Les associations patronales perdront leur voix

La disparition des regroupements d’établissements laisse en suspens la question des services dispensés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La disparition des regroupements d’établissements laisse en suspens la question des services dispensés.

L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), la plus importante association patronale du réseau de la santé, a enclenché son processus de fermeture et annoncé dans la foulée la cessation définitive de ses activités le 31 mars prochain.

La présidente de l’AQESSS, Diane Lavallée, a fait savoir sur son blogue jeudi qu’à la suite d’une rencontre survenue en décembre avec le sous-ministre de la Santé, Michel Fontaine, ce dernier a confirmé qu’il « ne soutiendrait plus la vie associative ni même la création d’un OSBL assurant la pérennité des produits et services existants dans ces mêmes associations ».

En clair, cela signifie la fin de toute possibilité de démarches, et surtout celle de parler d’une même voix pour les acteurs patronaux du réseau de la santé, lors du dépôt de projets de loi importants ou de l’adoption de politiques ministérielles.

« On peut dire que c’est la fin d’une longue histoire de participation à la vie démocratique du réseau, puisque la naissance de l’ancêtre du prédécesseur de l’AQESSS, l’Association des hôpitaux, remonte à 1932 », a fait valoir jeudi Jean-Louis Laplante, de la Direction des relations avec les médias de cet organisme.

La disparition de l’AQESSS et d’autres regroupements d’établissements de la santé laisse en suspens toute la question des services dispensés par ceux-ci. Depuis des années, l’AQESSS se charge notamment d’évaluer la performance des hôpitaux et la qualité des gestes médicaux, et de la diffusion des meilleures pratiques. « On réalise les rapports de performance depuis des années. On ne sait pas qui fera cela après le 31 mars. Il est question d’un transfert vers le ministère ou d’autres organismes, mais on ne sait pas vers qui », indique M. Laplante, ajoutant que 15 personnes ont déjà été licenciées.

Au terme d’une seconde rencontre survenue le 9 janvier, le ministère aurait indiqué à l’AQESSS qu’il fera savoir d’ici la fin de janvier ce qui adviendra des services d’évaluation et de contrôle fournis l’organisme.

C’est le projet de loi 10 déposé à l’automne par le ministre de la Santé Gaétan Barrette qui sonne le glas, par la bande, de ces diverses associations d’établissements. Les fusions majeures prévues les priveront du nombre de membres suffisants pour assurer leur survie et des cotisations de 5,5 millions versés par l’ensemble des établissements.

Outre l’AQESSS, l’Association des centres jeunesse (ACJQ), l’Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec (ACRDQ), l’Association des établissements en réadaptation en déficience physique (AERDFQ) et la Fédération québécoise des centres de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement (FQCRDI-TED) seront touchées.

Jeudi, l’Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec (ACRDD) a d’ailleurs indiqué qu’elle ignorait aussi ce qui adviendra des services de soutien à la formation qu’elle offrait, et qu’elle attendait à cet égard une réponse du ministère dans les prochaines semaines.

3 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 16 janvier 2015 07 h 49

    Amis des banquiers ou pas

    Tous sera diriger a Québec par le ministre, voici la nouvelle pensée administrative, est ce que ca ne ressemble pas aux edits des rois, qui n'avaient qu'a publier leur volonté, est-ce dans ce type de regime que nous voulons vivre,ou a la tete de la province, il y des intouchables,ou faut il au contraire comme la plupart des pays moderne, indiquer a nos reoprésentants qu'ils ne sont que nos représentants, amis des banquiers ou pas

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 16 janvier 2015 08 h 58

    Seuls les cadres à la retraite parleront peut-être.

    Le ministre ne veut plus de voix discordante susceptible de miner son discours politique ou encore de publier des études qu'il voudrait garder secrètes. Il fera probablement signer des ententes viagères de confidentialité. Les cadres n'ayant généralement par le droit de se syndiquer, ils mettront en jeu leurs emplois s'ils persistent à vouloir s'exprimer publiquement. Les cadres qui parleront seront bientôt uniquement les cadres à la retraite. Les cadres démissionnaires et congédiés se feront accuser de vouloir régler des comptes. Il ne restera que les fuites....

  • Damien Tremblay - Inscrit 16 janvier 2015 18 h 29

    Le destroyer libéral continue son oeuvre de destruction des outils démocratiques


    À vitesse grand V, le totalitarisme s’installe au gouvernement québécois. Fort de sa majorité, le parti au pouvoir ne cache même plus ses intentions antidémocratiques. Il compte bien arriver à ses fins et confirmer la réduction en esclavage du peuple québécois.

    Ce dernier ayant plus que jamais les traits d’un colonisé, il n’y voit que du feu et se fie aveuglément au timonier Couillard et ses commandants Barrette et al. La croisière va être longue pour nos nègres blancs d’Amérique dans les cales du négrier de notre capitaine Couillard.