Aucun domaine médical sous la barre des 200 000 $

Les hausses salariales sont le fruit des dernières négociations conclues en 2007 par Gaétan Barrette, aujourd'hui ministre de la Santé.
Photo: Clément Allard La Presse canadienne Les hausses salariales sont le fruit des dernières négociations conclues en 2007 par Gaétan Barrette, aujourd'hui ministre de la Santé.

La rémunération moyenne brute des médecins de famille a atteint 264 673 $, contre plus de 384 129 $ pour leurs confrères spécialistes, selon les plus récentes données disponibles. Aucun domaine de la médecine ne se trouve plus sous la barre des 200 000 $ par an.

 

De plus, les sommes versées aux médecins ont dépassé les prévisions de Québec. Il en a coûté 28,2 millions de plus que prévu pour les omnipraticiens, et 99,7 millions de plus pour les spécialistes en 2013-2014.

 

Ces données sont contenues dans l’étude des crédits du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), dont les documents ont été déposés à la fin juin à l’Assemblée nationale. Elles confirment la tendance à la hausse qui a cours depuis quelques années.

 

Entre 2008-2009 et 2012-2013, la rémunération moyenne brute des omnipraticiens a crû de 28 %, contre 22 % pour les spécialistes.

 

Comme il y a aussi eu croissance du nombre de médecins, l’enveloppe budgétaire totale consacrée à leur rémunération a crû davantage, soit de 52 % entre 2008-2009 et 2013-2014. Elle atteint 6,2 milliards. Québec prévoit que la facture s’élèvera à 6,5 milliards pour l’année financière actuelle.

 

Ces hausses sont le fruit des dernières négociations conclues en 2007 par Gaétan Barrette, alors président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui avait comme homologue Philippe Couillard comme ministre de la Santé.

 

Par rapport à l’année 2006-2007, l’enveloppe consacrée aux médecins aura crû de 91 % en 9 ans, au 31 mars 2015. L’objectif était, entre autres, de combler l’écart qui existait entre les médecins du Québec et du reste du Canada.

 

Spécialités : revenus inégaux

 

La spécialité la plus payante demeure la radiologie, avec une rémunération brute moyenne de 628 819 $.

 

Deux spécialités arrivent en queue de peloton et rémunèrent moins bien que la médecine de famille, soit la santé communautaire et l’endocrinologie. La santé communautaire est la spécialité requise pour occuper un poste de directeur de la santé publique, fonctions abandonnées simultanément par six directeurs la semaine dernière pour des raisons, justement, salariales.

 

Les hausses n’ont pas été distribuées également entre tous. Pendant que la rémunération des médecins d’urgence croissait de 8 %, celle des anatomopathologistes bondissait de 48 %. Dans le déploiement de l’entente qui lie Québec aux médecins spécialistes, la distribution des hausses peut s’étaler dans le temps pour les différentes spécialités.

 

L’écart entre les omnipraticiens et les spécialistes s’est légèrement amenuisé. Alors qu’un médecin de famille gagnait 65 % de la rémunération d’un spécialiste en 2008-2009, en 2012-2013, c’est 69 %.

 

Il reste encore deux années de hausses à distribuer aux médecins, en fonction des ententes conclues avec leurs fédérations médicales. Les discussions pour étaler ces hausses d’environ 1 milliard de dollars et réduire la pression sur les finances publiques sont toujours en cours. Québec a proposé un étalement sur 15 ans, puis sur 10 ans, deux propositions qui ont été jugées inacceptables par les fédérations médicales. En attendant une entente, aucune augmentation n’a été versée aux médecins cette année.

 

63 commentaires
  • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 15 juillet 2014 01 h 25

    Le retour de la saignée

    En 2014, il semble que les médecins aient rapporté la vielle pratique de la saignée.

    Cette fois elle est simplement à un autre niveau.

    • Carole Jean - Inscrite 15 juillet 2014 13 h 49


      En effet, ces chiffres montrent tout cru les effets pervers du cartel
      médical :

      « Entre 2008-2009 et 2012-2013, la rémunération moyenne brute des omnipraticiens a crû de 28 %, contre 22 % pour les spécialistes....La rémunération...des anatomopathologistes bondissait de 48 %. »
      Et, « il en a coûté 28,2 millions de plus que prévu pour les omnipraticiens, et 99,7 millions de plus pour les spécialistes en 2013-2014. »
      Ils se sont bien payer la traite, les gros médecins !
      Et, une fois au pouvoir, ils vont faire la démonstration de leur incompétence.

