Pas question que les lanceurs d’alerte soient pénalisés, dit Barrette

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, reconnaît que le climat est « malsain » dans le réseau de la santé, et parle même d’une « chasse aux sorcières ». Il se dit ouvert à l’idée d’une loi pour protéger les lanceurs d’alerte, sans toutefois s’engager officiellement.

Sur les ondes de Radio-Canada lundi matin, le ministre a donné raison à la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent. Cette dernière dénonçait, dans Le Devoir, l’« omertà » qui règne sur le réseau de la santé au Québec, affirmant, exemples à l’appui, que les membres du personnel des établissements de santé reçoivent des avis disciplinaires et sont même congédiés s’ils osent dénoncer des situations qu’ils jugent inacceptables. Cette dernière souhaite que Québec se dote d’une loi, comme à Ottawa, pour protéger les lanceurs d’alerte.

En entrevue à l’émission C’est pas trop tôt, le ministre Gaétan Barrette s’est dit d’accord avec ses propos. « Je suis d’accord avec Mme Laurent, je pense que les gens doivent dénoncer, a-t-il affirmé. Elle a raison sur un point, on est dans une situation où l’espace public est un espace qui devient de plus en plus malsain […] en particulier en santé, mais en général aussi. Malgré les bonnes intentions […], disons qu’il y a un climat qui recherche une vertu absolue et, à un moment donné, on perd le sens de la mesure et le sens des fonctions. »

Alors que l’animatrice Annie Desrochers lui demandait s’il était « à l’écoute » de la demande de Mme Laurent pour une loi sur la protection des lanceurs d’alerte, ce dernier a répondu par l’affirmative, refusant toutefois de trop s’engager. « Oui, tout à fait. Je l’ai déjà dit précédemment, il n’est pas question que les sonneurs d’alerte soient pénalisés de quelque manière que ce soit, c’est ma position absolue. »

Mécontent de parler de l’omertà qui sévit dans le réseau de la santé plutôt que du projet de loi 20 pour lequel il avait été invité, le ministre Barrette a rapidement voulu changer de sujet. « Dans le réseau, il y a un peu une chasse aux sorcières. Mais en tout cas, ce n’est pas l’objet de notre entrevue, j’imagine ? »

Le ministre n’était pas disponible pour répondre aux questions du Devoir lundi.

2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 12 mai 2015 07 h 46

    Ding Dong

    Les sonneurs d'alerte ne seront pas pénalisés, ils seront juste ignorés.
    Au suivant.

  • Patrick Daganaud - Abonné 12 mai 2015 09 h 11

    L'omertà : une nouvelle forme de gouvernance libérale

    Ce n'est pas propre au réseau de la santé. C'est partout.

    Tu veux garder ta job : tu te la fermes!

    Partout, dans tous les réseaux, les membres de la fonction publique sont punis d'avis disciplinaireset de congédiements s’ils dénoncent les effets tragiques de l'austérité. La loyauté à l'employeur ayant primauté en droit, condamne pour insubordination les lanceurs d’alerte quand ils tentent d'être loyaux envers la population.

    Barrette nous ment : il ne peut à la fois participer à l'omertà et prétendre qu' il n’est pas question que les sonneurs d’alerte soient pénalisés de quelque manière que ce soit, (et que) c’est sa position absolue. »

    D'ailleurs la suite de ses propos colore son mensonge : « Malgré les bonnes intentions […], disons qu’il y a un climat qui recherche une vertu absolue et, à un moment donné, on perd le sens de la mesure et le sens des fonctions. »

    Suivi ou précédé de l'annonce des huis clos sur toute expression publique :

    « L’espace public est un espace qui devient de plus en plus malsain […] en particulier en santé, mais en général aussi. »

    Le bâillon à l’Assemblée nationale, la réforme à rendre malade de Barrette, les policiers pour empêcher les manifestations, le huis clos d’Arcand pour rendre acceptables toutes les exploitations minières et d’énergies fossiles, le mutisme de Blais qui concocte ses coupes mortelles en sourdine, etc…

    Nous devenons une dictature vouée à la ploutocratie.