Cap sur les maladies chroniques

Martine Letarte Collaboration spéciale
Guérir les maladies et douleurs chroniques ne relève pas seulement du fait de prendre des médicaments. Il faut aussi améliorer certaines habitudes de vie.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Guérir les maladies et douleurs chroniques ne relève pas seulement du fait de prendre des médicaments. Il faut aussi améliorer certaines habitudes de vie.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

« Le défi des maladies chroniques — un appel à l’expertise infirmière ». Voilà le thème du sixième congrès mondial du Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF), présenté du 31 mai au 5 juin au Palais des congrès de Montréal. Plus de 1500 participants en provenance de plus de 30 pays y sont attendus.

Il y a le cancer, le diabète, l’hypertension notamment, mais aussi les enjeux de santé mentale. Les maladies chroniques sont un défi pour les différents systèmes de santé dans le monde et les infirmières ont un rôle à jouer pour le relever. C’est pourquoi le SIDIIEF a décidé de consacrer à ce thème le congrès de son 15e anniversaire.

« Le système de santé est conçu autour de l’hôpital qui donne des soins ponctuels et réalise des interventions techniques », indique Gyslaine Desrosiers, la présidente du SIDIIEF.

Or il y a de plus en plus de maladies chroniques et elles ont besoin d’énormément de suivi.

« Les infirmières sont excellentes pour jouer ce rôle, indique l’ex-présidente de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ), qui a amorcé la création du SIDIIEF. Par exemple, nous avons au Québec les infirmières-pivots en oncologie qui assurent la coordination des soins pour les patients atteints de cancer. Il faut continuer à innover, à faire des recherches pour améliorer le suivi des maladies chroniques. »

Ce congrès international sera une occasion de présenter les meilleures pratiques. Plusieurs grandes conférences seront présentées avec des experts internationaux.

Par exemple, Véronique Thouvenot, directrice du Groupe de travail international Millennia2015 Femmes et eSanté, en Suisse, parlera de télésanté.

Dominique Paulus, du Centre belge d’expertise des soins de santé en Belgique, présentera l’organisation des soins pour les malades chroniques dans son pays.

Il sera aussi question de santé mentale.

« C’est souvent le parent pauvre dans le système de santé lorsqu’il est question de maladies chroniques, alors nous tenions à présenter des ateliers sur le sujet, indique Gyslaine Desrosiers. Notamment, puisque la Suisse est très avancée dans le domaine, nous avons invité Jérôme Favrod, responsable du Pôle de recherche santé mentale et psychiatrie à l’Institut et Haute École de la santé La Source. »

Le congrès sera aussi un lieu pour faire rayonner plusieurs acteurs québécois. Par exemple, José Côté, professeure à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal, présentera une conférence sur la prévention et la gestion des maladies chroniques.

Une journée sera aussi consacrée à la qualité des soins et à la sécurité des patients.

Katthyana Aparicio, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), abordera la question sous l’angle des systèmes de santé des pays africains.

Un forum grand public se tiendra en soirée le 2 juin pour aborder le volet du patient, de ses proches et de la collectivité.

« Voir un médecin, recevoir un diagnostic et prendre une pilule, ce n’est pas le modèle gagnant en matière de maladies chroniques, affirme Mme Desrosiers. Il y a beaucoup à faire notamment pour améliorer les habitudes de vie. Notre but avec ce congrès, c’est de nous mobiliser dans la recherche de solutions pour améliorer le système de santé, pour qu’il soit plus performant. Nous souhaitons être un moteur en matière d’innovation. »