Les agences de la santé sont utiles, plaident leurs employés

L'impact du projet de loi 10 un impact pourrait même se faire sentir dans les urgences.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'impact du projet de loi 10 un impact pourrait même se faire sentir dans les urgences.

Le projet de restructuration du réseau de la santé du ministre Gaétan Barrette va tuer la vision régionale et mettre en péril les services à la population, estiment les professionnels qui oeuvrent dans les agences de la santé, appelées à disparaître.

Par la bouche de leurs syndicats affiliés à la CSN, les syndiqués ont réfuté l’idée selon laquelle les travailleurs des agences de la santé sont des bureaucrates dont les actes n’ont pas d’impact sur les services aux patients. Pour le président de la Fédération des professionnels, le projet de loi 10 est « hospitalocentriste » et mettra à mal les services sociaux, la prévention, les soins à domicile et la santé publique.

À Montréal, un impact pourrait même se faire sentir dans les urgences, selon Jennifer Dahak, présidente du syndicat de l’agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Avec ces cinq CISSS (Conseils intégrés de santé et de services sociaux) qui remplaceront l’agence, l’île perdra en coordination régionale, laquelle permet entre autres de surveiller l’achalandage des urgences et de réagir en conséquence. « Les patients seront touchés et la population doit le savoir », insiste Mme Dahak.

En région, on craint que les grandes agglomérations ne cannibalisent les ressources. C’est le cas en Estrie, explique Étienne Blanchette, président du syndicat local de l’agence. « On va assister à une centralisation des ressources vers Sherbrooke », prédit-il.

Les impacts se font déjà sentir en raison des compressions, dit son homologue dans Lanaudière, Louise Lemire. Selon elle, la diminution du personnel dans les agences met certains programmes sur pause, notamment celui de la prévention des chutes à domicile chez les plus de 65 ans. « Chez nous, les gens sont très inquiets. La prévention et la promotion de la santé passent au second plan. »

« Nous allons perdre l’expertise locale et régionale », s’insurge pour sa part Kevin Coulombe, de l’agence de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. « Et c’est alors que nous avons une population qui vieillit plus rapidement, un haut taux de suicide chez les hommes et une population plus défavorisée », s’inquiète-t-il.