Les droits des patients sur le Web

Photo: Wavebreak Media

En lançant un site d’information sur les droits des patients, l’avocat Jean-Pierre Ménard espère leur redonner du pouvoir.

« On veut que les gens gardent le contrôle sur leur vie, de la naissance à la mort », a expliqué le spécialiste en droit de la santé mardi, alors qu’avec son équipe il lançait le site Vos droits en santé (vosdroitsensante.com).

Élaboré et financé par son cabinet d’avocats, le site répond aux questions sur l’aide médicale à mourir, l’accouchement, les frais exigibles par un médecin ou les refus de traitement, par exemple. Le tout appuyé par la jurisprudence existante.

Me Ménard juge que l’information disponible en ligne était fragmentée, c’est pourquoi il a travaillé à cette initiative.

« L’information, c’est le pouvoir. Il y a une tendance lourde à adapter les usagers au système et non pas le contraire. Le site vise à permettre une réappropriation du pouvoir par les usagers. »

Il croit aussi que, s’ils sont mieux informés, les professionnels de la santé en sortiront gagnants. « Si un chirurgien connaît mieux les droits des patients, il ne percevra pas les questions comme des attaques », croit Me Ménard.

Le Conseil pour la protection des malades (CPM) voit l’initiative d’un très bon oeil. « Les gens ne connaissent pas leurs droits, constate Me Gabriel Dupuis. Le fait que le site soit une initiative privée en dit long sur le sous-financement des organismes qui oeuvre en défense des droits. » Il estime nécessaire la disponibilité d’une information impartiale et factuelle, rassemblée à une même adresse. « Il y a encore beaucoup d’opacité dans le système », constate le responsable des services et du développement au CPM.

5 commentaires
  • Michel Vallée - Inscrit 21 janvier 2015 00 h 49

    Rédaction promotionnelle



    Plutôt que de se lancer dans une campagne publicitaire pour mousser ses affaires, Me Ménard serait plus avisé de voir à ce que les dossiers que l’on confie à son cabinet soient traités rigoureusement.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 21 janvier 2015 07 h 07

    … d’urgence !

    « Il y a une tendance lourde à adapter les usagers au système et non pas le contraire.» (Me Jean-Pierre Ménard, cabinet d’avocats, Montréal)

    Tendance lourde ? Vraiment ? Regardons !

    D’avis sensibles, on-dirait que cette « tendance » relève moins de sa lourdeur que du monde de la prescription de services qui, l’actualisant de droits et devoirs, sépare ou mutualise la place et le rôle de tout autant les ressources que les personnes appelées, respectivement, à donner ou recevoir ce que le système autorise ou dénie, et ce, en matières de légitimité ou d’accessibilité, de compétence, d’efficience, de responsabilité, d’imputabilité, d’intégrité, d’humanité, de … citoyenneté libre et volontaire.

    En effet, de mémoire-histoire, cette tendance se vérifie lorsque le monde de la prescription fidélise sa « clientèle », plus spécialement celle dite « vulnérable » ou « envahissante » qui, provenant de diverses sphères d’intégration et de participation sociale souhaitées, risque tout bêtement le chemin, institutionnalisé ou en société, de la socio-dépendance ; un chemin qui, pourtant dévoilé d’exemples, par l’Enfance de Duplessis-Léger, l’Enfance du Manoir Clarenceville …, semble poursuivre sa route !

    De ce chemin, confirmant cette malencontreuse tendance, il convient, de la part de tout le monde, d’espérer une contre-tendance susceptible d’éveils critiques à saluer et maintenir …

    … d’urgence ! - 21 jan 2015 –

    Ps. : Bravo pour cette initiative yahou

  • Yvon Bureau - Abonné 21 janvier 2015 10 h 50

    Merci pour ce Plus, Me Ménard

    Oui pour plus d'information claire et abondante pour des consentements et des refus de traitements éclairés et libres.

    Oui aussi pour une culture de responsabilisation et de devoir des usagers ou de ses représentants. Cela est le pendant des droits.

    Oui pour que l'usager et ses intérêts soient toujours davantage au centre de notre système de soins et de services.

    Oui à un place privilégiée dans les dossiers pour l'usager. «Notes évolutives de l'usager». Il y placera ses choix, ses commentaires et ses documents importants. Comme des directives anticipées avant une intervention chirurgicale majeure. Comme après une journée de soins. Comme le refus de la réanimation cardio-vasculaire.

    Dans l'univers des soins et des services, rien de mieux que des écrits pour garder debout l'usager dans les processus d'information et de décision, pour un mieux-être des professionnels. Tous se sentent plus en sécurité et davantage pris au sérieux.

    • Michel Vallée - Inscrit 21 janvier 2015 13 h 12

      @Yvon Bureau

      «Oui pour que...»

      ... Les compagnies d'assurance et les cabinets d'avocat s'en mettent plein les poches sur le dos des patients victimes de négligence médicale ; actuellement, ce qui est versé en indemnités, on le paye en recours –et ce après des années d’avocasseries !

      Pour ma part, je dirais plutôt : oui pour la création d’un « Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux », à l’instar de l’Oniam en France.

      Vivement une «indemnisation du risque médical par solidarité nationale» !

      Oniam :

      http://www.oniam.fr/crci/presentation/

    • Michel Vallée - Inscrit 21 janvier 2015 15 h 39

      Pour compléter ma précédente, le site de l'Oniam est plutôt celui-ci:

      http://www.oniam.fr/