cancer colorectal). Il faut sensibiliser mais sans tomber dans la psychose qui elle a des effets négatifs bien réels sur la santé des gens.