Une stratégie axée sur le patient

Michel Bélair Collaboration spéciale
La Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) cherchera à stimuler la recherche en santé de façon à ce qu’elle ait des retombées encore plus directes sur les patients.
Photo: Université de Sherbrooke La Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) cherchera à stimuler la recherche en santé de façon à ce qu’elle ait des retombées encore plus directes sur les patients.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Dans le but de créer encore plus de synergie entre les provinces et les territoires dans le secteur de la recherche en santé, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont lancé il y a peu une stratégie d’envergure pancanadienne : la SRAP, pour « Stratégie de recherche axée sur le patient ».

 

Le but de cette approche est d’abord de « faire en sorte que le bon patient reçoive les bons soins au bon moment », peut-on lire sur le site Internet des IRSC. Plus précisément encore : « L’objectif de la SRAP consiste à se doter de soins de santé fondés sur des données probantes en instaurant des méthodes diagnostiques et thérapeutiques innovatrices au lieu d’intervention, afin d’améliorer la qualité et l’accessibilité des soins, ainsi que la reddition de compte. »

 

Rien de moins.

 

Un projet tout neuf

 

Pour y parvenir, la nouvelle stratégie cherchera donc à stimuler la recherche en santé de façon à ce qu’elle ait des retombées encore plus directes sur les patients… ce qui rejoint un des objectifs premiers du Fonds de recherche québécois en santé (FRQS).

 

Comme nous l’expliquait en entrevue le directeur scientifique du FRQS, M. Renaldo Battista, la SRAP est une sorte de coalition nationale de partenaires mettant en commun les données tout comme les résultats de la recherche en santé.

 

« C’est une initiative bien concrète visant à développer de nouvelles synergies, commente-t-il. C’est un bel exemple de la nécessité d’aborder, à travers de nouveaux partenariats, de nouvelles façons de faire en pensant d’abord au patient. » En plus de favoriser la mise en place d’une même méthodologie de recherche pouvant s’appliquer plus facilement partout à travers le Canada, la stratégie devrait aussi mener à un meilleur transfert des résultats de la recherche vers le patient, où qu’il soit sur le territoire.

 

Au Québec, la SRAP est encore un projet tout neuf que l’on est en train de finaliser. Le Fonds en est ainsi à développer et à ficeler concrètement des partenariats en ce sens avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et le milieu universitaire. Toutefois, l’on sait déjà que la stratégie globale sera gérée par l’Université de Montréal en lien avec les Réseaux universitaires intégrés en santé (RUIS).

 

Le but recherché est de mettre sur pied des « unités de soutien à la recherche » que les IRSC définissent comme « des noyaux multidisciplinaires accessibles localement et regroupant des ressources spécialisées en recherche, des connaissances sur les politiques et de l’information sur la perspective des patients. Ces unités fournissent l’expertise nécessaire à la recherche axée sur le patient et contribuent à guider les réformes en fonction des besoins de santé locaux. De plus, elles orientent et facilitent la prise de décisions dans le contexte des services de santé, encouragent la mise en oeuvre de pratiques exemplaires et favorisent la collaboration entre chercheurs participant à la recherche axée sur le patient. »

   

Mieux prioriser les projets

 

Au Québec, explique le directeur scientifique du Fonds, ces « unités de support » seront donc en lien avec les RUIS des quatre grandes universités : Laval, Montréal, McGill et Sherbrooke. Rappelons que les RUIS des quatre universités couvrent l’ensemble du territoire québécois.

 

« Ces unités de support s’appuieront sur l’expertise et les besoins des RUIS, poursuit notre interlocuteur. Elles peuvent mieux cerner les besoins des patients et y répondre efficacement en facilitant la recherche. Cela veut dire que l’on pourra mieux prioriser les projets de recherche en mettant en place un écosystème où les échanges seront plus continus et encore plus concrets entre les chercheurs, les cliniciens et les patients. Cela permettra aussi un meilleur raccordement avec le volet social, qui est une de nos préoccupations. Tout cela démarre à peine, mais nous sommes déjà enthousiasmés, au Fonds, par les efforts déployés par tous ceux et celles qui sont impliqués dans le projet. »

 

On sait maintenant que c’est le docteur Marie-Dominique Beaulieu qui prendra la direction de la SRAP au Québec. Sur le portail de l’INESSS, on peut découvrir qu’elle « a participé à de nombreux groupes scientifiques […] et s’est intéressée à l’étude des facteurs favorisant l’adoption des lignes directrices de pratique par les professionnels de la première ligne. Plus récemment, elle s’intéresse à l’organisation du travail et à la collaboration professionnelle en tant que déterminant de la qualité des soins ».

 

Dans le cadre de la SRAP, le docteur Beaulieu aura à gérer, en plus de jeter un regard sur les travaux des équipes multidisciplinaires à l’oeuvre dans les RUIS, un budget global de 32 millions de dollars répartis sur cinq ans. Ce financement proviendra de plusieurs sources et fera même appel à un PPP, précise M. Battista : les IRSC contribueront à hauteur de 16 millions alors que le Fonds, le ministère et Merck Canada (4 millions $) viendront compléter le budget global.

 

Soulignons en terminant qu’à travers le Canada, 106 intervenants divers ont répondu à l’appel de déclaration d’intérêt lancé par les IRSC en février 2013 au sujet de la Stratégie de recherche axée sur le patient. Ces déclarations d’intérêt ont permis d’éclairer les IRSC sur la capacité de recherche en santé dans les domaines prioritaires déterminés à la suite d’une consultation auprès de citoyens et de partenaires des provinces et des territoires.

 

Déjà, le comité directeur national a désigné deux réseaux ciblés pour réaliser les objectifs de la SRAP : le Réseau de recherche sur la santé mentale des adolescents et le Réseau des innovations en soins de santé intégrés et de première ligne.

 

On en saura plus sur cette initiative en consultant le site des IRSC.