La révolte gronde en médecine familiale

Le Dr Vincent Demers se consacre à ce qu’il appelle les « populations oubliées ».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Dr Vincent Demers se consacre à ce qu’il appelle les « populations oubliées ».

Les médecins de famille qui suivent les patients les plus vulnérables et complexes seraient davantage pénalisés par le projet de loi 20 de Gaétan Barrette, qui leur imposerait des quotas. Révoltés, ils dénoncent cette « dictature » qui, disent-ils, favorisera le volume au détriment de la qualité.

Ils suivent des patients âgés, toxicomanes ou schizophrènes. Des femmes enceintes immigrantes et vulnérables ou des malades chroniques. Ces médecins de famille ont confié au Devoir qu’il leur serait impossible d’atteindre les quotas présentés à leur fédération médicale par Québec, deux semaines avant le dépôt d’un projet de loi reçu comme un coup de poing. Un mouvement de fond s’organise. Un groupe Facebook a réuni près de 2000 médecins en colère en quelques jours.

Le Dr Vincent Demers se consacre à ce qu’il appelle les « populations oubliées ». Après avoir travaillé dans le Nord-du-Québec et auprès de communautés autochtones éloignées, il se consacre maintenant à la population du centre-ville de Montréal. Itinérants, toxicomanes, personnes vivant avec une maladie mentale… C’est son lot quotidien. En plus, il assume des gardes de 7 jours en soins palliatifs. Avec le projet de loi 20, sa rémunération serait amputée, estime-t-il, même s’il travaille à temps plein.

«Non, je n’ai pas mille patients ! », dit-il. Déjà, son choix de carrière est moins « payant », par choix. « Là, on va me pénaliser encore plus ! » dit-il, découragé. « Alors que les médecins devraient être utilisés pour les patients qui sont les plus complexes et que les infirmières devraient s’occuper des autres, le projet de loi 20 est un incitatif à exactement le contraire ! », croit-il. « Je pense que ces quotas sont peut-être atteignables quand on a moins de 20 % de patients vulnérables. Peut-être. »

Mobilisation importante

« Non seulement on a l’impression qu’on méprise notre travail, mais on est surtout inquiets pour nos patients. Le gouvernement veut parler d’eux en termes de volume. Mais monsieur X, ce n’est pas un numéro ! », s’insurge la Dre Sofia El Kahel.

Vendredi, elle a pris l’initiative, avec des collègues, de créer un groupe sur Facebook. Lundi, le Regroupement des médecins omnipraticiens contre une dictature en santé atteignait près de 2000 membres. Il y a 8000 omnipraticiens au Québec. « C’est un mouvement spontané, parce que les médecins de famille sont horrifiés depuis vendredi midi ! »

La Dre El Kahel pratique depuis un an et demi. Ses semaines se partagent entre l’urgence, où elle assume 12 quarts de travail par mois, et les étages d’un hôpital de la Rive-Sud de Montréal. Pour des semaines de 55 heures en moyenne, dont des nuits. « On estime qu’il faudrait que je fasse 19 quarts de travail à l’urgence par mois pour être exemptée de prendre une clientèle en cabinet. Donc, on me dit que je ne travaille pas assez, c’est révoltant ! »

Dans le futur, la jeune médecin aimerait suivre des patients en cabinet. Mais pas à la chaîne. « On nous apprend à l’école à montrer de l’empathie, à passer du temps avec nos patients. Là, ça va être 5 minutes ? Ça va brimer les patients ! »

Dernièrement, une collègue résidente de la Dre El Kahel s’est suicidée, vraisemblablement incapable de supporter davantage de pression. « Je la connaissais, ça m’a beaucoup touchée. On parle de détresse des médecins, et là, ce projet de loi arrive… »

La Dre Isabelle Leblanc, qui travaille dans Côte-des-Neiges, a souvent besoin d’un interprète pour communiquer avec ses patients. Elle supervise aussi des étudiants, assume des gardes en soins palliatifs et est présidente de Médecins québécois pour un régime public (MQRP). Elle ne suit pas 1000 patients. « Les soins, ce n’est pas mathématique », dénonce-t-elle, en son nom personnel. MQRP n’a pas encore pris position.

