Huit cas possibles de rougeole dans Lanaudière, quatre confirmés à Toronto

Sans être à l’abri, le Québec jouit d’un bon taux de vaccination contre la rougeole. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Sans être à l’abri, le Québec jouit d’un bon taux de vaccination contre la rougeole. 

Huit cas possibles de rougeole sont sous surveillance dans Lanaudière, a confirmé le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) au Devoir lundi en fin de journée. Pendant ce temps, la Santé publique de Toronto confirme que deux adultes et deux enfants ont contracté le virus dans la Ville reine. Par ailleurs, une éclosion dont l’épicentre est en Californie fait actuellement rage aux États-Unis.

Huit cas de personnes présentant les symptômes typiques de la rougeole, dont la fièvre, la toux et les éruptions cutanées caractéristiques, ont été signalés à la santé publique dans Lanaudière. Les résultats de laboratoire permettant de confirmer s’il s’agit ou non de la rougeole sont attendus cette semaine, indique la porte-parole du MSSS Stéphanie Ménard. «Tous les cas sont liés épidémiologiquement», ajoute-t-elle. 

À Toronto également, les autorités enquêtent pour trouver la source de la propagation, car aucune de ces personnes n’a voyagé à l’étranger.

Inquiétante recrudescence?

Sans être à l’abri, le Québec jouit d’un bon taux de vaccination contre cette maladie virale, indique une étude récente publiée par l’Institut national de santé publique du Québec. Le taux de non-vaccination serait d’environ 2 % chez les jeunes d’âge scolaire.

Il ne faut jamais relâcher la vigilance avec ce virus très contagieux, qui se transmet par voie aérienne. « Une variation de 1 % ou 2 % du taux de vaccination peut nous faire tomber en dessous du seuil qui permet de maintenir l’élimination de la circulation du virus », explique l’auteur de l’étude, le Dr Gaston De Serres, avec qui Le Devoir s’est entretenu la semaine dernière.

En 2011, le Québec a connu une éclosion de rougeole, et 678 personnes avaient contracté la maladie, principalement en Mauricie. En réaction, de novembre 2011 à juin 2012, Québec a lancé l’Opération rougeole, administrant plus de 100 000 doses de vaccins.

Les autorités ont dans la foulée mis en place un registre de vaccination. En septembre 2013, 11 % des élèves de la province n’avaient toujours aucune information sur leur état vaccinal inscrite au registre.

En février 2014, les chercheurs ont contacté un échantillon de parents d’enfants qui n’avaient pas de preuve de vaccination.

Seulement 2,2 % des enfants étaient véritablement non vaccinés, dont 2 % en raison de convictions personnelles des parents. Dix mille jeunes non vaccinés l’ont été pendant l’Opération rougeole.

Le Dr De Serres croit que les efforts de la santé publique pour améliorer la couverture vaccinale des enfants québécois pourraient diminuer la portée de la transmission si jamais une autre éclosion devait survenir.

« Mais on ne peut pas écarter la possibilité qu’une autre éclosion survienne, car c’est une maladie très contagieuse. Une très faible variation dans le taux de vaccination peut suffire à mettre la table », comme on peut l’observer actuellement en Californie, aux États-Unis.

102 cas dans 14 États aux États-Unis

Une éclosion de rougeole sévit actuellement aux États-Unis. Depuis le premier cas, survenu en décembre chez une personne non vaccinée en visite au parc d’amusement de Disney à Anaheim, en Californie, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a répertorié, entre le 1er et le 30 janvier, 102 cas répartis dans 14 États. La majorité est liée à ce premier cas de transmission à Disney.

La Californie est un des États les plus touchés, avec 91 cas.

Le taux de refus de vaccination chez les enfants de la maternelle dans cet état est de 3,15 %, alors qu’il était de 0,77 % en 2000. Le Washington Post, qui a publié la semaine dernière une carte répertoriant les taux de refus de vaccination en Californie, rapporte que, dans une école de la ville de Temecula, le quart des parents des petits de la maternelle a une exemption de vaccination pour croyances personnelles. Ce taux atteint même 51 % dans une école de Boulder Creek, et 75 % dans quelques écoles privées.

Nos voisins du sud ont connu une année record de rougeole en 2014 avec 644 cas dans 27 États, alors qu’au tournant des années 2000, la maladie était déclarée éliminée en Amérique.

Même le président américain, Barack Obama, a pressé les parents de faire vacciner leurs enfants, en fin de semaine.
4 commentaires
  • Robert Breton - Inscrit 3 février 2015 07 h 32

    Inconscience detox.

    Le mythe du vaccin causant l'autisme est ce qu'il est un mythe, surtout une fraude admise par son auteur. La plupart des bons pensants considère que comme tous sont immunisés autour d'eux, eux n'ont pas besoin de le faire. Un égoisme inconscient et associal.
    Je considère que si vous n'approuvez pas les faits scientifiques (2+2=4, non?), vos enfants gardez-les à la maison ou dans des écoles privées qui accepterons les enfants non vaccinés, donc dangereux pour la société. Dans ces écoles alternatives, ils vous servirons en plus des bouillies vertes pseudo détoxifiantes, autres aberration.

  • Albert Descôteaux - Inscrit 3 février 2015 09 h 21

    A vos risques

    Les effets protecteurs de la vaccination contre la majorité des infections ne sont plus à démontrer. Plusieurs croient encore aux idioties colportées sur le net et se fient à l'immunité du troupeau (la majorité des gens qui sont vaccinés) pour se protéger. Cependant, lorsqu'il y a une trop grande proportion de non-vaccinés, l'agent pathogène (le virus de la rougeole dans ce cas-ci) fait sont chemin dans la population et on assiste à des épidémies.

    Il est tentant de suggérer que ceux et celles qui refusent de se faire vacciner ou de faire vacciner leurs enfants contre la rougeole se fassent par la suite refuser l'accès aux soins payés par l'État s'ils sont malades.

  • Sylvain Auclair - Abonné 3 février 2015 09 h 41

    Une question m'obsède

    Les personnes atteintes avaient-elles été vaccinées? Parce que, si seules les personnes non vaccinées étaient atteintes, ça ne remettrait pas en cause l'efficacité du vaccin pour ceux et celles qui le désirent, non?

    • Roxane Bertrand - Abonnée 3 février 2015 14 h 23

      http://www.fda.gov/downloads/BiologicsBloodVaccine

      Document de la FDA sur l'eficacité et les risques associés aux vaccins.

      De manière generale, les non-vaccinés développent d'avantage la maladie mais les vaccinés la développent aussi.