Transparence et collaboration, demande le Collège des médecins

Le président du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard

Le Collège des médecins presse le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de dévoiler l’ensemble des réformes qu’il envisage pour le réseau de la santé. En conférence de presse mardi, l’ordre professionnel a demandé à Québec de faire preuve de transparence, sans quoi le système de santé et les patients risquent d’en subir les conséquences.

« On veut connaître tous les éléments du casse-tête, car c’est dans les détails que se trouve le diable, dit le secrétaire du Collège, le Dr Yves Robert. S’il y a un plan, on doit le connaître. S’il n’y en a pas, on est d’autant plus inquiets. » Concrètement, les détails des projets de loi 10 et 20 ne seront connus qu’une fois les règlements rendus publics. De plus, d’autres projets de loi pourraient être déposés sous peu. Dans ce contexte, seul le ministre de la Santé possède un véritable portrait d’ensemble, déplore le Collège.

« Le diagnostic [sur l’accessibilité difficile] reste excellent. Mais il faut avoir un objectif commun et s’asseoir, ce n’est pas par un comportement guerrier qu’on va régler le problème », renchérit le président, le Dr Charles Bernard, déplorant le climat d’affrontement actuel.

Le traitement-choc des projets de loi 10, 20 et 28 comporte de grands risques d’échec, ajoute-t-il. « L’échéancier imposé est très serré, écrit le Collège dans un document rendu public mardi. Les risques de dérapage sont grands », et le Collège s’inquiète, dans ce contexte, pour la « qualité et la sécurité des soins ».

Prenant l’exemple du Dossier santé Québec (DSQ), qui tarde toujours à être implanté partout, le Dr Bernard reproche au gouvernement de « faire une réforme majeure sans réaliser ce qui se trouve déjà sur le feu ».

« Quand on tire sur une ficelle, on peut avoir des effets inattendus et pervers parce que le système de santé est complexe, ajoute-t-il. Je ne peux pas prévoir les effets du projet de loi 20 sur l’accès, car je ne connais pas les règlements. »

Le CMQ, qui se félicite d’avoir collaboré à un plus grand partage des responsabilités avec les autres professionnels de la santé, est même prêt à accélérer la cadence en ce sens si nécessaire.

Les médecins doivent assumer une partie du blâme pour les problèmes d’accès, concède le Collège, mais la profession médicale « n’est pas l’unique responsable ». Il faut aussi pointer « des effets pervers de décisions gouvernementales, des mesures incitatives adoptées de bonne foi mais mal appliquées […] et des problèmes d’organisation de services ou des directives bureaucratiques mal planifiées ».

Pratique sur la procréation assistée

En ce qui concerne la procréation médicalement assistée (PMA), le gouvernement fait l’erreur de se mêler de trop près des normes de meilleure pratique médicale, une compétence qui relève du Collège des médecins. Le projet de loi20, en plus de mettre fin à la couverture publique universelle, réglemente l’accès.

« Les normes de pratiques devraient être laissées au Collège », tranche son secrétaire, le Dr Yves Robert. Il craint par exemple que le projet de loi, qui favorise l’utilisation de la stimulation ovarienne avant la fécondation in vitro, n’entraîne une recrudescence des grossesses multiples qu’on a justement réussi à diminuer. « Il y a risque de conflit juridique et déontologique,avertit-il. La technologie est en évolution constante et on ne peut changer une loi constamment pour s’y ajuster. »

Le CMQ adoptera, probablement au printemps, un guide de pratique sur la procréation assistée. Aussi, alors que Québec n’a jamais mis un tel outil en place, le Collège, en collaboration avec les cliniques de fertilité, mettra un registre en place. Ce registre permettra de surveiller les activités de procréation assistée et leurs impacts sur les mères et les enfants issus de ces techniques.
2 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 4 février 2015 00 h 33

    Il a la même opinion que Barrette

    je viens de l'écouter à l'émission 24"690. IL confirme qu'il y a beaucoup de médecins et que les soins n'arrivent pas aux patients. Donc, Barrette a raison.

    D'autr part, je n,ai aucune confiance au président des fédérations de médecins. À toutes les fois, la m^me rengaine: 90% des postes de médecins à l'urgence dans certains hopitaux sont occupés par des médecins de familles ou mdecine générale. Mais c'était la même chose il y a 15 ans avec moins de médecins. Le président fait toujours peur au monde. Là, ça suffit.

    • Hélène Paulette - Abonnée 4 février 2015 09 h 38

      Madame Dionne, pourquoi tout cet argent aux spécialistes pour ensuite tomber sur le dos des omnipraticiens?