De plus en plus de jeunes se présentent à l’hôpital pour des troubles mentaux

Selon les chercheurs, les hausses peuvent refléter le manque, dans certaines régions, de programmes communautaires.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Selon les chercheurs, les hausses peuvent refléter le manque, dans certaines régions, de programmes communautaires.

De plus en plus de jeunes Canadiens de cinq à 24 ans se présentent à l’urgence ou sont hospitalisés pour des troubles de santé mentale, révèle une récente étude.

Les taux de visite au service d’urgence en raison de troubles mentaux chez les enfants et les jeunes ont augmenté de 45 % entre 2006-2007 et 2013-2014, selon les auteurs de cette étude réalisée par l’Institut canadien d’information sur la santé. Par ailleurs, les taux d’hospitalisation (au moins une nuit) pour les mêmes motifs augmentaient de 37 % pendant la même période.

L’étude révèle aussi que le taux de visites au service d’urgence des enfants et des jeunes a augmenté considérablement — de 68 % chez les 10-14 ans et de 53 % chez les 15-17 ans. Le taux d’hospitalisations a aussi augmenté de façon importante chez ces deux groupes d’âge — de 64 et 74 % respectivement.

Moins stigmatisées

La chercheuse Kathleen Morris explique que ces augmentations peuvent, certes, être attribuées au fait que les consultations pour troubles mentaux sont moins stigmatisées de nos jours.

Mais au-delà de ce facteur, les hausses peuvent refléter le manque, dans certaines régions, de programmes communautaires — avec infirmières, omnipraticiens et travailleurs sociaux — pour s’occuper des cas moins graves, a avancé Mme Morris, directrice, Analyse du système de santé et Questions émergentes, à l’Institut canadien d’information sur la santé.

L’étude révèle aussi que l’utilisation de médicaments psychotropes est courante — un jeune sur 12 a reçu un médicament pour traiter les troubles anxieux ou de l’humeur ou un antipsychotique en 2013-2014 — et a augmenté au fil du temps.

Chez les jeunes ayant utilisé des médicaments psychotropes, l’augmentation de l’utilisation concerne les jeunes vivant en région urbaine et en banlieue qui ont reçu les médicaments le plus souvent prescrits.

4 commentaires
  • Daniel Bérubé - Abonné 7 mai 2015 17 h 39

    Quand un jeune, aujourd'hui,

    s'interroge sur sa raison d'être, quelle réponse obtient-il généralement à l'école, voir de ses parents ?

    C'est quelque chose qui est devenu tabou, étant mal à l'aise de lui répondre: "Pour être... consommateur!"; cette question avait réponse dans le domaine religieux qui fut mis de côté par la majorité. Pour un grand nombre, qui pouvait trouver chez les grands-parents encore croyants, réponse à cette question, les grands-parents croyants deviennent de plus en plus rare...

    Je vais sans doute avoir un grand nombre de contestation sur la chose, mais il reste que pour moi, ayant 61 ans, c'est dans l'immatériel que j'ai pu trouver le meilleur appuie ! Eh oui! appuyé sur "un rien matériel", mais qui peut tout au moins m'apporter l'espérance nécessaire, que l'argent et la consommation ne peuvent m'apporter...

  • Pierre Hélie - Inscrit 7 mai 2015 17 h 41

    Autres pistes possibles?

    Quelques suggestions sur des causes possibles:

    -Bien que l'on dise que les jeunes ont tous les droits aujourd'hui, il y a un droit fondamental qui leur est nié: celui de jouer simplement par plaisir, sans avoir un adulte pour les emmerder constemment avec leur dépassement se soi, leurs compétences, leur hypersécurité, etc...
    - Mes enfants qui vont à l'école publique ont un horaire plus chargé que bien des adultes (et que celui que j'avais au collège Brébeuf dans les années 70, n'en déplaise aux détracteurs de l'école publique)
    - Quand j'avais l'âge de mes enfants, je n'entendais pas parler mur à mur d'apocalypse climatique, de crise économique, etc...
    - La décomposition du tissu social: divorces et redivorces (les relations jetables), évacuation de l'humain au profit de la technologie et l'orgie de bébelles technologiques qui en découle (qui en passant ne sont pas leur invention), etc...
    - Notre civilisation du bonheur instantané et donc illusoire (pas leur invention non plus)

    J'ai quand même bon espoir que l'humanité reprendra ses droits dans un avenir rapproché...

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 9 mai 2015 10 h 18

    Je cause pour la cause!

    Les raisons évoquées ne sont pas selon moi les bonnes.

    Les jeunes enfants ont besoin de l'assistance constante et de l'affection d'un Adulte( homme ou Femme) avant ses 4 ou 5 ans.

    La taille des groupes en CPE et le jeune âge ou l'on y largue sa marmaille ont plus de chance d'etre les Grands Coupables de cette inquiétante augmentation.

    Les mauvais divorces peuvent aussi tourner au cauchemar... Si vous vous séparez, faites ça comme des grands et ne vitupérez pas contre son autre parent à votre enfant qui l'estime!

    Et dites à vos enfants qu'ils sont beaux, bons, et capables!

    Leur cerveau risque bp moins de déconner que si vous leur dites qu'ils sont laids, nuls et ratés!

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 9 mai 2015 10 h 58

    Une statistique réelle pour la fête des mères.

    Au moins 75% des jeunes en bas de 25 ans qui sont internés pour des troubles de santé mentale ont de graves conflits soit avec leur maman, leur papa ou les deux!

    Et les parents diront TJS que leur enfant est " à problèmes"...

    Mais César le dit, il n'y a pas de mauvais chien, juste de Mauvais Maîtres...