En santé, Québec n’ouvre pas son jeu

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Régine Laurent
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Régine Laurent

Le dépôt des offres de Québec aux infirmières dans le cadre des négociations a pris l’allure d’un rendez-vous manqué, a dénoncé la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) mardi.

Sa présidente, Régine Laurent, a reproché à Québec d’avoir présenté un document flou pouvant vouloir dire une chose et son contraire. « On s’attendait à ce que le gouvernement fasse au moins l’effort de déposer des pistes de solution. Malheureusement, ce n’est pas le cas », a-t-elle dit en point de presse en sortant de sa rencontre avec le Conseil du trésor.

Autant les offres salariales de lundi étaient d’une « précision chirurgicale »,dit Mme Laurent, autant, mardi, on se retrouvait devant un « flou artistique ». « Par exemple, le gouvernement nous dit qu’il veut valoriser la disponibilité de la main-d’oeuvre. Qu’est-ce qu’on doit comprendre là-dedans ? », demande Mme Laurent. Les négociateurs du gouvernement leur ont promis des explications à la mi-janvier, rapporte-t-elle.

Québec ne s’achète pas pour autant la paix en dévoilant si peu son jeu, avertit-elle. « Si on fait le parallèle avec ce qui a été déposé hier [lundi], on ne peut qu’être inquiets. Les infirmières ont des solutions et là, elles vont être encore plus en colère, car on ne peut pas leur dire si elles vont être mises en place. »

Les autres syndicats du réseau de la santé recevront aussi les offres sectorielles du gouvernement cette semaine.

Les garderies en milieu familial en médiation

Les 2000 responsables de services de garde en milieu familial se retrouvent en médiation avec le ministère de la Famille, dans l’espoir de mettre fin à l’impasse concernant leurs revendications salariales. Selon elles, le ministère fait la sourde oreille à leurs demandes déposées le 13 juin dernier. Elles sont en négociation pour le renouvellement de leur entente collective, échue depuis novembre 2013. Les responsables demandent la parité avec leurs collègues de centres de la petite enfance, ce qui représenterait une hausse salariale de 5 %.
3 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 décembre 2014 08 h 33

    Service

    Et vous croyez que le service «à la clientèle» va être meilleur une fois que leurs conditions de travail seront encore plus précaires ? Ah bon. Va falloir qu'on m'explique, je ne vais jamais à l'hôpital.

    Et j’attends encore de voir tomber des postes de dirigeants… qui ne dirigent plus personne faute de personnel, n'importe où.

    PL

  • Robert Beauchamp - Abonné 17 décembre 2014 09 h 08

    L'altitude

    Ce gouvernement fonctionne au radar avec la tête au-dessus des nuages. Il va traiter de haut ses employés de l'état come il l'a fait avec les étudiants du printemps érable. C'est bon parfois de jeter un coup d'oeil vers le sol pour savoir où on met le pied. Je prédis que ce gouvernement va s'enfarger dans son idéologie néo-libérale. De vrais intégristes. Ils décident de tout l'aveugle.
    Robert Beauchamp

  • Simon-Pierre Landry - Abonné 17 décembre 2014 10 h 04

    Un sérieux problème de compétence

    Le gouvernement Couillard souffre d'un sérieux problème de compétence et de crédibilité. Après les garderies, les pharmaciens des quartiers défavorisés (PL28), les médecins de famille (PL20), les enseignants, viennent maintenant les infirmières qui travaillent déjà pour la plupart dans des conditions pitoyables. Les idées simplistes des libéraux causent déjà une foule d'effets pervers, dont une dévalorisation des emplois dont le système a le plus besoin. L'éducation et la santé sont des ecosystèmes fragiles, et les libéraux souffrent soit d'aveuglement volontaire, soit d'incompétence troublante.