Le ministre Barrette veut agir rapidement

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

L’adoption précipitée du projet de loi 10 avant la fin de la journée, grâce au bâillon décrété par le gouvernement, n’est que la première de trois étapes visant une transformation majeure du réseau de la santé dans les mois qui viennent.

Avant même le début de la session parlementaire, mardi prochain, les élus ont donc dû se présenter en Chambre tôt vendredi matin pour donner suite à la décision du gouvernement de mettre un terme à la procédure habituelle pour forcer l’adoption immédiate du projet de loi 10, qui aura pour effet d’abolir les agences de santé et de réduire le nombre d’établissements du réseau de 182 à 33.

Du même coup, la loi 10 aidera le gouvernement à atteindre son objectif de renouer avec l’équilibre budgétaire dès cette année, avec des économies de l’ordre de 55 millions $ à court terme et 220 millions $ quand la réforme de structures sera complétée.

Dès l’adoption du projet de loi 10, le gouvernement pourra aussitôt entreprendre l’étude du controversé projet de loi 20, qui imposera notamment des quotas de patients aux médecins.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a dit vendredi matin, en point de presse, qu’il entendait procéder rapidement dans ce dossier également et qu’il voulait que la loi 20 soit adoptée avant l’ajournement de la session en juin.

Suivra la troisième étape du processus, soit le changement du mode de financement du réseau des établissements, désormais financés à l’activité.

La FIQ dénonce

D'autre part, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui représente notamment la grande majorité des infirmières, dénonce avec vigueur l’intention du gouvernement Couillard d’imposer le bâillon en vue d’adopter le projet de loi 10, sur la réforme des structures du réseau de la santé.

La FIQ s’en désole d’autant plus qu’elle ne voit aucun bienfait à la réforme proposée par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Selon sa présidente, Régine Laurent, la réforme ne viendra qu’ébranler davantage le réseau et «n’améliorera pas l’accès et la qualité des soins de santé.»

Mme Laurent, qui qualifie la tactique du bâillon de «déni de démocratie», ajoute que le projet de loi 10 «ne donne rien aux patients et rien aux professionnelles en soins» mais qu’il est «au service du ministre (de la Santé) et du premier ministre», rappelant au passage que «jamais le Parti libéral ne s’était engagé à une telle réforme en campagne électorale.»