L’AMQ aimerait moins de médicaments

Entre autres idées, l’AMQ propose la mise en ligne de calculateurs de risques chirurgicaux et autres outils de prise de décision, destinés tant aux patients qu’aux médecins.
Photo: Thinkstock Entre autres idées, l’AMQ propose la mise en ligne de calculateurs de risques chirurgicaux et autres outils de prise de décision, destinés tant aux patients qu’aux médecins.

Afin de contrer le surdiagnostic, qui pèse autant sur les patients que sur le réseau de la santé et les finances publiques, l’Association médicale du Québec (AMQ) demande la collaboration du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Car l’excès d’analyses sanguines ou d’imageries par résonance magnétique, par exemple, entraîne le diagnostic de maladies qui n’auraient jamais causé ni symptômes ni mort et l’administration de traitements dont les coûts et les risques dépassent les bénéfices.

 

Il faut combattre la certitude que « plus, c’est mieux » en matière de soins de santé, selon l’AMQ. Publiant un premier plan d’action, les médecins sollicitent le ministre afin de « coordonner les efforts qui devront être déployés dans les prochaines années ».

 

Éliminer 20 % des tests diagnostiques inutiles pourrait permettre d’économiser jusqu’à 5 milliards, selon les estimations de l’AMP. « Le surdiagnostic, ce n’est pas seulement la faute des médecins, dit le Dr Laurent Marcoux, président de l’AMQ, qui oeuvre à sensibiliser ses pairs. Il y a aussi les patients, le système, la culture dans laquelle on baigne. »

 

Entre autres idées, l’AMQ propose la mise en ligne de calculateurs de risques chirurgicaux et autres outils de prise de décision, destinés tant aux patients qu’aux médecins. Évidemment, ces guides devraient être élaborés à partir des données scientifiques probantes.

 

Le Dr Marcoux donne l’exemple du banal mal de dos, qui afflige bon nombre de Québécois. « On peut bien demander une imagerie par résonance magnétique. Mais que fait-on avec le résultat ? Le même traitement que sans l’examen », explique-t-il. Or, le patient en récoltera une dose d’inquiétude, en plus d’une irradiation qui aurait pu être évitée.

 

Le ministre Barrette ne rencontrera pas l’AMQ, indique son attachée de presse, car la question relève du Collège des médecins. Mais « la réflexion sur la pertinence des soins et des examens est amorcée au ministère », indique Marie-Ève Morneau.

3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 19 août 2014 07 h 46

    Une question de "culture"

    Mais qui donc à instauré "la culture dans laquelle on baigne".

  • Roxane Bertrand - Abonnée 19 août 2014 09 h 39

    Sur diagnostic et surmédicalisation

    La surmédicalisation a comme impact bien pire que des frais, elle tue. On appelle ça les maladies iatrogéniques.

    Ces maladies se soignent par des approches centrées sur les besoins réels des patients, et par l'objectivité de ceux-ci par rapport aux soins.

  • Louise Melançon - Abonnée 19 août 2014 10 h 11

    Enfin une bonne analyse!

    Il ne fait aucun doute pour moi qu'au Québec, les coûts de la santé pourraient être diminués si on n'avait pas cette culture ... trop de surdiagnostic, trop de médicaments, une mentalité de dépendance vis-à-vis de la médecine, la peur de la maladie, de la souffrance, de la mort.... On manque d,acceptation de notre condition humaine,,,, et on survalorise la médecine technologique!