 

Problème réel, mais le bon remède ?

La Dre Vania Jimenez ne donne pas tort au ministre Gaétan Barrette sur toute la ligne. Elle rêve d’une meilleure intégration des soins et de réels suivis par les médecins de famille. « J’aimerais voir la relève s’investir davantage dans la prise en charge réelle. De la vraie médecine de famille, pas du dépannage et du sans rendez-vous sans engagement réel envers le patient. Mais est-ce qu’une grosse loi, c’est la bonne façon d’y arriver ? »,demande-t-elle.

Cette médecin de famille s’occupe de ce qu’elle appelle la clientèle la plus « crève-coeur » de l’île de Montréal. À la Maison bleue, ses patientes sont enceintes, parfois des suites d’un viol. Elles vivent dans la pauvreté, peuvent être victimes de violence conjugale. « Si je roule au nombre avec elles, on rate le coche. Ici, on travaille ensemble, les infirmières, les sages-femmes, les travailleuses sociales, et on sort heureux de notre journée ». La Dre Jimenez ne croit pas atteindre la moitié du quota de patients que Québec voudrait lui faire prendre en charge avec le projet de loi 20.

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, accuse le ministre de manipuler les chiffres pour faire paraître les médecins de famille paresseux.

Gaétan Barrette prétend que « 59 % des médecins de famille travaillent moins de 175 jours par an, pour une moyenne annuelle de 117 jours ».« Je peux aussi dire l’inverse,affirme le Dr Godin. J’ai 80 % des médecins qui travaillent une moyenne de 216 jours. Et les statistiques du Dr Barrette incluent les médecins en congé de maternité et de maladie ! »

Le Dr Godin accuse même le ministre de viser les jeunes femmes médecins, celles-là qui prennent des congés de maternité ou peuvent temporairement travailler moins pendant que les enfants sont petits. « Il faudrait qu’il montre un peu plus de respect pour celles qui représentent 50 % des médecins de famille », estime le Dr Godin.

La FMOQ dit avoir présenté des solutions à Québec. « Ça fait 18 mois que c’est sur la table et personne n’a voulu en parler. »

 

J’aimerais voir la relève s’investir davantage dans la prise en charge réelle. De la vraie médecine de famille, pas du dépannage et du sans rendez-vous sans engagement réel envers le patient.

Le gouvernement veut parler des patients en termes de volume. Mais monsieur X, ce n’est pas un numéro!

Alors que les médecins devraient être utilisés pour les patients qui sont les plus complexes et que les infirmières devraient s’occuper des autres, le projet de loi 20 est un incitatif à exactement le contraire!

29 commentaires
  • Yannick Legault - Abonné 2 décembre 2014 00 h 57

    Et si on payait les médecins plus normalement

    Tous, surtout les spécialistes, reçoivent des salaires hors de proportions, et après ils se demandent pourquoi on leur demande l'impossible. Doublons les médecins, donnons-leur un salaire plus mesuré et ils pourront voir un nombre normal de personnes par jour

  • Sol Wandelmaier - Inscrite 2 décembre 2014 05 h 01

    Le problème n'est pas là...

    Le systéme n'était pas parfait mais était très bon et fonctionnel dans son ensemble...

    Il y a 16 à 18 ans, Lucien Bouchard, pour atteindre le déficit zéro, a sabré massivement dans le système de santé en envoyant médecins de famille, spécialistes et infirmières à une retraite anticipée..Il créa un gouffre dans un système de santé qui fût totalement débalancé. Les conséquences se font encore ressentir de nos jours...

    Pour compenser au manque d'effectifs, des règles de plus en plus contraignantes furent imposées aux nouveaux médecins sortants..Plus les règles étaient contraignantes et plus les mécanismes échappatoires furent utilisés par cette nouvelle générations de médecins...

