Barrette esquisse une loi spéciale, Couillard rejette son utilisation

Une loi spéciale visant à forcer les médecins à accepter l’étalement de leur hausse de rémunération est en cours de rédaction à Québec, mais le premier ministre Philippe Couillard ne semble pas souhaiter qu’elle serve.

Jeudi matin, le premier ministre a déclaré aux journalistes qu’il n’était « pas question d’une loi spéciale » pour mettre fin aux négociations avec les médecins. « Actuellement, on souhaite des ententes, a-t-il ajouté. Les omnipraticiens, je crois, ont une approche constructive. »

Mais, a de son côté indiqué le ministre de la Santé Gaétan Barrette, les grandes lignes de la loi spéciale qui toucherait les médecins spécialistes sont à l’état d’ébauche.

Cette législation serait rendue nécessaire par l’impasse des pourparlers entre le gouvernement du Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Barrette restera là

Cette sortie du ministre Barrette intervient au lendemain d’une conférence de presse de la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur, qui l’a accusé de mentir à la population et qui a réclamé l’intervention du premier ministre Philippe Couillard dans le dossier.

Le premier ministre refuse toutefois de retirer le dossier à son ministre. « L’interlocuteur, c’est le Dr Barrette, et il va le rester », a-t-il tranché jeudi.

Gaétan Barrette a précisé jeudi que depuis la sortie la veille des médecins spécialistes, il n’avait pas eu de contacts avec la FMSQ. Il a aussi soutenu qu’il n’avait même pas de proposition formelle sur la table de la part des médecins spécialistes, mais seulement des hypothèses énonçant des conditions.

Le gouvernement tente d’étaler la hausse totalisant 1,2 milliard de dollars au-delà de l’entente prévue avec les spécialistes et les omnipraticiens, qui devait se conclure en 2017. La Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ) a mis sur la table un scénario d’étalement de sept ans, en tenant compte des deux années les plus difficiles, 2014-2015 et 2015-2016, pour revenir au déficit zéro, a expliqué le ministre en la louangeant. « Aujourd’hui, nous allons contacter la FMOQ, parce que ça va mieux avec eux et c’est tellement simple », a dit Gaétan Barrette.

En revanche, la FMSQ demande des « sommes gargantuesques » pour les deux premières années, « une période où on demande à la population faire de très grands efforts », a déploré M. Barrette, qui exige une vraie proposition et non seulement ce qu’il qualifie d’hypothèse assortie de conditions.