La situation se détériore en Sierra Leone

Le nombre de personnes infectées par le virus Ebola dans l’ouest de la Sierra Leone ne cesse d’augmenter et on y recense maintenant une vingtaine de décès par jour.

Les premières infections avaient tout d’abord été décelées dans l’est du pays, il y a plusieurs semaines, mais le virus semble maintenant s’être propagé à l’ensemble de la Sierra Leone.

Une cinquantaine de nouveaux cas ont été rapportés dans la seule journée de lundi dans la capitale, Freetown, et en périphérie. On compte maintenant 851 infections dans les deux secteurs appelés Zone occidentale rurale et Zone occidentale urbaine.

Le parlementaire Claude Kamanda, qui représente une région de l’ouest du pays, a dit qu’on recense plus de 20 morts chaque jour.

M. Kamanda a déclaré au quotidien Politico que les autorités peinent à recueillir les corps de toutes les victimes, autant dans les résidences en quarantaine qu’ailleurs.

On ne déplore toutefois pas de nouvelles infections dans les districts orientaux de Kenema et de Kailahun, qui se trouvaient auparavant au coeur de l’épidémie dans ce pays et où on confirme plus d’un millier d’infections. L’Organisation mondiale de la Santé a par contre prévenu qu’il est beaucoup trop tôt pour crier victoire à cet endroit.

«Il y a eu une chute des nouveaux cas à Kenema et Kailahun et on se croise les doigts, mais il y a eu une petite éclosion en raison d’enterrements non sécuritaires, a dit Margaret Harris, une porte-parole de l’OMS en Sierra Leone. Il est donc trop tôt pour dire que nous avons un vrai déclin (...) beaucoup trop tôt pour dire que (l’Ebola) a été vaincu à cet endroit.»

Ville en quarantaine

Une publication locale a suggéré mardi au gouvernement de placer la ville de Waterloo en quarantaine, pour lutter contre l’éclosion dans l’ouest du pays. Waterloo se trouve près de la capitale, dans la Zone occidentale rurale. Le Programme alimentaire mondial a livré des denrées d’urgence aux habitants de cette ville, la fin de semaine dernière.

Des responsables ont expliqué que des déplacements incontrôlés de l’intérieur du pays vers Waterloo, puis vers Freetown, semblent alimenter l’épidémie dans l’ouest. On croit que plusieurs habitants contournent les quarantaines en place pour se rendre à Freetown en passant par Waterloo.

La Sierra Leone, la Guinée et le Libéria sont les trois pays les durement touchés par l’épidémie d’Ebola qui défèrle sur l’Afrique de l’Ouest. L’OMS affirme que le virus a été vaincu au Sénégal et au Nigeria.

La France a promis mardi de renforcer ses efforts en Guinée. Un hôpital sera construit pour soigner les travailleurs de la santé infectés, en plus des trois cliniques que la France construit déjà dans le pays. La France contribuera aussi à la formation du personnel médical.

La maladie a fait 4500 morts et 9000 victimes depuis son apparition, il y a près d’un an.
L’OMS a ajouté mardi que la recherche d’un vaccin contre l’Ebola se poursuit à un rythme accéléré.Des données concernant l’innocuité de deux vaccins potentiels sont attendues en décembre et des dizaines de milliers de doses pourraient être disponibles en janvier. Des essais cliniques se déroulent actuellement en Europe, en Afrique et aux États-Unis.

Le premier vaccin a été développé aux États-Unis et fera l’objet d’essais cliniques en Suisse d’ici la fin du mois de février. Le second, le VSV-EBOV, a été conçu au Canada et confié à des chercheurs américains qui le testeront sur des volontaires. De premiers résultats sont attendus au début du mois de décembre.

Le Canada a aussi donné 800 doses de ce vaccin à l’OMS, mais la cargaison a été retardée par une grève des pilotes du transporteur allemand Lufthansa. Elle est maintenant attendue en Suisse mercredi. Le vaccin sera testé sur des volontaires en Allemagne, au Gabon et au Kenya.

Enfin, l’Espagne a annoncé mardi que l’aide-infirmière qui avait été infectée en soignant un missionnaire malade est maintenant guérie. Teresa Romero avait notamment reçu le plasma sanguin d’un patient ayant survécu à l’Ebola. Elle devrait demeurer à l’hôpital pendant encore deux semaines.