Barrette veut «quadriller le Québec de GMF»

Québec veut augmenter les effectifs dans les groupes de médecine familiale (GMF) et élargir les seuils d’accès au financement pour faciliter l’implantation de petits GMF en région. Mais cette fois-ci, les résultats devront être au rendez-vous, prévient le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

« C’est un partenariat que la population attend, mais dans un cadre qui garantit des résultats sous peine de… C’est la nouvelle façon de faire. On investit, on nous donne en retour le service […] C’est le gage des résultats », a soutenu le ministre en conférence de presse mardi.

Accompagné du président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, le ministre s’est engagé à « quadriller le Québec de GMF, en y envoyant des ressources [et] en gérant les prêts d’effectifs ». Ainsi, il compte faire augmenter de façon substantielle le nombre de GMF sur le territoire québécois.

« Je vous dirais qu’il est très raisonnable et extrêmement probable que dans les prochaines années, le nombre de GMF excède significativement 300. »

Il refuse toutefois de prendre un engagement clair en cette matière, disant vouloir « consolider » les quelque 250 GMF existants. Pour ce faire, les jeunes médecins seront dirigés vers les GMF en fonction de leurs besoins respectifs, et non plus sur une base régionale.

Plus de ressources

« Nous allons augmenter les ressources attribuées aux GMF », ajoute le ministre qui prévoit 255 professionnels, 112 pharmaciens et 307 travailleurs sociaux supplémentaires dans le réseau de GMF actuels. À l’exception des pharmaciens, il s’agit de professionnels du réseau qui seront réassignés dans les GMF. Le ministre calcule donc « un coût supplémentaire de l’ordre de 4,5 millions de dollars ».

Le seuil d’accès au financement passe de 9000 à 6000 patients inscrits, « ce qui signifie que des petits GMF en région rurale qui n’avaient pas accès à un financement y auront accès à partir de maintenant », précise le ministre Barrette.

Le financement sera proportionnel au nombre de patients inscrits, et les heures d’ouverture seront modulées en conséquence. « À partir de 6000 [patients inscrits], on va demander 52 heures de présence par semaine, ce qui correspond à cinq jours ouvrables et trois soirs. Il y aura une progression de la demande d’offre de service allant jusqu’au GMF de 18 000 inscrits et plus, à qui on va demander sept jours et sept soirs. »

Cadre moins rigide

Selon le président de la FMOQ, le nouveau cadre de gestion, qui sera mis en application dès septembre, dispose « de la souplesse nécessaire pour reconnaître les particularités locales », ce qui devrait favoriser une meilleure adhésion des GMF qui, souvent, ne respectaient pas leurs engagements en matière d’heures d’ouverture et de patients. « Le cadre de gestion n’était pas respecté parce qu’il n’était pas adapté », se défend le Dr Godin.

Cette fois-ci, Québec veillera au grain, jure le ministre Barrette. Si les engagements ne sont pas respectés, le financement et les autres attributions de ressources seront coupés dans la même année.

Cette annonce s’inscrit dans la volonté du gouvernement et de la FMOQ de donner un médecin de famille à 85 % de la population québécoise pour 2018.

Photo: Getty images

Recul sur la procréation assistée

Le ministre Gaétan Barrette revient sur sa décision d’interdire la fécondation in vitro pour les femmes de 42 ans et plus. Il répond ainsi aux nombreuses critiques d’experts venus lui dire en commission parlementaire que cette mesure était une attaque à la liberté et à l’autonomie des femmes.

Une autre mesure jugée discriminatoire et qui portait flanc aux poursuites a été amendée par le ministre mardi, lors de l’étude approfondie du projet de loi 20. Québec n’imposera donc plus d’évaluation psychosociale systématique pour les couples de même sexe.

Enfin, vu la grogne populaire qui l’accusait de s’immiscer dans la chambre à coucher des couples infertiles, le ministre abolit la règle des trois ans d’activité sexuelle avant d’avoir accès à la procréation médicalement assistée.
7 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 27 mai 2015 05 h 47

    Bavardons encore !

    « Cette annonce s’inscrit dans la volonté du gouvernement et de la FMOQ de donner un médecin de famille à 85 % de la population québécoise pour 2018. » (Jessica Nadeau, Le Devoir)

    Vraiment ?

    Si jamais cette annonce devait se réaliser, tout le monde serait comme surpris, même le ministre de la Santé et Services sociaux !

    Reste, maintenant, de savoir combien de personnes, vivant au Québec, ne possèdent pas de carte soleil pour des motifs aussi simples qu’un manque de photos pendant le renouvellement d’inscription à la RAMQ ?

    Bavardons encore ! - 27 mai 2015 -

  • François Dugal - Inscrit 27 mai 2015 08 h 13

    Un médecin de famille

    Qu'est-ce ça donne d'avoir un médecin de famille dont le seul but est de vous "bourrer la face" de statines?

  • Bernard Terreault - Abonné 27 mai 2015 08 h 53

    Barrette vs. Blais

    Au moins, avec Barrette, on sait ce qu'il veut, qu'on soit d'accord ou non avec ses objectifs ou ses manières. Pas comme Blais. S'il hait à ce point la présidente de la CSDM, qu'il l'applique, sa tutelle! On verra, s'il fait mieux. Pourquoi ce gouvernement met-il des incompétents et des velléitaires au ministère de l'éducation?

  • Yves C Dubé - Abonné 27 mai 2015 08 h 58

    Pourqoui seulement 85% de la population? Et à quel coût supplémentaire? Ne peut-on pas avoir 100% de la population sans augmentation de coût significative?

    • Sylvain Auclair - Abonné 27 mai 2015 13 h 02

      Il y aura toujours des gens qui ne sentiront pas le besoin d'avoir un médecin de famille, surtout des hommes de 18 à 50 ans, par exemple.

    • Raymond Labelle - Abonné 27 mai 2015 15 h 31

      On dit 85% d'ici 2018. Cela peut sous-entendre que l'on ne commencera à atteindre (ou du moins à viser) le 15% restant, ou une partie de celui-ci, qu'à partir de 2018, et pas nécessairement qu'on y renonce à tout jamais.

      Il serait par ailleurs intéressant de connaître quelle est la proportion de la population qui, actuellement, a un médecin de famille - ça nous donnerait une meilleure idée du progrès que représente ce 85% d'ici 2018.

      La statistique est probablement trouvable, mais nous aurions été reconnaissants envers l’auteur de l’article d’avoir fait cette recherche et d’en partager le résultat avec les lecteurs. On comprendrait alors beaucoup mieux le sens de la nouvelle, sans devoir chercher soi-même. Par exemple, passer de 53% à 85% n'a pas la même signification que de passer de 83% à 85%.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 27 mai 2015 22 h 37

    Les CLSC 24/7

    Commençons donc par avoir dans chaque région et ville importante des CLSC ouverts 24 heures par jour et 7 jours par semaine, avec des infirmières spécialisées pour la première ligne. Que de visites chez le médecin et à l'urgence seraient ainsi épargnées.