    • lise pelletier - Inscrit 15 juillet 2014 18 h 20

      Depuis des années, on nous rabat les oreilles que peu importe les sondages, la santé est la priorité 1 des québécois.

      Voilà qui ouvrait toute grande la porte pour abuser de la vulnérabilité des gens par les chefs syndicalistes des médecins spécialistes (Barrette étant radiologue) et médecins omnipraticiens, tout ceci avec l'aide de Couillard et Bolduc dans chacune de ces sphères et tour à tour ministre de la santé.

      Tout ceci a été fait légalement avec aucun sens de la moralité.

      Si des sondages avaient lieu aujourd'hui, la priorité no.1 serait peut-être la justice, mais dans ce domaine aussi règne l'injustice.

  • alain petel - Inscrit 15 juillet 2014 05 h 42

    Serrer sa ceinture

    Il semble que M. Barrette ait largement profité d'un système qu'il a lui-même mis en place. Aujourd'hui, ne devrait-il pas lui-même se serrer la ceinture ? Du moins, en est-il capable ?

  • Jacques-André Lambert - Abonné 15 juillet 2014 05 h 42

    Productivité des médecins de famille

    Données pour 2012 selon l’Institut C.D. Howe.

    Nombre de médecins de famille par 100 000 habitants : Québec : 115 / Ontario : 100.

    Patients orphelins : Québec : 15% / Ontario : 4%.

    Heures travaillées / semaine par les médecins de famille : Québec : 34,9 heures (médecins de moins de 45 ans : 32,7 heures) / Ontario : 43 heures.

    Patients inscrits par médecin : Québec : 1081(moins chez les plus jeunes) / Ontario : 1539.

    Ainsi, il y a plus de médecins de famille au Québec. Mais ces derniers soignent 30% moins de patients que leurs collègues ontariens. Bien normal, ils travaillent une journée de moins (8 heures) par semaine.

    Source : Claude E. Forget, ex-ministre de la Santé et des Services sociaux, « Le
    mystère des médecins québécois évanouis », Institut C.D. Howe, mai 2014.

    • Roxane Bertrand - Abonnée 15 juillet 2014 09 h 10

      Vos chiffres en disent long. Cependant, ils ne calculent pas la perte d'efficacité dans le système administratif. Le Québec ne doit vraiment pas être à son avantage là aussi.

      Devrait-on transformer notre système de santé sur le modèle norvégien? Je pense qu'on améliorerait grandement notre efficacité et économiserait énormément de milliards...énormément!

      On a voté en accord avec tout ceci. Notre besoin de se faire "prendre en charge" coûte très cher au Québec.

    • Michel Richard - Inscrit 15 juillet 2014 10 h 57

      Sauf que les médecins ontariens gagnent, selon certaines sources, à peu près 35% de plus que les médecins du Québec.

    • Gaetane Derome - Abonnée 15 juillet 2014 14 h 37

      M.Lambert,

      A ne pas oublier que les medecins de famille du Quebec doivent consacrer plus d'heures au travail hospitalier,ce qui diminue leurs heures consacrees a leur clientele de bureau.Par ailleurs en Ontario,il y a beaucoup plus d'infirmieres praticiennes et plusieurs patients(plus legers)ne sont suivis que par celles-ci.

  • Davy Trop - Inscrit 15 juillet 2014 06 h 26

    Pas un saire!

    De ce revenu il faudra soustraire les frais d'opération (de 20 à 50 % ),les assurances,l'épargne-retraite.Une juste comparaison mettra en balance le revenu d'une vie entière ,un exercice ccomplexe qui prend en considération de multiples éléments.Un chiffre d'affaires (Eh!oui,opérer un cabinet médical est une affaire) n'est pas un salaire.Ceci dit l'exercice de la médecine assure un revenu honorable.

    • Réjean Guay - Inscrit 15 juillet 2014 09 h 16

      Un des problèmes est peut-être là : les médecins sont en affaires !
      Il me semble y avoir une incompatibilité entre faire du fric et soigner ses patients . Par ailleurs , selon les chiffres avancés , les médecins gagnent plus , mais on dirait que l'on a une médecine de 9 à 5 ! Et le temps d'attente à l'urgence ne diminue pas ! Ultimement , en dépit du quatuor médical au pouvoir actuellement , je pense qu'il faut revoir le mode de rémunération des médecins , ainsi que leurs conditions de travail : impérativement , le patient doit revenir au centre de leur pratique . Ce qui ne semble plus être le cas depuis longtemps . Environ 18 000 < salariés -médecins ne doivent pas tenir < en otage > toute une population . Hypocrate doit se réconcilier avec Adam Smith !