    Un de ces mécanismes innové fût de ne plus assurer de suivi de patients en cabinet, de faire que de l'urgence ou que du CLSC etc...Et le systéme alla de plus en plus mal...

    La médecine est une profession libérale, aquise après 20 ou 30 ans de scolarité totale. Les règles imposées aux médecins seraient impensables si appliquées aux architectes, aux avocats, aux ingénieurs privés..etc..

    Même si les intentions du Dr Barette sont honorables, l'intervention dans son projet de loi est dictatoriale, maladroite et est un coup de massue supplémentaire à une génération de médecins déjà très démotivés...

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 2 décembre 2014 08 h 30

      Vous réptez encore cette histoire, sans le tableau global? Vous savez que ce sont des coupes massives du fédéral vers toutes les provinces qui ont forcé TOUTES ces dernières à devoir couper à leur tour en santé? Et que les infirmières étaient d'accord? Et que et que... enfin, on en a tellement parlé souvent. Même l'éditorialiste fédéraliste d'uu autre journal a dû admettre que ce fut forcé par Ottawa...

    • Hélène Paulette - Abonnée 2 décembre 2014 08 h 48

      Madame Wandelmeier, il y a cinquante le ministre Castonguay s'est laissé dicter par le Collège des médecins la rémunération à l'acte, ce qui a fait d'eux des entrepreneurs dans une médecine sociale. C'est cette situation absurde qui nous a lentement mené au désastre. Ce n'est pas que je veuille excuser Bouchard, croyez-moi. Je pense que dans une province où le coût des études est au plus bas (elles devraient être gratuites selon moi), on devrait demander aux étudiants, les médecins comme les autres, de fournir quelques années de travail communautaire pour remettre à la société et acquérir de l'expérience et une certaine conscience sociale qui nous manque cruellement ces temps-ci.

    • Nicolas Bouchard - Inscrit 2 décembre 2014 09 h 16

      haha vous trouvez encore le moyen, 16 à 18 ans plus tard comme vous le dites vous-mêmes, de blâmer le PQ alors que les libéraux sont aux pouvoir presque sans interruption depuis 2003?

      Vous semblez mentionner un manque d'effectifs come explication mais pourtant les taux de médecins et infirmières sont plus élevés par habitant au Québec qu'en Ontario et en moyenne au Canada, il est où alors le problème?

      Nicolas B.

    • Johanne Bédard - Inscrite 2 décembre 2014 12 h 31

      À Mme Wandelmaier,
      Le problème n'est pas là...

      « Le systéme n'était pas parfait mais était très bon et fonctionnel dans son ensemble... ».

      Qu'en savez-vous ? Avez-vous travaillé au sein du réseau de la santé et des services sociaux ? En connaissance de quoi parlez-vous ?
      La soussignée est une ex-travailleuse du réseau de la santé pendant plusieurs années. J'ai vu, lu, vécu la fusion de 2005 des CLSC en CSSS. J'ai constaté beaucoup de lacunes, d'abbérrations, de laxisme, d'incompétence, de changements inutiles et non adéquats, de réorganisations de services inutiles et arbitraires, de déficits, gaspillage, et j'en passe. Donc, je peux me permettre d'émettre une opinion en sachant de quoi je parle.

      Le « système » et non le systéme, possédait certaines bonnes pratiques et en même temps, il y avait de grosses pertes de temps et d'argent à cause d'une gestion déficiente exercée par des cadres de tout niveau. La confidentialité et l'éthique ne me permettent pas de divulger quoi que ce soit à ce commentaire.

      Le ministre de la « soit disant santé » nous prouve par ces décisions irrespectueuses envers les citoyens du Québec et capitalistes à outrance, sa mégalomanie et sa soif de pouvoir insatiable au détriment du peuple payeur de taxes auquel il envoie clairement le message suivant : «Je règne, je décide, vous subissez et vous la fermer ». Autrement dit, je me fouts de vos problèmes de santé, le tout déguisé en une méga restructuration (la Xe) du réseau, qui ne tient rien en compte de la réalité, soit : 1. des malades et de leurs familles 2. de tous les corps de métiers oeuvrant au sein du réseau. Il y aura des conséquences à ce geste...

