Barrette se défend d’agir en catimini

Alors que l’opposition péquiste a accusé mercredi le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, d’agir de façon sournoise en abolissant 6000 postes de cadres par le biais d’amendements de dernière minute au projet de loi 10, ce dernier dit avoir toujours été clair sur son intention d’abolir au mois 1300 postes de gestion dans le réseau de la santé.

Dans une mêlée de presse à Québec, le ministre Barrette a dû répondre des amendements-surprises apportés à sa réforme du réseau, qui prévoient l’abolition des postes de 1600 cadres du réseau à compter du 31 mars, comme l’a dévoilé Le Devoir.

« Ce qu’on fait là, c’est tout à fait habituel. Lorsqu’on fait une manoeuvre comme ça, on abolit un volume de postes dans un secteur donné pour ensuite faire un concours réservé aux gens qui ont été touchés », a-t-il défendu, accusant la critique de l’opposition de ne rien comprendre à cette « technique ».

Le ministre a répété jusqu’à plus soif qu’il n’y avait rien d’étonnant à cela, et que son projet d’abolir 1300 postes était connu depuis des lustres. Toutefois, il a confirmé en anglais qu’au terme des concours qui seront lancés, « personne n’aura de garantie d’emploi, avec les mêmes fonctions et la même paie », « mais il y aura des possibilités. »

À ce titre, il a signalé que les cadres non « repêchés » lors des futurs concours auront le loisir de se tourner vers d’autres postes vacants dans le réseau. « Il y a 8000 départs à la retraite chaque année », a-t-il insisté.

«Sournois»

Mais Diane Lamarre, critique en matière de santé et d’accessibilité aux soins pour le PQ, a décrié le manque de transparence du ministre.

« On voit comment le ministre, de façon sournoise, a utilisé ce privilège du bâillon qu’il s’est donné pour congédier, dans le fond, mettre… en tout cas, abolir des postes importants, 6000 postes […] »

Alors que l’article 148 du projet de loi 10 prévoyait l’abolition des postes des hauts dirigeants d’agences, l’amendement 148.1 présenté à la hâte vendredi touche tous les cadres intermédiaires du réseau de la santé. Or l’imposition du bâillon a empêché toutes discussions ou questions de la part des partis d’opposition sur ce revirement soudain, clame Mme Lamarre.

« Alors là, avec les cadres intermédiaires, il multiplie le nombre de personnes visées. Au lieu d’être 600, c’est 6000. Où est la transparence qu’on nous a annoncée ? Où est l’honnêteté envers la population ? a-t-elle déploré. Qu’il ait le courage de ses décisions difficiles, qu’il ne les fasse pas en catimini, et qu’il nous le dise clairement, et qu’il utilise le temps de l’adoption article par article pour mettre en évidence ces changements majeurs qu’il impose dans des projets de loi. » Des changements, ajoute-t-elle, qui modifieront la vie de nombreux Québécois qui « n’ont jamais, jamais pensé que leur emploi était compromis dans le projet de loi no 10. »

15 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 12 février 2015 00 h 42

    Comment on appelle ces gens

    Il y a des gens comme ca quoique l'on dise ils ont toujours raison, on definit ces gens comme des caracterielles, belle affaire d'en avoir fait le ministre de la santé, le ministère le plus complexe qu'il puisse exister, pauvre québec, ne me dites pas qu'il fait parti de la solution

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 12 février 2015 06 h 55

    C'est le début d'un temps nouveau...

    La terre est à l'année zéro-o!

    Je crois que Mme Lamarre n'a pas fini de se plaindre. Déjà vendredi dernier, je vilipendais moi-même dans ce journal le manque de transparence de Monsieur Barrette. C'est vrai qu'il a tout le gabarit qu'il faut pour cacher le paysage!

    Mais qu'était exactement ce projet de loi 10 qu'il était pressé comme un puceau de faire passer? C'était très nébuleux...Un projet de loi portant sur les structures essentiel à faire passer pour ensuite concrétiser son réel bébé, le projet de loi 20, portant cette fois directement sur les services à la population.

    S'il s'est permis des mauvaises surprises dans le projet de loi 10, qui se voulait être technique et de peu d'incidence, plus préparatoire à celui qui touchera réellement les utilisateurs, imaginez toutes les inepties que nous découvrirons lorsqu'il imposera finalement son Fameux projet de loi 20.

    J'ai l'impression qu'il y aura beaucoup de gens instruits à décrier les idées révolutionnaires de ce cordonnier mal chaussé, et j'ai aussi l'impression qu'il s'en foutera complètement. Qu'il profitera de la majorité des libéraux pour faire passer ses avis qu'importe celui de nombre d'experts; et mon petit doigt me dit que les changements qu'il apportera au système ne règleront aucun des soucis qui nous incombent, comme l'engorgement dans les urgeances ou le manque de médecins de famille.

    Qu'il fasse perdre des plumes à notre très cher système, cependant, ne me surprendrait pas le moindrement. Juste pour avoir passer du clan de la CAQ à celui des libéraux, je n'octroie pas grande confiance en cette girouette.

    Je crois que la transparence n'est pas du tout son truc et qu'il nous tiendra informé de ses actions toujours après qu'elles soient posées, plutôt qu'avant, alors qu'il est encore temps de les discuter inteligemment entre gens qualifiés. Le projet de loi 10 n'est qu'un aperçu de ce qui nous attend pour le suivant: Un projet révolutionnaire dont on ne sait concrètement quedale.

  • Denis Paquette - Abonné 12 février 2015 08 h 24

    Un matamore

    Combien de temps encore allons nous endurer ce matamore, sommes nous si pleutres que le premier matamore venu, peut s'attaquer a nos institutions, faut il laisser ce caracteriel venir
    vivre son délire, a la vue et au su de tous, le Québec n'est quand meme pas un jouet pour enfants gatés, en fait, que connait-il vraiment du Québec, ce n'est pas parce que Toronto a eu un maire fou qu'il faut faire la meme chose

  • Josée Malette - Inscrit 12 février 2015 08 h 59

    Sournois

    Le mot est juste, tout comme ses synonymes : à double face, de mauvaise foi, déloyal, dissimulateur, faux, fourbe, hypocrite, insincère, menteur, perfide, trompeur et d'autres.

  • Fernand Lavigne - Abonné 12 février 2015 09 h 55

    Bonne décision

    Pour un, je suis d'avis que le bâillon a été une très bonne décision. Une bonne décision aux fins d’économies de temps et surtout en économies d’argent à un moment où il est question de contrôle des dépenses gouvernementales.
    En soi, nul doute que les commissions parlementaires ont leurs raisons d'être, cependant on ne peut que déplorer l’évidence de perte de temps lors de l’étude des articles de la part des partis de l’opposition. L’évidence également de partisanerie improductive contribuant à alimenter le cynisme envers la classe politique.
    Les critiques de Mme Lamarre font preuve d’un manque évident de préparation de la part de PQ uniquement préparer à bloquer ce projet de loi, et non pas pour le bonifier.