Mammographie: le numérique est supérieur, selon les radiologistes

Les radiologistes soutiennent qu’à l’usage, le taux de faux positifs diminuera.
Photo: Joël Saget Agence France-Presse Les radiologistes soutiennent qu’à l’usage, le taux de faux positifs diminuera.

Le président de l’Association canadienne des radiologistes, le Dr Jacques Lévesque, croit qu’il ne faut pas s’alarmer de l’augmentation du taux de faux positifs observée avec l’avènement des appareils de mammographie numériques.

 

« Avec le numérique, la qualité n’est pas comparable, c’est passer d’une photo floue à une photo haute résolution », illustre le Dr Lévesque, qui croit que le programme québécois de dépistage du cancer du sein est l’un des meilleurs.

 

Il réagissait à une étude de l’INSPQ qui met en lumière que, si les mammographes numériques sont tout aussi fiables que leurs ancêtres à film, ils augmentent la détection de faux positifs, et donc les examens complémentaires parfois inutiles pour les femmes. Cela peut entraîner du stress pour les patientes et des coûts supplémentaires pour le système de santé, sans que davantage de cancers du sein soient découverts.

 

« Nous voyons des choses qu’on ne voyait pas avant, des anomalies plus petites », dit le Dr Lévesque. Cela entraîne inévitablement des examens de rappel et des biopsies pour confirmer le diagnostic.

 

Le radiologiste croit qu’à l’usage, le taux de faux positif diminuera. « C’est un processus en amélioration, nous sommes encore en transition »,dit-il. Une nouvelle technologie disponible sur les nouveaux mammographes numériques pourrait même diminuer les faux positifs, selon le Dr Lévesque. « La tomosynthèse permet de mieux voir, surtout quand les femmes ont les seins denses, et de réduire de 20 à 40 % les examens de rappel », dit-il. Sans compter que les appareils plus récents émettent moins de radiations. Selon lui, « les radiologistes sont de plus en plus prudents et aguerris, car ils ne veulent pas laisser un cancer passer inaperçu. Et la grande majorité des patientes est satisfaite par cette approche. »

 

« Le taux de référence, soit le taux d’examens de rappel faisant suite à la mammographie, est malheureusement en hausse pour différentes raisons. Ces examens de rappel peuvent causer une certaine inquiétude chez les patientes »,reconnaît le président de l’Association des radiologistes du Québec, le Dr André Constantin. Dans une lettre envoyée au Devoir, il précise que des efforts sont faits pour « corriger cette situation ».


Stade précoce

 

Mais, écrit le Dr Constantin, « il ne faut toutefois pas oublier que la priorité reste de dépister les cancers à un stade précoce afin de pouvoir les traiter rapidement, ce que le programme réussit. La diminution du taux de rappel ne doit certainement pas se faire au détriment du dépistage et de la santé des femmes du Québec. »

 

Les femmes sont encouragées à passer une mammographie de dépistage aux deux ans entre 50 et 69 ans.

1 commentaire
  • François Beaulé - Abonné 22 août 2014 06 h 58

    Dr Jacques Lévesque n'a pas répondu à la principale question

    « Avec le numérique, la qualité n’est pas comparable, c’est passer d’une photo floue à une photo haute résolution ». Cela explique l'augmentation des faux positifs.

    Mais, selon l'étude de l'Institut national de santé publique du Québec, pour les appareils CR autant que DR, le taux de cancers détectés est statistiquement équivalent à celui de l’ancienne technologie à film. Voilà où se situe le véritable problème. Les anomalies supplémentaires détectées par la meilleure résolution semblent être toutes non-cancéreuses. Comment le Dr Lévesque explique-t-il le fait que les radiologistes du Québec (ou du Canada?), avec la technologie numérique, ne réussissent pas à détecter davantage de cancers à un stade précoce?