      À la lumière des commentaires précédents, il semblerait que plusieurs lecteurs n'apprécient pas eux non plus les vôtres.

    • Pierre Germain - Inscrit 2 décembre 2014 13 h 23

      Mme Wandelmaier,

      Des études de 30 ans!!! Là, vous exagérez, à moins que vous ne comptiez les candidats qui font deux Ph.D. avant d'être acceptés en médecine. Quoi qu'il en soit, les études de médecins ne sont pas plus longues ni compliquées que celles requises pour, disons, obtenir un doctorat en physique, en génie ou en pharmacologie. Par ailleuirs, vous ne pouvez pas parler de la médecine au Québec comme d'une profession libérale car le nombre de médecins est maintenu artificiellement bas, ce qui empêche les lois du marché de jouer librement, comme c'est plutôt le cas avec les firmes d'ingénieurs, d'architectes ou de comptables qui doivent compétionner et soumissionner les unes contre les autres.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 2 décembre 2014 14 h 36

      @ madame Lalande..Désolée mais vous êtes dans l'erreur..

      Paul Martin, ministre des finances de Jean Chrétien, a introduit dans le budget 1997 une augmentation majeure des ransferts en Santé avec une indexation de 6% annuellement ( indexation insoutenable vu que l'inflation est en bas de 2% et que Harper plannifie de diminuer)...

      C'est dans la même période que Bouchard, sentant la pression venant des autres provinces canadiennes qui étaient presque toutes dans le noir, a fait ses décisions malheureuses pour atteindre le déficit Zéro.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 2 décembre 2014 14 h 55

      @ Madame Paulette..

      À date, le Qc fait partie d'un grand ensemble nord-américain mais surtout canadien oû il y a libre circulation des personnes et des biens...

      Je peux me tromper mais dans toutes les provinces canadiennes, les médecins sont payés à l'acte. Le QC avait-il le choix d'opter pour une médecine totalement socialisante avec médecins payés à salaire???

      J'ai été recruteur de médecins dans l'Outaouais et J'ai asssisté, dans cette région, au départ des résidents québécois sortants vers l'Ontario à 90%..à mon grand désespoir! Ils jugeaient que les conditions de travail et de rémunération y étaient meilleures...

      Les jeunes médecins subissent les AMPs (acivités médicales particulières) depuis au moins 15 ans qui les obligent à donner 15 heures par semaines de travail communautaire...Devant ces mesures obligatoires et contraignantes, ils ont développé des comportements échappatoires dans leur profil de pratique...et l'ensemble du système n'en a pas bénéficier...

      Est-ce que cela répond à vos questions?

    • Gaetane Derome - Abonnée 2 décembre 2014 14 h 59

      Mme Paulette,

      Est-un reve a la QS que vous nous sortez la? Comment ferait les jeunes medecins,avec du travail communautaire,alors qu'ils ont souvent deja 30 ans en age(et des enfants),pour payer leur dette d'etude???
      Vous demandez aux medecins ce qu'on oserait pas demander a un autre professionnel..Une chance que le ridicule ne tue pas..;)

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 2 décembre 2014 15 h 14

      @ madame Bédard...

      J'ai donné plus haut l'évidence que j'étais en première ligne dans le système de santé et que je sais de quoi je parle...

      Je suis dans ce forum pour donner la réplique à tous les mythes, les demi-vérités, et les faux énoncés qui, si pas détruits, deviennent des "vérités" après un certain temps...

      Depuis longtemps, les administrateurs d'hopitaux et de CSSS ne sont plus dans les mains de médecins...Ont-ils fait une meilleure job???

