Les médecins spécialistes appellent Philippe Couillard à l’aide

Dans une mise en scène qui se voulait spectaculaire, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a interpellé le premier ministre mercredi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Dans une mise en scène qui se voulait spectaculaire, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a interpellé le premier ministre mercredi.

On croit assister à un houleux divorce. Mercredi, les relations entre le ministre de la Santé Gaétan Barrette et son ancienne fédération se sont encore enfoncées, la présidente Diane Francoeur réclamant l’intervention du premier ministre Philippe Couillard.

Dans une mise en scène qui se voulait spectaculaire, la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a interpellé le premier ministre. « J’ai un message pour M. Couillard. On ne bâtit pas un Québec fort en négociant à coups de claques au visage, a dit la Dre Francoeur. Il faut rappeler votre ministre à l’ordre. »

Les spécialistes ont sorti l’artillerie lourde, présentant d’abord aux journalistes un montage vidéo de déclarations passées de Gaétan Barrette, apparemment pour le mettre devant les contradictions entre son discours en tant que président de la FMSQ puis en tant que ministre libéral. La Dre Francoeur était entourée d’une vingtaine de collègues, dont plusieurs revêtaient le traditionnel sarrau blanc, mais peu le sourire.

Elle réfute l’affirmation voulant que la FMSQ réclame le « beurre et l’argent du beurre » et déclare avoir fait des concessions « majeures ». « Lundi, j’ai accepté de ne toucher aucune somme la première année. Je ne peux pas aller plus bas ! » s’est-elle insurgée.

Couillard se tait, Barrette multiplie les déclarations

Diane Francoeur accuse Gaétan Barrette d’isoler les spécialistes à des fins partisanes. « Nous sommes instrumentalisés. Il est prêt à tout pour prendre ses distances et fait le calcul qu’une loi spéciale va servir ses intérêts politiques. »

Mais Philippe Couillard est resté coi. Gaétan Barrette, lui, a saisi les micros qui lui ont été tendus à plusieurs reprises dans la journée, s’absentant même du Conseil des ministres pour multiplier les déclarations.

Selon le ministre, la FMSQ veut faire diversion, alors que l’accent devrait être sur les finances publiques. « C’est une tactique connue en négociation de personnaliser le débat », a dit M. Barrette aux journalistes, reconnaissant en avoir lui-même usé avec succès par le passé. Selon M. Barrette, les concessions réclamées aux médecins représentent en moyenne le report du paiement de 60 000 $ en honoraires par an.

Vers la fin des agences de la santé ?

Abolitions, fusions, réorganisation, réduction du nombre de cadres… Le grand plan de Gaétan Barrette pour le réseau de la santé, promis pour l’automne, n’est pas encore dévoilé, mais les rumeurs se multiplient. La dernière en date concerne l’abolition pure et simple de 15 agences de la santé et des services sociaux du Québec. Selon Le Journal de Montréal, les p.-d.g. des différentes agences étaient attendus à Québec mercredi pour discuter des bouleversements à venir. « La solution demeura toujours une organisation adéquate du réseau de la santé et une accessibilité en première ligne. Nous allons avoir des annonces à cet effet dans un futur rapproché », a indiqué mercredi le ministre de la Santé. Dans un rapport publié mercredi, l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) propose justement d’abolir les agences. Mais le tout doit s’accompagner d’une décentralisation réelle. « Le ministre et le ministère contrôlent tout, les agences et les établissements ne décident de rien », déplore le directeur général de l’IGOPP, Michel Nadeau. Selon lui, une fois les budgets et les objectifs accordés par Québec, dix instances régionales devraient être responsables de remplir le mandat, avec plus de liberté. Les médecins devraient aussi être davantage imputables, plutôt que d’agir comme des entrepreneurs indépendants à l’intérieur du système, propose-t-il.
8 commentaires
  • Pierre Germain - Inscrit 18 septembre 2014 07 h 19

    Diane Francoeur joue à la vierge offensée aux intentions plus blanches que blanches. Elle répète ad nauseam que tout ce qu'elle veut, c'est soigner. Il est alors de mise de rappeler aux Québécois que les gestes de Diane Francoeur ne suivent pas ses paroles.

    Quelle sera la stratégie réelle de Diane Francoeur? Conseiller à ses médecins de ne pas payer leur assurance professionnelle pour bloquer le système tout en prétendant officiellement qu'il ne s'agit pas d'une grève? Malgré l'odieux de la chose, c'est pourtant ce que prêchait Diane Francoeur chez ses membres du temps où elle était présidente de l'association des obstétriciens-gynécologues.

