Les défenseurs des malades accusent Québec de discrimination envers les aînés

«Certains [aînés] souffrent du fait qu’ils doivent faire des sacrifices financiers énormes, car des médicaments qui leur sont nécessaires ne sont pas couverts par le régime d’assurance médicaments», a indiqué Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir «Certains [aînés] souffrent du fait qu’ils doivent faire des sacrifices financiers énormes, car des médicaments qui leur sont nécessaires ne sont pas couverts par le régime d’assurance médicaments», a indiqué Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades.

Le Conseil pour la protection des malades (CPM) exige du gouvernement Couillard qu’il cesse la « discrimination » envers les gens de 70 ans et plus afin qu’ils aient accès, comme tout le monde, à des médicaments pour le traitement de maladies comme le cancer.

Paul Brunet, le président-directeur général du CPM, s’en est pris aux critères de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS), qui a le mandat d’évaluer les médicaments et de recommander ou non au ministre de la Santé leur inscription à la liste des médicaments couverts par l’État.

« Selon certains rapports et études provenant de l’INESSS, on constate que des variables inquiétantes sont prises en compte », a dénoncé M. Brunet. « Ainsi, l’âge de la personne, le fait qu’elle soit sur le marché du travail ou non, le fait qu’elle soit productive économiquement ou non, le fait qu’elle nécessite ou non l’aide d’une autre personne pendant sa maladie pèsent lourd dans la balance et sont discriminatoires pour les Québécois de plus de 70 ans », a-t-il relevé.

Lettre à Barrette

Dans une lettre adressée au ministre Gaétan Barrette, pour laquelle le CPM dit n’avoir reçu aucune réponse ni aucun accusé de réception, M. Brunet avait exigé son intervention afin de mettre fin à cette « iniquité sociale ».

Au point de presse de dimanche matin à Montréal, des gens âgés, de différentes conditions, sont intervenus. « Certains souffrent du fait qu’ils doivent faire des sacrifices financiers énormes, car des médicaments qui leur sont nécessaires ne sont pas couverts par le régime d’assurance médicaments » a indiqué M. Brunet, pour qui il s’agit d’une mesure irrespectueuse.

« Pourtant, a-t-il rappelé, récemment encore, le ministre de la Santé avait dit à une radio que les médicaments sont payés quand [ils] apporte[nt] le moindre effet significatif à un patient. Mais ce ne serait pas le cas », a soutenu le président du CPM, estimant que le ministre est mal renseigné et qu’il devrait suivre l’exemple de l’Ontario et de la Suède.

Un colloque

Le Conseil pour la protection des malades compte d’ailleurs présenter ce dossier en détail au ministre Barrette qui a confirmé sa présence au 14e colloque annuel du Conseil pour la protection des malades la semaine prochaine à Laval sur le thème « Comment se retrouver dans un réseau en pleine mutation ? Les grands chantiers ».

4 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 25 mai 2015 06 h 38

    … ??? …

    « Le Conseil pour la protection des malades (CPM) exige du gouvernement Couillard qu’il cesse la « discrimination » envers les gens de 70 ans et plus » (La Presse canadienne)

    En matière d’accessibilité, il est comme dramatique d’observer que le phénomène de la discrimination se poursuit auprès de ces personnes qui, en situation d’aide (aux médicaments d’appoint, par exemple), deviennent, soudainement, aux yeux du Système, des laissées-pour-compte, même des marginales, des parias ou des personae non gratae : épouvantable !

    De ce phénomène, grandissant, il convient, ici, de réfléchir à des moyens susceptibles de valider d’autres manières de gouvernance du réseau rattaché au MSSS !

    Entre-temps, silence radio ou …

    … ??? … - 25 mai 2015 -

  • François Dugal - Inscrit 25 mai 2015 08 h 13

    Économiquement productif

    Les vieux qui ne plus "économiquement productifs" ont quand même payé des taxes pendant toute leur vie "productive"; et si on parlait maintenant de "rendement sur le capital".

  • Yves Corbeil - Inscrit 25 mai 2015 09 h 44

    On appelle un chat, un chat et un chien c'est un chien

    Achetez-vous des REERs car on pourra pas vous faire vivre éternellement. Il y a trop de monde et pas de grande guerre donc il faut ce qu'il faut pour équilibré la nature.

    On est rendu là, l'humanité ou l'inhumanité en est réduit à cela choisir ceux qu'on sauvent et ceux qu'on sacrifient, c'est pas juste les pilules là, regarder autour de vous partout, comment la sélection ''naturelle'' se fait à l'échelle planétaire.

    Nous sommes l'animal le plus intelligent de la terre et l'instinct de survie nous guide vers toutes ces atrocités pour sauver la pire espèce de la planète, celle qui la détruit à petit feu. Je me demande s'il y a de la vie ailleurs dans l'univers et si oui, comment ils nous voient.

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 mai 2015 13 h 59

      Même si j'ai un REÉR, ce sera aux autres de me faire vivre quand je serai vieux, vu que je ne ferai pas pousser mon blé et que je ne fabriquerai pas mes vêtements.
      Et même le rendement de nos REÉR (sans s, je vous prie) provient du travail d'autres personnes.