      Je n'approuve pas la loi 20 du Dr Barette...Elle va contribuer davantage à ces comportements échappatoires dont je viens de parler...Les quotas, les heures de pratique, les pénalités...Dans l'Outaouais, que je connais bien, nous avons assisté de plus en plus à une désincertion des médecins de la RAMQ et ce faisant, ils ont échappé à toutes règles et contraintes en devenant des médecins dans le privé et en acceptant le risque inherrant à cette décision.. Le patient devient victime encore une fois des manipulations maladroites du système...

      Et pour finir, je n'écris pas dans ce forum pour qu'on APPRÉCIE mes commentaires...

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 2 décembre 2014 17 h 59

      Ah, je comprends, tous les édiitorialistes, tous les chroniqueurs, tous les élus se sont trompés. Sauf vous et si je comprends bien, QS, que vous soutenez? Tous s'éclaircit soudainement.

    • Hélène Paulette - Abonnée 2 décembre 2014 18 h 14

      @Derome, mon rêve à la QS existe bel et bien au Mexique et le travail communautaire pour un jeune médecin se passe en clinique en milieu défavorisé. Je parle ici de gratuité madame Derome...

    • Hélène Paulette - Abonnée 2 décembre 2014 18 h 17

      @Wandelmeier
      Vu le coût moindre des études au Québec, ça serait la moindre des choses qu'on leur demande de rembourser s'ils n'ont pas assez de conscience sociale pour pratiquer là où ils ont étudié...

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 3 décembre 2014 06 h 19

      @M. Germain...De la maternelle à la sortie d'une spécialité, cela fait entre 25 et 30 ans de scolarité..Beaucoup vont dans le marché du travail à l'âge de 18 ans...Un spécialiste a plus de 30 ans quand il s'établit...

  • Beth Brown - Inscrite 2 décembre 2014 05 h 24

    La loi c'est MA loi!

    « Je pense que ces quotas sont peut-être atteignables quand on a moins de 20 % de patients vulnérables. Peut-être. » Dr. Demers

    Si le ministre ne voulait pas à tout prix se faire du capital politique avec l'impatience des québécois qui attendent aux cliniques en espérant se voir attribuer un médecin de famille, il travaillerait de concert avec ses pairs en tenant compte des nuances et des exceptions qui s'imposent avant de légiférer.

    Mauvais choix obstiné: il semble que le gros lion ne cessera de rugir qu'aux prochaines élections.

  • François Dugal - Inscrit 2 décembre 2014 07 h 55

    Proverbe chinois

    "Ce n'est pas drôle de goûter à sa propre médecine" - Lao Tseu

    • Christian Fleitz - Inscrit 2 décembre 2014 10 h 39

      Heu ! Lao Tseu dîtes-vous ? C'était un québécois ?

    • François Dugal - Inscrit 2 décembre 2014 11 h 24

      Lao-Tseu est universel, Herr Fleitz, (et je lui fait dire ce que je veux ...)

    • Beth Brown - Inscrite 2 décembre 2014 11 h 35

      "Pour un lion affamé, une médecine de cheval" Confusius

    • Christian Fleitz - Inscrit 2 décembre 2014 22 h 43

      Là, d'accord.

  • Lydia Anfossi - Abonnée 2 décembre 2014 09 h 58

    Comme si des services pouvaient être rentables!

    Quand cesserons-nous de vouloir tout analyser en termes d'argent? Les services, par définition, ne sont pas rentables et c'est très bien ainsi. L'objectif n'est pas de faire de l'argent, mais d'offrir des services à tous les humains d'une société. Parce que l'argent ça devrait servir à cela!!! s'il manque d'argent c'est que le systeme d'impôts doit être corrigé, les très riches doivent cesser de s'en sauver , les entreprises doivent cesser d'avoir toutes sortes d'échappatoires, et il faut accepter qu'une partie équitable de nos salaires soit prélevée pour des services. Les étatsuniens paient moins d'impôts et n'ont des services que si ils sont assez riches pour se payer des assurances privées dispendieuses. Un gouvernement qui n'a pas de vision de société et n'envisage la vie des humains qu'en termes de dépenses ou rentabilité financière est un gouvernement qui ne mérite pas d'être au pouvoir. Liébrons-nous des libéraux!