L’AQESSS plaide pour l’autonomie

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Les gestionnaires des établissements de santé proposent à Gaétan Barrette une série d’amendements à sa réforme pour redonner un peu plus de pouvoir au réseau et diminuer les effets de la centralisation dans le cadre de la réforme. L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) demande notamment au ministre de la Santé de renoncer à plusieurs des nouveaux pouvoirs qu’il a fait inscrire au projet de loi 10.

En commission parlementaire ce mardi, l’AQESSS demandera notamment des conseils d’administration moins dépendants du pouvoir politique. « Le gouvernement fait le choix de la centralisation. […] D’immenses pouvoirs et presque 50 % du budget de l’État québécois seront concentrés entre les mains d’une seule personne », déplore l’AQESSS dans un mémoire dont Le Devoir a obtenu copie. « La mainmise sur le réseau que le ministre s’apprête à réaliser serait ni plus ni moins qualifiée dans le secteur privé de prise de contrôle hostile » ou de mise en tutelle, ajoute l’association. Elle croit aussi que, loin de réduire la bureaucratie, la réforme risque de l’accroître.

Regard sur les CA

Elle propose une série de mesures pour assurer au réseau le maintien d’une certaine indépendance. D’abord, plutôt que par le ministre, les membres des nouveaux conseils d’administration devraient être nommés par le Conseil des ministres. La sélection des administrateurs indépendants devrait, elle, faire l’objet d’une présélection par les membres des CA actuels, liste qui serait ensuite fournie au ministre.

De plus, les nouveaux CA devraient être en mesure d’élire leurs présidents, plutôt que de s’en faire imposer un depuis Québec, ajoute l’AQESSS. Pour l’association, la disparition du palier local de gestion revient à liquider les acquis de la réforme de 2005 de Philippe Couillard. À terme, la réforme pourrait « sonner le glas de la participation citoyenne en santé et services sociaux », déplore-t-elle.

L’AQESSS est par ailleurs menacée de disparition dans la foulée du projet de loi. Elle réitère que le projet de loi « marque un recul, non seulement pour le réseau, mais aussi pour la société québécoise tout entière ».

La précipitation dans laquelle Gaétan Barrette veut mettre la réforme en marche menace la qualité des services à la population, ajoute aussi l’AQESSS dans son mémoire.

1 commentaire
  • Nicole Moreau - Inscrite 11 novembre 2014 12 h 15

    Des demandes pleines de bon sens...

    mais je doute qu'elles trouvent une oreille attentive...