Le Conseil du statut de la femme se range derrière Barrette

Les travaux de la commission parlementaire feront relâche pour les deux prochaines semaines.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les travaux de la commission parlementaire feront relâche pour les deux prochaines semaines.

Bien qu’il reconnaisse que les quotas imposés aux médecins pénaliseront principalement les femmes qui exercent la profession, le Conseil du statut de la femme (CSF) donne son appui au ministre Barrette avec le projet de loi 20. L’organisme de défense du droit des femmes souhaite ainsi améliorer l’accès aux soins de premières lignes pour les Québécoises les plus vulnérables.

« Des incitatifs ont été tentés pendant pas mal d’années et ça n’a pas marché. Nous ne sommes pas des experts pour savoir quelle est la meilleure méthode [pour améliorer l’accès aux soins],mais on a vu que les médecins réagissaient quand leurs revenus sont en cause. Donc, une des façons de faire changer les mentalités est de punir les comportements que l’on ne souhaite pas voir », a soutenu la présidente du Conseil du statut de la femme en commission parlementaire jeudi.

Julie Miville-Dechêne convient que la décision a été difficile à prendre et a suscité de longs débats. En effet, le Conseil était pris dans un dilemme. D’un côté, il y a ces femmes médecins qui les appelaient pour dénoncer la réforme Barrette, affirmant qu’elles seraient davantage pénalisées que leurs collègues masculins par le système de quotas imposé par le PL20 en raison de la conciliation travail-famille et du type de pratique qu’elles choisissent. « Il est à craindre que le modèle proposé par le gouvernement pénalise davantage les femmes médecins que les hommes médecins. D’un point de vue féministe, on ne peut que déplorer ce fait », soutient la présidente du CSF.

De l’autre côté de la lorgnette, il y a les femmes qui ont besoin de soins de santé et qui sont plus nombreuses que les hommes à utiliser le système en raison de leur fonction reproductive, de leur plus grande longévité et du rôle de proche aidante que plusieurs d’entre elles jouent naturellement. « Les difficultés d’accès aux soins médicaux de première ligne — surtout en cabinet et à domicile — pèsent lourdement sur les Québécoises, particulièrement les mères de famille, en fait de temps d’attente et de responsabilités supplémentaires. »

Entre les deux, le Conseil a dû trancher. Et il a choisi le deuxième groupe, jugeant qu’il était plus vulnérable. « Après mûre réflexion, nous avons choisi de défendre les patientes vulnérables plutôt qu’un petit groupe de femmes qui disposent d’un revenu élevé. » Tout sourire, le ministre de la Santé Gaétan Barrette s’est dit « surpris » par cette position, répétant qu’il s’agissait d’une « présentation extraordinaire ».

Appui involontaire

Gaétan Barrette a eu un deuxième appui de taille auquel il ne s’attendait pas jeudi, alors que le président de l’Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ), Bernard Mathieu, a concédé que le projet de loi 20 avait fouetté les troupes. « Il y a suffisamment d’encre qui a coulé aujourd’hui pour que les médecins se bottent le derrière », a-t-il affirmé devant un ministre estomaqué qui a repris la balle au bond, affirmant que c’était donc la preuve que la méthode du bâton fonctionnait. L’AMUQ tentait de démontrer que la coercition est contre-productive et que le service aux urgences en sera affecté.

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