L’OMS lance son plan d’aide pour contrer l’Ebola

L’orateur public Alfred Sirleaf commente l’actualité, entre autres les ravages du virulent virus Ebola dans quatre pays africains maintenant, en présentant sur son tableau noir les faits saillants à la foule qui se rassemble devant lui sur une place publique de la capitale du Liberia, Monrovia.
Photo: Jonathan Paye-Layleh Associated Press L’orateur public Alfred Sirleaf commente l’actualité, entre autres les ravages du virulent virus Ebola dans quatre pays africains maintenant, en présentant sur son tableau noir les faits saillants à la foule qui se rassemble devant lui sur une place publique de la capitale du Liberia, Monrovia.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prend les grands moyens pour enrayer la propagation du virus Ebola qui fait rage dans quatre pays de l’Afrique de l’Ouest. Un plan d’aide de 100 millions de dollars sera annoncé ce vendredi, en présence des présidents de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone, qui sont aux prises avec cette épidémie de fièvre hémorragique qui a touché à ce jour plus de 1300 personnes et fait 729 morts.

 

« L’ampleur de l’épidémie d’Ebola et la menace persistante qu’elle pose exigent une réponse à un nouveau stade, ce qui nécessitera une augmentation des ressources », a déclaré la Dre Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS. 

 

Ce plan de lutte servira principalement à venir en aide aux pays touchés, mais il permettra aussi de renforcer les systèmes de prévention dans les pays voisins et de mieux évaluer les capacités mondiales à faire face à une plus grande propagation si jamais tel devait être le cas. D’après l’OMS, des centaines d’équipes de travailleurs humanitaires doivent rapidement être déployées sur le terrain pour prêter main-forte aux pays touchés et contenir l’épidémie. Des centaines de travailleurs, dont 120 employés de l’OMS, sont déjà sur le terrain, mais ils ne suffisent pas à la tâche. Il faut davantage de médecins, d’infirmières, d’épidémiologistes, de logisticiens et de gestionnaires de données.

 

Du renfort sur le terrain

 

Aux États-Unis, une cinquantaine d’experts seront déployés dans la région au cours des 30 prochains jours. Mais, selon le Dr Tom Frieden, le directeur des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies, il faudrait au mieux « de trois à six mois pour enrayer l’épidémie ».

 

Ici au pays, le gouvernement Harper a confirmé que deux laboratoires mobiles ont été mis à la disposition des intervenants sur le terrain. Une dizaine d’experts de l’Agence de la santé publique du Canada et de travailleurs humanitaires oeuvrant pour des ONG sont aussi sur place. « Nous travaillons avec l’OMS pour aider sur le terrain les spécialistes » a indiqué la Dre Theresa Tam, qui est la directrice générale du Centre de mesures et d’interventions d’urgence à Ottawa.

 

Jusqu’à présent, le Canada a offert 1,41 million de dollars pour lutter contre l’Ebola sur le terrain. Des précautions ont aussi été prises au pays, dans les aéroports et aux frontières, au cas où une personne provenant des pays touchés arriverait en affichant des symptômes. Les hôpitaux et le laboratoire national de microbiologie se tiennent aussi aux aguets. « Mais le risque pour le Canada est faible », tient à dire Mme Tam, en rappelant que le virus Ebola s’attrape uniquement au contact des fluides d’une personne infectée et d’animaux. Dans le site Internet de l’Agence, Ottawa n’a émis aucune restriction de voyage ayant trait à l’épidémie d’Ebola, mais toute personne qui compte se rendre dans les pays touchés devrait s’informer sur les risques de contagion.


État d’urgence

 

Le virus Ebola est l’un des plus virulents et il cause très souvent la mort. En Sierra Leone, le président Ernest Bai Koroma a d’ailleurs décrété jeudi l’état d’urgence afin de lui permettre de prendre des mesures plus fermes sur une période de 60 à 90 jours. « Le défi est exceptionnel », a-t-il déclaré, en ajoutant que diverses mesures avaient été prises pour contenir l’épidémie. Les personnes se trouvant au coeur des foyers de l’Ebola ont notamment été mises en quarantaine et des perquisitions ont été faites pour repérer d’éventuels malades.

 

Au Liberia, la présidente Ellen Johnson Sirleaf a annoncé que certaines localités avaient été mises en quarantaine et que l’accès serait limité aux personnels des services de santé. Elle a aussi mis tout le personnel non essentiel du secteur public en congé obligatoire de 30 jours, en plus d’avoir fermé toutes les écoles.

 

Les deux présidents ont également annulé leur participation au sommet des leaders africains, prévu la semaine prochaine à Washington. Malgré la crise, des représentants du gouvernement Obama ont indiqué que le sommet aurait quand même lieu.

 

Ailleurs en Afrique centrale et de l’Est, de nombreux pays ont pris des mesures de précaution dans leurs aéroports et des rassemblements ont été annulés. En Europe tout comme en Asie, les autorités suivent de près l’évolution de cette épidémie circonscrite, pour le moment, dans quatre pays. Un cas a finalement été confirmé au Nigeria.

2 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 1 août 2014 02 h 14

    Mesures insuffisantes

    Jusqu'à présent les autorités sanitaires misent sur la détection des passagers atteints de fièvre. Il existe un grand risque de passer à côté. Certaines personnes peuvent être porteuses de la maladie mais non encore malades.

    Ces gens vont serrer des mains, embrasser des amis et voir une foule de monde. Le virus sera répandu.

    C'est à partir de là qu'il faut redouter une contagion générale. Il faut cibler les voyageurs en provenance de ces pays.

  • Roland Guerre - Inscrit 1 août 2014 05 h 13

    Un rude adversaire

    Les mesures de précaution, les efforts de prévention, ne sont qu'une préface à la lutte contre le virus, qui nécessite un vigoureux programme de recherche, à étendre à la famille des fièvres hémorragiques.