Blitz de négociations sur fond de grogne

Un blitz de négociations débute ce soir entre le gouvernement et les fédérations médicales. Avant d’en arriver à l’arme ultime qu’est une loi spéciale, le ministre de la Santé Gaétan Barrette souhaite qu’un marathon de discussions permette d’en arriver à une entente sur l’étalement des hausses dues aux médecins en vertu de leurs ententes.

 

« J’espère que les deux fédérations vont considérer qu’il faut bouger », a dit le ministre Barrette mercredi matin, ajourant qu’il en allait de « la viabilité de notre système de santé ». « Le blitz durera le temps qu’il durera, mais ça ne peut pas être éternel », a-t-il ajouté.

 

Mais la discussion commence par un haussement de ton. Dans un éditorial publié dans la dernière édition du magazine Le Spécialiste, la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Diane Francoeur, affirme qu’il y a longtemps qu’elle n’a pas vu autant de ses collègues être « outrés ».

« Le sentiment d’amour-haine efface le sentiment d’ambivalence qui prévalait lorsque notre nouveau ministre est entré en fonction », écrit-elle. « L’automne sera difficile », annonce-t-elle aux membres de la FMSQ. « Pour nous, il s’agit d’un affront majeur » que d’ouvrir une entente négociée, ajoute-t-elle, évoquant un véritable « bris du lien de confiance » avec le gouvernement. « Nous nous tiendrons debout jusqu’au bout, peu importe », conclut-elle.

 
Message publicitaire
 

Mercredi, les médecins spécialistes ont aussi commencé à diffuser un message publicitaire sur les grandes chaînes de télévision. Diane Francoeur y déplore que le gouvernement « ne respecte plus sa parole », alors que l’entente a été signée par Philippe Couillard lui-même en 2006. « On veut vous soigner », scande-t-elle. « Les médecins spécialistes sont encore prêts à faire leur part. Nous, nous sommes de bonne foi. »

 

On comprend que les médecins, loin de croire qu’ils pourront en arriver à une entente, se préparent au pire. « Si la tendance se maintient, il faut malheureusement prévoir un affrontement prochain entre les médecins et le gouvernement », écrit, toujours dans Le Spécialiste, Me Sylvain Bellavance, directeur des affaires juridiques et négociation à la FMSQ.