    • Roxane Bertrand - Abonnée 15 juillet 2014 11 h 36

      Les cabinets de dentiste ont des frais d'exploitation encore plus élevés. De plus, 50 % à 80% de bénéfice dans un commerce est tout à fait exceptionnel.

      Ce qui brusque la population c'est l'iniquité dans les revenus. À l'image de John McCain qui disait qu'en bas de 5 millions de revenu net par an vous n'êtes pas riche, il peut s'avérer difficile de percevoir l'écart quant celui-ci joue à notre avantage.

    • Moustapha Knydr - Inscrit 15 juillet 2014 15 h 34

      Vous avez tout à fait raison, et l'article ne nous permet simplement pas de porter un jugement sur la situation. Il faudrait plutôt connaître ce qui reste du revenu une fois soustrait ce qui doit l'être afin de pouvoir comparer aux autres provinces et au reste de la fonction publique. En attendant ces données (Le Devoir : au travail !) nous allons endurer des commentaires peu éclairés...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 15 juillet 2014 10 h 51

      Pour commencer merci de me répondre!
      Votre lien date de juillet 2014, il donne 18,003 médecins qui se partagent 5.2 milliards$ contre 268,501 autres employés qui aurait droit a 10.8 milliards$.

      En cherchant votre lien j’en ai trouvé un sur R-C qui date de 20 mois plus tôt. Sur le même sujet R-C donnait 17067 médecins avec 5 milliards$ de revenu et 200,000 autres employés pour 10 milliards$ en salaire.
      (7ième tableau de -la rémunération en 7 points-)
      http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/

      Donc votre lien donne une rémunération de 288,840$ par médecin alors que le lien ici plus vieux de 20 mois en donne une 292,963$... Alors que l’article ici même mentionne une grosse augmentation de revenu pour les médecins durant cette période.

      Pour les autres employés R-C donne sur le lien le plus ressent un nombre d’employés supérieur de 68,501, soit 34% de plus que 20 mois plus tôt…

      Ensuite : dans les deux cas on expose la rémunération des médecins comme étant le même sujet, la même chose, que le salaire des employés. Et on ne n’indique pas si le salaire des employés est le coût salarial ou juste le salaire. La différence entre l’un et l‘autre peut pourtant facilement être de l’ordre 40%. Et on n’explique pas non plus le très grand nombre d’employés à temps partiel, souvent 50% et + chez les infirmières et infirmières auxiliaires.

      Le moins qu’on puisse dire c’est que la rigueur ne pèse pas lourd…

    • Jean-Yves Arès - Abonné 15 juillet 2014 10 h 57

      Re-ensuite, allez voir un peu plus bas sur le lien que j’ai placé le graphique sous «Les salaires des médecins dépassent certain budget ministériels»

      Normalement on utilise un tel graphique pour imager la proportion entre les chiffres et rendre plus facile la compréhension et l’appréciation du sujet comparatif. La surface des ronds se doivent d’être l’interface graphique des chiffres et y être proportionnelle.

      Là tout est faux. L’ensemble des plus petits ronds bleus de droite représentent un plus gros montant que le gros rond de gauche. Pourtant ce gros rond est environ 3.6 fois plus gros que l’ensemble des petits ronds…
      Pour bien représentées les proportions chiffrées ce gros rond devrait avoir un diamètre coupé de plus de moitié !

      Si l’idée c’était de travestir la réalité des données exposées c’est très réussit !

      Voila, je ne peux que réitérer ce que je disais, -faut pas croire tout ce qu’on dit-. Ni tout ce qu’on peut lire sur le site de Radio Canada, ni même ailleurs dans les autres médias sans vérifier si le propos se tient. Il est toujours important de garder l’esprit critique.

      Par défaut les médias son là pour vendre, un produit, une idée, une perception. Et la perception fait office de réalité, d'ou l'immense pouvoir des médias.

    • François Beaulé - Abonné 15 juillet 2014 12 h 29

      Ici même, un peu plus haut, on voit la progression de la rémunération globale des médecins qui atteint 6,2 milliards en 2013-2014.

      Il faudrait connaître la rémunération globale du réseau de la Santé et des services sociaux pour calculer le % dévolu aux médecins.

      La rémunération globale des médecins est passé de 3,3 milliards en 2005-2006 à 6,2 milliards en 2013-1014, soit une augmentation de 88% en 8 ans. L'augmentation de la rémunération des autres personnels de la Santé est sûrement de beaucoup inférieure.