Le CHU nie toute forme d’intimidation

La direction du CHU de Québec se défend d’intimider qui que ce soit parmi les opposants au projet de fusion entre les hôpitaux Hôtel-Dieu et de l’Enfant-Jésus.

« Les gens peuvent penser ce qu’ils veulent, mais si on regarde le passé, il y a des opposants au projet depuis qu’il a été annoncé. Et quelles ont été les conséquences pour ces personnes-là jusqu’à présent ? Il n’y en a pas eu », a réagi le directeur des communications du CHU, Richard Fournier. « Il n’est pas question de pénaliser qui que ce soit. »

Jeudi, Le Devoir révélait l’existence d’une nouvelle déclaration d’opposants qui circulait en interne à l’Hôtel-Dieu de Québec. Les 125 signataires — des médecins et pharmaciens pour la plupart — disaient vouloir garder leur identité confidentielle parce que la direction « laisse entendre » que les opposants « risquent d’être pénalisés » et que « sans leur participation au projet », « leurs services en souffriront ».

Interrogé pour savoir si des chefs de service aient été invités à calmer les critiques au sein de leurs équipes, M. Fournier a rétorqué qu’il ignorait s’il y avait eu « des initiatives individuelles » mais que la direction n’avait rien fait en ce sens. Il ajoute que la direction du Centre hospitalier ne connaissait pas l’existence de la déclaration avant que Le Devoir la diffuse.

Il minimise par ailleurs l’importance du nombre de signataires, parlant d’une « minorité » parmi l’ensemble des quelque 2000 employés de l’hôpital. Le nombre de médecins et de pharmaciens tourne quant à lui autour de 200 personnes.

Rappelons que le gouvernement libéral a décidé d’aller de l’avant avec la fusion de l’Hôtel-Dieu et de l’Enfant-Jésus sur le site de ce dernier, un projet évalué à au moins 2,1 milliards. Si tout va comme prévu, le mégahôpital ouvrira ses portes en 2025.

Étude attendue

Dans la déclaration susmentionnée, les signataires s’inquiètent notamment de la taille du complexe qui risque, selon eux, de créer des dysfonctionnements. Ils mettent en cause les gains cliniques de l’exercice et disent s’inquiéter pour leurs patients.

L’Hôtel-Dieu et l’Enfant-Jésus comptent ensemble environ 760 lits et pas moins de 5500 employés.

Le porte-parole de la direction des deux hôpitaux fait valoir que les gens inquiets ont l’occasion de s’exprimer dans le cadre des « kaisen », des activités de simulation organisées depuis l’automne avec le personnel pour planifier le fonctionnement du futur hôpital. Environ 80 employés des deux hôpitaux y ont participé jusqu’à présent.

« Dans un des prochains gros kaisen, on va étudier sept hypothèses de regroupement de services », dit-il. Ladite rencontre doit avoir lieu en mai.

Il souligne enfin que l’étude de 30 millions sur les coûts qu’a commandée le ministre de la Santé Gaétan Barrette en janvier n’ouvre pas la porte à une remise en question du projet. Il s’agit plutôt d’une étape-clé vers sa réalisation.

Dans le jargon, on l’appelle le « Plan fonctionnel et technique » et il décrit de façon détaillée toutes les composantes du projet. Attendu pour le début de l’année 2016, le document va, selon lui, répondre à plusieurs interrogations du personnel.