Des obligations de rendement pour les médecins?

Selon les informations obtenues par Le Devoir, le ministre de la Santé Gaétan Barrette s’apprêterait à déployer des mesures contraignantes pour obliger les médecins à une certaine productivité, dans le but de favoriser l’accès pour les patients. Des pénalités pourraient possiblement être utilisées, notamment envers les médecins de famille.

Le projet de loi, qui sera déposé vendredi, devrait également limiter l’accès au programme public de procréation assistée.

Le ministre doit déposer un projet de loi « favorisant l’accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de procréation assistée », selon ce qui a été annoncé par l’Assemblée nationale.

Selon ce que Le Devoir a pu apprendre, les discussions avec les fédérations médicales sur les mesures pour améliorer l’accès pour les patients n’étaient encore qu’à un stade embryonnaire. Le ministre irait donc de l’avant avec ses solutions sans nécessairement avoir l’appui des médecins. L’entente des médecins avec le gouvernement arrivait à échéance en 2015.

Infertilité médicale

Après le dépôt du projet de loi 10 sur la réforme administrative du réseau de la santé, Gaétan Barrette avait averti que d’autres pièces importantes du casse-tête tomberaient en place.

En ce qui concerne la procréation assistée, Gaétan Barrette a déjà affirmé par le passé que le programme public devrait être réservé aux cas d’infertilité médicale — ce qui exclut les couples de même sexe d’emblée. Québec ira-t-il dans cette direction ? Selon les différents scénarios qui ont filtré dans les médias cet automne, une contribution des parents en fonction de leurs revenus a aussi été envisagée par Québec.

La Société québécoise de fertilité et d’andrologie tient justement son congrès à Montréal ce vendredi. Cette association réunit les médecins spécialisés en fertilité. Gaétan Barrette a décliné une invitation à participer à l’événement.

Lors d’une mêlée de presse avec les médias jeudi, le ministre a réitéré que le programme était trop coûteux. « Quand on inclut la totalité des coûts, incluant les infrastructures, on est rendu à plus de 130 millions de dollars », a indiqué le ministre, ajoutant plus tard en anglais que « tout le monde s’entend pour dire que le programme doit être mieux encadré ». Sur ses intentions par rapport aux médecins, Gaétan Barrette a refusé de répondre aux questions des journalistes, se contentant d’affirmer que le projet de loi concernait les services médicaux.