    Référence (contenue dans un jugement de la cour):

    http://citoyens.soquij.qc.ca/php/decision.php?ID=0

    On peut y lire:

    "En ce qui concerne les obstétriciens-gynécologues, le ministère dépose également la pièce D-5 (Mauricie - Centre du Québec) en liasse, la pièce D-7 (CHUM) en liasse, la pièce D-10 (McGill) en liasse et la pièce D-11 (Hôpital Maisonneuve-Rosemont) en liasse. Il s’agit à toutes fins pratiques de lettres provenant d’obstétriciens-gynécologues de ces divers hôpitaux ou régions dans lesquelles il est dit que le signataire de chaque lettre, a décidé de façon individuelle, de ne pas renouveler son assurance responsabilité professionnelle à partir du 1er janvier 2007. Le signataire ajoute qu’il s’assurera uniquement en gynécologie et ne pourra plus, de ce fait, assister à un accouchement ou encore pratiquer une césarienne.
    Le ministère considère qu’il s’agit là d’actions concertées. Il dépose un communiqué de l’Association des obstétriciens et gynécologues (pièce D-4) signé par sa présidente, Dre Diane Francoeur. Dans ce communiqué, elle rappelle aux membres que le mot d’ordre du président de la Fédération est qu’il n’y aura aucune négociation tant que la Loi spéciale ne sera pas retirée et les ententes antérieures appliquées. Donc cette année, pas de négociation : pa

    • Guy Vanier - Inscrit 18 septembre 2014 09 h 26

      Je crois que Mme Francoeur a bien appris de barrette la stratégie utilisée lors des dernières négociations avec le gouvernement Marois, pour obtenir ce qu'il veux défaire aujourd'hui. (C'est payant il a reçu 1,2 million pour le faire)
      Il a l'air un peut fou de ce temps-ci, blanc aujourd'hui, noir demain.

  • Pierre Germain - Inscrit 18 septembre 2014 07 h 32

    Les demandes des médecins spécialistes n'ont plus aucune mesure avec la réalité. Ils estiment leurs contributions et leur valeur de façon farfelue bien au-delà de la valeur réelle de ce qu'ils sont réellement. Leur infatuation a atteint un niveau ridiculement élevé. En fait, leur organisation du travail n'a guère évolué et leurs interventions, bien qu'efficaces quand on y a finalement accès, sont effectuées sous-optimalement car tout changement leur serait pécuniairement défavorable. La rémunération à l'acte a fait son temps et, comme le Québec s'est débarrassé du diktat de la religion, il est temps qu'il s'affranchisse du diktat médical.

    • Guy Vanier - Inscrit 18 septembre 2014 09 h 35

      Monsieur Germain,
      Vous avez oublié que la raison de barrette était que nos médecins avaient un énorme rattrapage $$$$ à faire et que nous en perdrions plusieurs......
      Soudainement ça n'est plus le cas?
      Je ne suis pas docteur, j'en perd mon latin.
      Expliquez moi ça encore une fois...... Vite avant qu'il change d'idée.

    • Guy Vanier - Inscrit 18 septembre 2014 09 h 35

      Monsieur Germain,
      Vous avez oublié que la raison de barrette était que nos médecins avaient un énorme rattrapage $$$$ à faire et que nous en perdrions plusieurs......
      Soudainement ça n'est plus le cas?
      Je ne suis pas docteur, j'en perd mon latin.
      Expliquez moi ça encore une fois...... Vite avant qu'il change d'idée.

    • simon villeneuve - Inscrit 18 septembre 2014 12 h 08

      Ce rattrapage etait une arnaque.
      Les medecins ne peuvent demander la parite salariale avec l'Ontario et l'ouest canadien quand le cout de la vie est nettement superieur qu'au Quebec.

      Une donnee que les medecins ne prennet pas en consideration...

  • simon villeneuve - Inscrit 18 septembre 2014 12 h 14

    Je conseille aux medecins d'eviter M.Couillard.

    Car ce pourrait etre des reductions salariales retroactives avec M.Couillard aux lieu de simplement allonger dans le temps des hausse salariales avec M.Barrette...

    Les employes munipaux sont au courant de la "medecine" du docteur Couillard !

    Deja, vous medecins, ne perdez pas vos augmentations salariales.
    Comptez vous chanceux ...

  • Richard Larouche - Inscrit 18 septembre 2014 13 h 27

    Mélodrame

    Le médecins spécialistes devraient se compter chanceux. Primo, leur salaire est déjà très élevé. Secundo, il n'est pas question de leur faire subir des baisses de salaires rétroactives comme c'est le cas pour d'autres travailleurs qui sont beaucoup moins bien payés.