Les aînés canadiens doivent attendre plus longtemps pour des soins

L’Enquête internationale sur les politiques de santé a été menée dans onze pays.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’Enquête internationale sur les politiques de santé a été menée dans onze pays.

Toronto — Les Canadiens plus âgés doivent attendre plus longtemps que dans 10 autres pays industrialisés avant d’obtenir des soins médicaux, mais les résultats sont plus positifs lorsqu’ils peuvent finalement consulter un médecin, révèle une nouvelle étude.

L’Enquête internationale sur les politiques de santé, menée en 2014 par le Fonds du Commonwealth auprès des adultes âgés, portait sur les «expériences et les perceptions» d’un échantillon aléatoire de personnes de 55 ans et plus dans onze pays: Allemagne, Australie, Canada, États-Unis, France, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Au Canada, on a réalisé des entrevues auprès de 5269 personnes âgées de toutes les provinces.

Parmi les répondants canadiens, plus de la moitié ont dit qu’ils avaient dû attendre au moins deux jours avant de voir un médecin ou une infirmière — et près du tiers des personnes âgées interrogées ont attendu six jours ou plus.

Dans tous les pays étudiés, ce sont aussi les Canadiens âgés qui déclarent les plus longs temps d’attente pour consulter un spécialiste: 25 % d’entre eux ont attendu deux mois ou plus.

Enfin, la moitié des adultes âgés au Canada ont plus de difficulté à obtenir des soins médicaux après les heures normales de travail et la fin de semaine que ceux des autres pays. De ce fait, 37 % des répondants ont affirmé s’être déjà rendus à l’urgence pour un problème de santé qui aurait pu être traité par leur médecin.

Pas d’amélioration

Le rapport révèle par ailleurs qu’il n’y a eu aucune amélioration des temps d’attente pour des soins primaires et des soins spécialisés au Canada depuis la première publication de ces résultats en 2007.

«La situation des temps d’attente au Canada, comparativement aux 10 autres pays qui ont participé à l’enquête, ne s’est pas beaucoup améliorée», indique David O’Toole, p.-d.g. de l’Institut canadien d’information sur la santé, qui a publié les résultats de l’étude internationale, jeudi.

En général, les résultats au Québec et au Nouveau-Brunswick sont dans la moyenne canadienne, à part quelques secteurs. Ainsi, le Québec se démarque au chapitre de la «cote» attribuée par les répondants âgés à leur système de santé: 63 % des Québécois ont estimé que des changements fondamentaux devraient être apportés au système, contre 53 % en moyenne au Canada, et 22 % seulement (contre 34 %) ne souhaiteraient que des «changements mineurs».

Communication

Par ailleurs, il semble que les omnipraticiens et les spécialistes communiquent moins bien au Québec qu’ailleurs au Canada: deux fois plus de répondants québécois (26 %) ont indiqué qu’au cours des deux années précédentes, il était arrivé que leur médecin traitant n’ait pas transmis des renseignements à un spécialiste. À l’inverse, 46 % des répondants (contre 25 % des Canadiens) ont indiqué que leur médecin traitant ne semblait pas informé sur les soins dispensés par un spécialiste.

D’autre part, le Nouveau-Brunswick se démarque au chapitre des hospitalisations pour des maladies chroniques qui ne devraient pas mener à l’hôpital si elles étaient traitées par des services de proximité. Dans cette province, ce taux d’hospitalisation atteint 425 pour 100 000 habitants, alors qu’il est de 289 en moyenne au Canada (275 au Québec).