Les critiques s’accumulent

Une réforme qui ne peut donner les résultats promis aux patients, un projet de loi qui ne garantit pas que Gaétan Barrette tiendra ses promesses : pour la troisième journée de la commission parlementaire sur le projet de loi 10, le ministre de la Santé et des Services sociaux a dû continuer à répondre à de multiples critiques.

Le chercheur Damien Contandriopoulos est venu dire que la réforme proposée, à la lumière de la littérature scientifique disponible, « ne produira pas les résultats visés ». « Il n’y a rien dans le projet de loi qui soit susceptible de transformer la façon dont les soins sont offerts », tranche-t-il.

« Les données sont unanimes, selon le chercheur à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal. Les fusions administratives n’amènent pas l’intégration des soins. Au contraire. Elles monopolisent l’attention des administrateurs et peuvent mettre en danger la qualité des soins. Des études américaines ont même noté une augmentation de la mortalité [à la suite de fusions]. »

Ce à quoi le ministre a répliqué qu’il s’inspirait d’un des systèmes les plus performants au monde, soit celui de Kaiser Permanente, aux États-Unis.

Une « mise sous tutelle »

Les médecins résidents dénoncent de leur côté une « apparente mise sous tutelle indifférenciée à la grandeur de la province » et la centralisation des pouvoirs entre les mains du ministre.

Le président de la Fédération des médecins résident du Québec, le Dr Joseph Dahine, dit refuser de « signer un chèque en blanc » au ministre.

Comme il l’a fait à plusieurs reprises depuis le début des travaux, aux critiques du Dr Dahine, Gaétan Barrette a tenu à préciser que le projet de loi visait justement à « aborder les problèmes que vous mettez sur la table ». Le ministre s’est engagé concernant certaines de ces inquiétudes, notamment à ne pas obliger les médecins à travailler dans tous les établissements d’une région.

« Ces engagements, êtes-vous capables de les intégrer dans une réécriture du projet de loi ? », a demandé le Dr Dahine. Le ministre a acquiescé, mais précisant « des choses se disent et d’autres pas dans un projet de loi ».

« Je ne suis pas certain que la centralisation répond à la problématique sur laquelle nous sommes d’accord », a toutefois mis en doute le Dr Dahine. « Pourquoi ne pas procéder à des modifications plus chirurgicales plutôt que de faire table rase et de bouleverser le réseau pendant plusieurs années ? »

7 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Inscrit 23 octobre 2014 09 h 13

    Ma commission parlementaire

    Bonjour monsieur Barrette,d'un citoyen. Voici ma prescription pour le système de santé. Je sais lire et je lis. Bon point pour moi et merci à l'État pour l'éducation. Je sais écrire et j'écris. Autre bon point, je m'exprime, ce qui est bon pour ma santé.
    Pour la santé, il est avantageux de faire une pédagogie de la santé, pour construire la santé, en lui donnnant d'abord un bec afin de mieux l'embrasser et d'en d'y vouer un culte... basé sur une démarche de santé et une logique de santé, qui va de la prévention à la promotion à la construction par la pédagogie pour l'auto-responsabilité en matière de santé. Voici des inspirations:
    Pour l'aspect physique, je suggère le livre " The Sharp Brains Guide to Brain Fitness", pas traduit, qui englobe le corps et le cerveau en ayant en vue la santé optimale. N'est-il pas intéressant de maintenir et augmenter à tout âge la santé du cerveau? La neurogénèse est un atout!
    Pour l'aspect émotionnel, je suggère la livre " Les mots sont des fenêtres" de Marshall B. Rosenberg, qui alphabétise à la communication non violente et le livre: " The practical neuroscience of Buddha's Brain. Happiness, love and wisdom",non traduit.
    Pour la santé du mental, je suggère le livre: " J'apprends donc je suis" d'Hélène -Trocme Fabre ainsi que le livre qui explique l'apport d'Antoine de la Garanderie à l a pédagogie de l'apprentissage: " Réussir ça s'apprend" ( 1000 pages).
    Pour la santé spirituelle,allons-y pour le plus naturel: cultiver une amitié avec ses rêves nocturnes ( songes) puisque nous passons en général 8 heures avec nous-mêmes en intimité, la nuit. Le meilleur livre que je conseille est: " La révolution Transpersonnelle des Rêves" de Christian M. Bouchet. et Marc-Alain Descamps.
    Bonne journée!

