Âpres négociations en vue entre Québec et les médecins

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette
Photo: Clément Allard La Presse canadienne Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

Après une longue pause cet été, les négociations entre les médecins et Québec doivent reprendre la semaine prochaine. Chacun fourbit ses armes en vue de l’automne et s’impatiente : alors que les médecins réfléchissent aux moyens de pression à leur disposition, le ministre de la Santé Gaétan Barrette évoque l’urgence, sans rejeter totalement la possibilité d’un recours à une loi spéciale.

 

Questionné par les journalistes mercredi matin, le ministre a refusé, sans en écarter la possibilité, de brandir le spectre d’une loi spéciale pour forcer les médecins à accepter un étalement des hausses de rémunérations qui leur sont dues. « Mais la négociation ne peut pas être éternelle, a averti le ministre. Les médecins doivent comprendre la situation budgétaire du Québec et faire des propositions qui vont atteindre les objectifs. »

 

Le ministre affirme avoir convoqué les deux fédérations de médecins à une rencontre la semaine prochaine. « Je suis très patient, a affirmé Gaétan Barrette, mais je ne peux pas l’être à l’infini. Dans les prochaines semaines, des décisions seront prises. »

 

Les fédérations n’ont pas rencontré Québec depuis la mi-juillet. Les omnipraticiens évoquent la possibilité de mettre en place des moyens de pression si Québec se montre intraitable. « Pour nous, le statu quo est inacceptable », dit le directeur des communications de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Jean-Pierre Dion. « Nous n’allons pas arrêter de voir des patients », explique-t-il, mais des moyens de pression administratifs ne sont pas exclus. « Nous évaluons toutes nos options. S’il y a une fermeture complète du côté du gouvernement, on va voir d’une part comment on peut se faire entendre et d’autre part comment on peut faire contrepoids et être imaginatifs pour améliorer les services aux patients. »

 

Silence radio

 

Les médecins spécialistes affirment que la balle est dans le camp de Québec. « C’est le silence radio depuis que nous avons fait une offre le 17 juillet », rappelle Diane Francoeur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). « Si la seule solution recevable pour le ministre c’est la sienne, ça n’arrivera pas, poursuit-elle. Nous n’envisageons pas de moyens de pression pour l’instant. Mais légalement, reste que nous avons des recours puisqu’il s’agit du respect d’une entente signée. » La FMSQ a par ailleurs lancé une campagne de publicité radiophonique sur le thème « nous, nous sommes de bonne foi ».

 

Rappelons que les négociations portent sur le report de hausses de rémunération consentie aux médecins, dont il reste 1 milliard à distribuer sur deux ans.

8 commentaires
  • simon villeneuve - Inscrit 4 septembre 2014 01 h 02

    C'est rire du monde ?

    "sans en écarter la possibilité, de brandir le spectre d’une loi spéciale pour forcer les médecins à accepter un étalement des hausses de rémunérations qui leur sont dues."

    On parle pas ici de diminution salariale et ca "chiale" quand meme.

    J'imagine de faire une loi speciale pour des impots retroactifs pour les medecins au lieu d'une augmentation salariale (comme ce que les fonctionnaires vont subir, des impots retroactifs sont le meme principe que la loi 3 sur les regimes de retraites).
    Au moins ils "chialeraient pour une vraie raison !

    Apres le monde dit que c'est les fonctionnaires qui sont gras durs...

  • Pierre Labelle - Inscrit 4 septembre 2014 05 h 58

    La sauce Barrette.

    Le ministre brandit déjà la menace d'une loi spécial, c'est ce qu'il appelle négocier....
    Ce qui était bon hier pour ce Barrette alors qu'il était président des médecins spécialistes du Québec, n'est plus convenable pour ce même "grand chef" devenu ministre, étrange que la sauce aie tournée...

    • Murray Henley - Inscrit 4 septembre 2014 21 h 23

      Les médecins vont encore gagner

      Comme d'habitude, les médecins vont gagner, car ils tiennent la population en otage. Ils n'auront qu'à ébaucher l'amorce d'une grève du zèle pour que le gouvernement cède.

      L'entente à venir consistera essentiellement à enrober les augmentations consenties aux médecins de manière à donner l'impression que ceux-ci font un effort.

  • Pierre Germain - Inscrit 4 septembre 2014 07 h 03

    Comment justifier des augmentations aux médecins de 60%, sans aucune amélioration ni de la quantité ni de la qualité ni de l'accessibilité des soins, alors que Couillard laissent entendre aux employés de l'État qu'ils seront chanceux si leur salaire n'est pas gelé? Ah oui! C'est ça! Seuls les médecins ont des dépenses et subissent les affres de l'inflation.

  • Guy Vanier - Inscrit 4 septembre 2014 07 h 09

    Tout un magicien ce barrette!

    Il négocie une entente pour les médecins, bravo! Tout ce beau monde signe de bonne foi une entante déraisonnable.
    Il quite et les médecin lui donnent une prime de 1,2 million. ( en remerciement??)
    Maintenant il s'organise pour ne pas tenir l'engagement qu'il a signé et les menace d'une loi spécial.
    C'est du cirque tout ça...... Avons nous des amuseurs public à l'assemblée nationale ??

  • Pierre Germain - Inscrit 4 septembre 2014 07 h 23

    Il semble que les médecins poussent leur chance trop loin, à exiger d'avoir scandaleusement plus alors que leur productivité est en déclin.

    Voir l'article paru dans Le Devoir le 15 février 2014:
    http://m.ledevoir.com/societe/sante/400098/la-prod

    On peut y lire:

    Malgré les critiques du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette, Damien Contandriopoulos persiste et signe. À la lumière des données de 2012 de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), rendues disponibles vendredi, il avance que la productivité des médecins québécois recule, alors que leurs revenus, eux, croissent.