Le projet de loi 20 inquiète les facultés de médecine

Les doyens des quatre facultés de médecine de la province s’inquiètent de leur capacité à recruter et à retenir des enseignants en médecine, mais aussi de l’attrait qu’exercera encore la médecine de famille pour les étudiants.
Photo: Ryan McVay Photodisc Les doyens des quatre facultés de médecine de la province s’inquiètent de leur capacité à recruter et à retenir des enseignants en médecine, mais aussi de l’attrait qu’exercera encore la médecine de famille pour les étudiants.

Les doyens des facultés de médecine du Québec sont inquiets des impacts du projet loi 20, mais estiment avoir l’écoute du ministre Gaétan Barrette dans ce dossier.

« Nous sommes préoccupés même si nous souscrivons à l’objectif d’améliorer l’accès pour la population », dit en entrevue le président de la Conférence des doyens des facultés de médecine, le Dr David Eidelman, lui-même doyen à l’Université McGill.

Les doyens des quatre facultés de médecine de la province s’inquiètent de leur capacité à recruter et à retenir des enseignants en médecine, mais aussi de l’attrait qu’exercera encore la médecine de famille pour les étudiants.

Ils ont toutefois été rassurés par une rencontre avec le ministre de la Santé Gaétan Barrette cette semaine, qui a accepté de mettre sur pied un comité mixte sur cette question.

Si les médecins doivent atteindre des cibles de productivité dans lesquelles le temps passé à enseigner ou à superviser des stagiaires n’est pas considéré, il pourrait être difficile de trouver des médecins intéressés par l’enseignement. « Le projet de loi donne aussi un message aux professeurs et aux étudiants que leur qualité de pratique n’est pas impérative, alors que pour nous, c’est une préoccupation première », ajoute aussi le Dr Eidelman.

Une rencontre avec Gaétan Barrette a été fructueuse, dit-il. « Le ministre nous a dit que l’enseignement et la recherche seraient pris en compte », rapporte le Dr Eidelman. Le comité mixte des doyens avec le ministère doit se rencontrer pour une première fois dans les semaines à venir.

Gains fragiles

En contrepartie, le ministre aurait demandé aux doyens de promouvoir la productivité dans l’enseignement de la médecine. Sans être contre l’idée, cela ne doit pas se faire au détriment de la qualité et des critères stricts d’agrément des facultés de médecine, dit le Dr Eidelman. « La solution est dans la délégation d’actes et le travail avec les autres professionnels de la santé, on pourrait alors avoir une qualité accrue avec un gain de productivité. »

Alors que depuis quelques années de grands efforts ont été fournis pour rendre la médecine familiale plus attrayante, les doyens espèrent que le climat actuel ne viendra pas contrecarrer les gains réalisés, parfois fragiles. « Nous avons fait beaucoup d’efforts. À McGill, de la spécialité par défaut, la médecine de famille est devenue l’une des plus populaires, dit le Dr Eidelman. On ne veut pas perdre cet acquis. »