Le Barreau et la FMOQ refusent de comparaître tant qu’ils ne seront pas prêts

Le ministre Barrette poursuit sa réforme du système de santé.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Barrette poursuit sa réforme du système de santé.

La commission parlementaire sur le projet de loi 20 pour favoriser l’accès aux médecins part sur les chapeaux de roues, alors que deux des intervenants prévus pour la première journée ont dû annuler ou reporter leur présence à Québec, faute de temps pour se préparer adéquatement.

« Nous sommes toujours en train de procéder à l’étude du projet de loi, nous interviendrons en temps opportun si on le juge opportun », soutient Martine Meilleur, du Barreau du Québec. L’ordre professionnel était pourtant le premier appelé à comparaître à l’ouverture des travaux à Québec mardi matin. « Ça part mal », convient Mme Meilleur.

Le Barreau du Québec, dont l’avis est fort attendu, notamment sur l’aspect légal des restrictions imposées par le projet de loi aux traitements de fécondation in vitro sur les femmes âgées de 42 ans et plus, a reçu la convocation officielle à se présenter en commission parlementaire la semaine dernière. Impossible, dans un si court délai, de produire un mémoire digne de ce nom. « C’est entre les mains du service de recherche et de législation, explique Mme Meilleur. Un comité consultatif se penche sur le projet de loi, il fera ensuite des recommandations qui devront être adoptées. C’est un processus qui ne se fait pas en trois jours. »

Le Barreau n’a pas encore déterminé s’il présenterait un mémoire en commission parlementaire et pourrait se contenter d’écrire une longue lettre au ministre. « Ça fait partie des possibilités », confirme la porte-parole.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a également été appelée à comparaître mardi, mais la présentation du mémoire a été remise au 19 mars, à la demande de cette dernière. « C’était impossible de préparer un mémoire de qualité pour la première journée, soutient le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin. C’est un dossier qui est complexe, et on est probablement le groupe qui représente les gens les plus impliqués dans ce dossier. Il était donc clair pour nous qu’il fallait avoir le temps de bien préparer notre mémoire, ce qui sera le cas lorsqu’on aura à se présenter le 19. »

 

Les usagers mettent la table

Au Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), l’un des rares groupes à être en accord avec le projet de loi 20, on se réjouissait du désistement du Barreau. « On devait passer en fin de journée, mais on nous a appelés [lundi] pour nous demander si on voulait passer plus tôt, explique le directeur général du regroupement, Pierre Blain. Pour une fois, c’est nous, les usagers, qui allons mettre la table. Il y a toujours du monde qui parle en notre nom, pour une fois, on va être les premiers à parler. »

En cette première journée des audiences, les parlementaires entendront également l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, l’Association des jeunes médecins du Québec et le Collège des médecins. Au total, c’est une trentaine de groupes, de chercheurs et de médecins qui présenteront leur mémoire au cours des six prochaines semaines.

Et si les attentes sont grandes, plusieurs se questionnent toutefois sur la pertinence de l’exercice, ayant encore en mémoire les consultations sur le projet de loi 10 adopté sous le bâillon. « La dernière fois, on nous a fait perdre notre temps à aller en commission parlementaire alors que le projet était déjà tout organisé, rappelle la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), la Dre Diane Francoeur. On est prêts à travailler, mais pourquoi est-ce que le ministre nous reçoit en commission s’il a déjà tout décidé ? »

2 commentaires
  • Carol Patch-Neveu - Inscrite 24 février 2015 07 h 21

    Démocratie, démocratie !

    Si le gouvernement Couillard a de nouveau recours au baîllon pour interrompre l'étude cette fois du PL 20, j'ose croire que la population respectera la devise de la province et s'en souviendra ! La citoyenne que je suis, la patiente impatiente, entrant dans une catégorie d'âge dite "vulnérable" sur le plan de la santé, se méfie énormément de l'autoritarisme omniscient du Dr Barrette ! Si le gouvernement Harper, pardon Couillard, ose faire fi des revendications fondées sur l'expérience du terrain, il nous mènera assurément vers une autre réforme inefficace et coûteuse !

    Carol Patch-Neveu.

  • Robert Lauzon - Abonné 24 février 2015 07 h 44

    Barrette nous écrase!

    En voulant imprimer un rythme illogiquement effréné le ministre Barette tente probablement d'écraser ses opposants.

    Un argumentaire pas assez serré, pas assez étoffé peut plus facilement être décousu. En privant les opposants de temps, chercherait-il, en fait, à les museler?

    De plus, quand les débats sont faussés, comme ils l'ont été au cours du processus d'adoption du projet de loi 10, les participants n'ont aucun réel espoir d'être entendus.

    Vraiment, les plquistes improvisent et nous poussent dans le Québec des réformes irréfléchis en muselant les intervenants qui leur demandent de mieux y penser.

    Le Québec peut et mérite beaucoup mieux!