Le milieu communautaire outré de la solution Leitão

Le ministre des Finances Carlos Leitão
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre des Finances Carlos Leitão

Le milieu communautaire dénonce avec indignation les propos tenus par le ministre des Finances Carlos Leitão lundi.

Devant l’Association des économistes du Québec, M. Leitão a affirmé que la prestation publique de service n’était pas nécessaire, ouvrant la porte à une sous-traitance au privé et aux groupes communautaires à but non lucratif. « Il y a énormément d’organismes communautaires qui peuvent livrer des services sociaux. Ça coûte moins cher que s’il s’agit d’un réseau », a-t-il déclaré. Il a donné l’exemple des services aux enfants handicapés.

« Nous nous indignons parce que le gouvernement présente cela comme une avenue pour économiser, en profitant de façon éhontée du fait que les conditions de travail sont moins bonnes dans le communautaire qu’au public ! », s’insurge en entrevue Mercédez Roberge, de la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles.

« Dans le domaine de la santé et des services sociaux, la sous-traitance, souhaitée par le ministre Leitão, va à l’encontre des principes fondateurs de notre système de santé que sont la gestion publique, l’intégralité, l’universalité, la transférabilité et l’accessibilité des soins de santé. Nous nous opposerons vigoureusement à cette atteinte aux droits ! », a indiqué mardi dans un communiqué Nancy Bouchard, de la Coalition des tables régionales d’organismes communautaires.

« Nous ne sommes pas une solution de remplacement aux services publics », explique Mme Roberge. Elle ne digère pas que le ministre ait qualifié les organismes de « réseau étatique ». « Le financement moyen d’un groupe communautaire provient à moins de la moitié de subventions, rappelle-t-elle. Les groupes communautaires sont là pour prendre leurs propres décisions et pas pour être le lieu d’orientation d’un réseau public qui ne peut rendre les services, on ne deviendra pas les sous-traitants de l’État ! »

Mme Roberge affirme que le milieu se battra bec et ongles, tant pour le maintien des services publics que pour la préservation de l’indépendance du milieu communautaire.

17 commentaires
  • Michel Miousse - Inscrit 29 octobre 2014 05 h 30

    Ça existe déjà

    À ma connaissance, la SAAQ a déjà des organismes communautaires qui exploitent des comptoirs de service

    • Michel Vallée - Inscrit 29 octobre 2014 16 h 43

      Il existe même des organismes communautaires qui exploitent des comptoirs de Loto-Québec...

      Par exemple, l’organisme communautaire le Trait d'Union tient à Longueuil un kiosque de Loto-Québec à la Place Jacques-Cartier ainsi qu’à la Place Longueuil

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 29 octobre 2014 05 h 40

    groupes communautaires

    Une bonne idée, trouvez pas, de faire faire le travail par des gens qui ne gagnent pas de salaire ? La seule différence entre le bénévolat et l'esclavage est que l'un est «offert» et l'autre est «exigé». Si je me souviens bien, le gouvernement n'a pas le droit de demander aux prisonniers de nettoyer les bords de routes. Faites le lien mental vous-mêmes.

    J'oubliais... Les cliniques privées vont se remplir les poches, elles !

    Fait du bénévolats qu'elle me disait !


    PL

  • Daniel Le Blanc - Inscrit 29 octobre 2014 06 h 44

    Que sont les communautés devenues?

    Il faut voir si les communautés religieuses sont intéressées à revenir s'occuper des indigents, orphelins, filles-mères et malades mentaux comme à l'époque de Duplessis. On n'aura qu'une petite prière à faire et le tour sera joué. Ce qui ne coûtera vraiment pas cher. Qui veut d'un Québec moderne et laïc? Vous devez craindre les foudres du Ciel! L'État providence était une invention satanique mis sur le chemin des... oups, des Libéraux et leur équipe du tonnerre.

  • Nicole Moreau - Inscrite 29 octobre 2014 07 h 17

    j'appuie le communautaire dans sa réaction

    je connais ce secteur, pour avoir travaillé à plusieurs reprises, pendant ma carrière avec des gens oeuvrant dans le communautaire, je sais à quel point ces personnes ont le souci du bien commun.

    je partage leur point de vue, la solution Leitao, c'est celle du démantèlement du secteur public.

    je ne crois pas que la population puisse vraiment avoir envie ou besoin d'une décision allant dans un tel sens, un retour en arrière, avant même le début de la révolution tranquille, donc dans les années '50, le Québec du XXIème siècle ne peut se renier à ce point pour abandonner ce qui a été construit avec beaucoup d'énergie depuis 50 ans.

    cette position ne modifie en rien l'estime très grande que j'ai pour les groupes communautaires et leur action sur le terrain, on ne peut tout simplement pas confondre les deux.

    • Gilles Théberge - Abonné 29 octobre 2014 10 h 56

      Tout comme madame Moreau je connais intimement le milieu communautaire. J'ai constaté comment le secteur public se décharge graduellement de ses responsabilités propres, en les déversant sur les épaules des plus démunis, en prenant soin de les garder dans la dépendance.

      L'un des aspects les plus discutables de ces stratégies, c'est de fermer le clapet du milieu communautaire, en vertu du bon vienx principe voulant qu'on ne mord évidemment pas trop fort la main qui nous tends les miettes de pain...

      Cela est d'une perfidie...

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 29 octobre 2014 07 h 19

    Nous y sommes presque

    Dans très peu de temps, les Québécois réaliseront pleinement que l'État providence n'est plus et que l'État n'investira plus dans le capital humain, se tournant plutôt vers... la Chine et la main d'oeuvre temporaire provenant de l'étranger.