Santé: le réseau invite le ministre Barrette à dialoguer

Le réseau de la santé presse le ministre Gaétan Barrette de « s’ouvrir au dialogue ». L’automne a été marqué par des confrontations tant sur le front des compressions que sur celui de la réforme proposée dans le projet de loi 10. Mais les syndiqués et les gestionnaires souhaitent que le Deuxième rendez-vous national sur l’avenir du réseau soit l’occasion de relancer la discussion.

Organisé par l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et l’Institut du Nouveau Monde (INM), l’événement prévu le 9 décembre à Québec doit rassembler les acteurs du réseau à la recherche de solutions.

Tant la CSN que l’AQESSS ont vertement critiqué le projet de loi 10 ces dernières semaines.

« Ce colloque n’est pas contre l’oeuvre du ministre. On espère plutôt que le gouvernement entende et accepte d’établir un dialogue », a dit le président de la CSN, Jacques Létourneau, en conférence de presse mardi.

L’événement était prévu avant même l’élection des libéraux au printemps, d’ajouter Diane Lavallée, directrice générale de l’AQESSS. « Au-delà des structures, il faut agir sur de nombreux enjeux, comme la première ligne, la rémunération des médecins, les médicaments », a-t-elle dit.

Le directeur général de l’INM, Michel Venne, dit s’inquiéter pour la participation citoyenne. « Dans une démocratie, le débat public ne s’arrête pas à une déclaration d’un ministre. Il n’est pas le seul à parler et à décider », a-t-il indiqué. Il souhaite, advenant la mise en marche de la réforme, que la disparition des instances régionales de consultation soit palliée par un autre processus.

Mais il faut être au moins deux pour dialoguer. Les organisateurs déplorent que Gaétan Barrette ait invoqué son emploi du temps chargé pour refuser de venir s’exprimer devant l’assemblée le 9 décembre. Il avait d’ailleurs brillé par son absence lors du premier rendez-vous, en juin.

Des réserves

Au cabinet du ministre, on confirme que l’emploi du temps du ministre est déjà chargé pour cette date et que sa présence est peu probable, raison pour laquelle l’invitation a été déclinée.

En commission parlementaire le 12 novembre dernier, Gaétan Barrette a affirmé qu’il avait des « réserves personnelles » à participer à cet événement. « L’AQESSS a-t-elle résolu les problèmes du système depuis 15 ans ? La réponse, c’est non », avait-il répondu à une question de Daniel Boyer, président de la FTQ. Ce dernier accusait le ministre de rester « dans sa tour d’ivoire » et d’ignorer les « hommes et les femmes qui dispensent les soins tous les jours ».

 

10 commentaires
  • Henri Gazeau - Inscrit 19 novembre 2014 05 h 50

    Tout un leadership

    Parmi d'autres acteurs de la santé, l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux propose à M. Barrette de travailler ensemble.

    M. Barrette : «L’AQESSS a-t-elle résolu les problèmes du système depuis 15 ans? La réponse, c’est non» (... donc, je rejette vos propositions de dialogue).

    M. Barrette se comporte comme un nouveau PDG qui, à son entrée en fonctions, dirait au conseil d'administration déjà en place : «Vous n'avez pas obtenu de bons résultats ces 15 dernières années. Ça se passait avec mes prédécesseurs, la pression des concurrents [le privé?] est forte, vous connaissez la réalité mieux que moi et ça aurait pu être bien pire, mais peu importe! Vous n'en êtes pas moins des nuls et, à partir de maintenant, je serai le seul à décider. Je prends le pouvoir de l'entreprise. Fini, les conseils d'administration et les décisions collégiales! Rentrez chez vous.»

    Il ne viendra pas dire ensuite que ce sont ses interlocuteurs qui font preuve de fermeture, j'espère?

    • Richard Boudreau - Abonné 19 novembre 2014 09 h 59

      Le réseau de la santé fonctionne grâce à des milliers de travailleurs. Lorsque les individus sont questionnés sur leur satisfaction des services reçus, plus de 80% se disent satisfaits. C'est une bonne note de passage.

      Le principal manque à notre réseau, c'est l'accès aux médecins, surtout les médecins de famille. Qu'ont fait les fédérations médicales dont faisait partie le docteur Barrette? Obtenu plus d'argent pour leurs membres en contrepartie de moins de services. Échec à la note de passage.

  • Henri Gazeau - Inscrit 19 novembre 2014 05 h 56

    La locomotive BBB 2014 (Big Boss Barrette)

    Entre autres acteurs non gouvernementaux, l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux propose à M. Barrette de travailler ensemble.