    • Claude Saint-Jarre - Inscrit 23 octobre 2014 13 h 01

      N'est-ce pas merveilleux, monsieur Barrette, aucune critique relativement à cet article; que mon point de vue, si idéaliste, si optimiste. Je me précipite pour relireBuddha's Brain. Hier j'ai lu une entrevue de l'auteur, Hanson, dans le site internet Sharp Brain. Que du bon!

    • Claude Saint-Jarre - Inscrit 23 octobre 2014 13 h 06

      Comme Thich Nhat Anh, un professeur Vietnamien et auteur, en méditation, j'ai le goût de dire merci pour mon non mal de dents, merci pour mon non mal de tête!

    • Claude Saint-Jarre - Inscrit 23 octobre 2014 14 h 25

      Dans la veine moins chialante qui me guide pour cet article, je dirais aussi que je me fais un journal personnel, du moins un peu. C'est pour suivre le conseil du psychologue Ira Progoff. Puis, je note trois plaisirs par jour. Cela me fait prendre conscience de me faire plaisir et m'oblige à m'en souvenir, selon les bons conseils du médecin oncologue Carl Simonton dans son livre. Enfin, je note 5 gratitudes par jour, comme le conseille Seligman dans son livre sur la psychologie positive. C'est bon pour la santé. Il ne s'agit pas toutefois de devenir aveugle à l'esclavagisme et à l'exploitation environnantes,encore qu'il ne faille pas y consentir. ( esclavagisme de l'endettement privé et public non nécessaires).

  • Richard Coulombe - Inscrit 23 octobre 2014 09 h 41

    Ça dérange ...

    ... et tant mieux. Il était temps de redonner aux élus l'autorité qui vient de pair avec l'imputabilité (ooohhhh, quel vilain mot au Québec). Au moins, si cette réforme foire, on saura sur qui frapper. Alors que présentement, tous les responsables (sic) se cachent comme dans un banc de sardines. Comme exemple, les initiateurs des multiples réformes ratées en éducation sévissent toujours impunément derrière leurs portes closes. N'en doutez pas, les roitelets bureaucrates sont bien plus inquiets pour eux-mêmes que pour le citoyen. Un peu comme les pompiers qui tentent de nous arracher les larmes en défendant le bien fondé de leurs conditions dorées.

    • Jacques Gagnon - Abonné 23 octobre 2014 16 h 10

      Incroyable incompréhension et naïveté, monsieur Barrette a déjà pointé dans son plan ceux qu'il désignera comme responsable de sa déconfiture devenue celle des autres. De plus, ne savez-vous donc pas que monsieur le ministre n'arien d'un gestionnaire compétent, aucun actif dans son CV ? Ne savez-vous donc pas que les réformes cachent en fait une seule et même lubie, i.e. éliminer le déficit et on se fiche éperduement d'améliorer quoi que ce soit. Les politiciens passent, mais les gestionnaires eux restent car ils doivent gérer l'état et réaliser les aberrations des politiciens qui, je vous corrige, ne sont pas élus pour faire n'importe quoi.

  • Michel Cromp - Abonné 23 octobre 2014 20 h 28

    ....Le ministre s’est engagé concernant certaines de ces inquiétudes, notamment à ne pas obliger les médecins à travailler dans tous les établissements d’une région....

    Assurément la réforme ne changera pas grand chose à l'offre de service. Qui défendra donc l'accessibilité aux soins si la fédération des médecins, et le ministre lui-même, s'acoquinent afin de préserver leurs privilèges au détriment des patients.