    M. Barrette : «L’AQESSS a-t-elle résolu les problèmes du système depuis 15 ans? La réponse, c’est non» (... donc, je rejette vos propositions de dialogue).

    M. Barrette se comporte comme un nouveau PDG qui, à son entrée en fonctions, dirait au conseil d'administration déjà en place : «Vous n'avez pas obtenu de bons résultats ces 15 dernières années. Ça se passait avec mes prédécesseurs, la pression de la concurrence [le privé] est forte, vous connaissez mieux que moi la réalité du terrain, mais peu importe! Vous êtes une bande de nuls et, à partir de maintenant, je serai le seul à décider. Je prends le pouvoir de l'entreprise. Fini, les conseils d'administration et les décisions collégiales! Je me contrefiche des statuts de l'entreprise. Rentrez chez vous.»

    Il ne viendra pas dire ensuite que ce sont ses interlocuteurs qui font preuve de fermeture, j'espère?

  • Beth Brown - Inscrite 19 novembre 2014 06 h 47

    Vers de nouveaux défis...

    "La vertu secrète du fascisme et même du nazisme, c'était de neutraliser les masses, de les rendre inoffensives (Mauriac, Nouv. Bloc-notes,1961, p. 254).

    Notre mégalomane prétend faire à lui seul mieux que L’AQESSS. Mais l'enjeu c'est de tenir la férule le temps de placer ses petits pions personnels, un style d'enflure-plus à la manière de son "patron". On se rappelle que le 25 juin 2008, son ami Philippe Couillard a démissionné de ses fonctions de député et de ministre de la Santé et des Services Sociaux. Il disait vouloir aller vers de nouveaux défis. Il avait négocié avec son futur employeur alors qu'il était toujours ministre de la Santé.

    Cette réforme centralisatrice ne servira qu'à aplanir le terrain, en supprimant tous les contrepouvoirs du réseau, pour une réforme plus en profondeur encore visant à introduire de façon significative la privatisation du réseau. C'est l'objectif ultime.

    De tels comportements laisse entrevoir des agendas cachés qui sentent la magouille à plein nez: On détruit le système, on ouvre la porte aux "médico-businessmen" et on se pousse avec eux côté jardin avec la machine à sous.

    • Beth Brown - Inscrite 19 novembre 2014 07 h 50

      J'ajoute que s'il n'était pas en proie à son "super-power ego trip", c'est avec les infirmières qu'il discuterait. À part une certaine catégorie de médecins, ce sont elles qui connaissent le terrain. Ce sont elles qu'il faut écouter: elles le méritent bien!

      ERRATA:

      Dans le dernier paragraphe ci-haut:
      "De tels comportements laissent entrevoir..."
      Mes excuses

  • François Genest - Inscrit 19 novembre 2014 09 h 08

    Les bons et les méchants

    L'AQESSS reflète le poids politique des plus grosses structures du réseau. Le gouvernement ne peut pas invoquer le fait que l'AQESSS fait partie des organisateurs pour bouder cet événement. Je vais y participer en tant que citoyen bénévole dans un CSSS. Pensez-vous que je cautionne les organisateurs? Moi aussi je juge sévèrement l'AQESSS, mais ce n'est pas une raison qui peut être invoquée par le ministre concerné. C'est enfantin. C'est de séparer les acteurs du réseau en bons et en méchants. C'est incroyablement réducteur.

  • Sébastien Vigneault - Inscrit 19 novembre 2014 09 h 26

    Le vrai probleme est ailleurs!

    Ce qui gangrène le système de santé est plutôt dans la rémunération à l'acte et le corporatisme des fédérations de médecins. Tout dans les façons de faire favorise la multiplication d'acte et le vase clos. Ne rien laissez aller , ne rien déléguer , dédoublement , test inutile ou fait plus d'une fois quand on a à voir un autre spécialiste.

    Si la carte soleil est comme notre carte de crédit pour accéder au réseau, alors pourquoi je n'est pas à signer les reçus pour les services facturés ? qu'est-ce qui me dit que les services facturés sont bien les services rendus ? Et si mes cartes de crédits comporte une puces électroniques depuis des années pourquoi ma carte soleil en aurrait pas une qui pourrait contenir mon dossier médical pour éviter de faire des tests ou des traitements en double? et accélérer ou mieux orienter les diagnostiques en permetant aux médecins consultés immédiatement l'entiereté de mon dossier.

    Aussi longtemps que vous ne ferez aucuns changements en ce sens , les réels améliorations du réseau de la santé ne seront que cosmétiques.