La vague de surdoses mortelles se poursuit à Montréal

Des affiches sont distribuées dans une cinquantaine de bars et de restaurants de Montréal.
Photo: ASSS de Montréal Des affiches sont distribuées dans une cinquantaine de bars et de restaurants de Montréal.

De nouvelles surdoses mortelles sont survenues à Montréal en juin. La drogue à la source de cette vague de décès et d’intoxications étant toujours inconnue, la Direction de santé publique (DSP) ne relâche pas sa vigilance etétendra ses moyens pour sensibiliser le public.

 

Depuis la mi-mai, 53 intoxications et 18 décès ont été recensés en lien avec la circulation d’une drogue inhabituellement dangereuse. Avec cinq décès en juin, la vague semble en régression, mais le directeur de la Santé publique de la métropole, le Dr Richard Massé, croit qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions. L’enquête se poursuit, et la DSP reste à l’affût.

 

Entre 2000 et 2009, on a recensé 1,3 décès par surdose lié à une drogue injectable par période de quatre semaines. La vague actuelle est donc anormalement élevée.

 

Les trois quarts des décès par surdose enregistrésdepuis mai sont dus à des drogues injectables comme l’héroïne, mais la consommation de cocaïne ou de comprimés contrefaits par voie nasale et par inhalation a aussi été en cause dans certains cas.

 

La DSP soupçonne toujours que les produits ont été additionnés de Fentanyl, un analgésique très puissant. Impossible toutefois de confirmer cette piste tant que les analyses de laboratoire ne seront pas complétées, ce qui devrait survenir en août.

 

Afin de prévenir d’autres surdoses, une vidéo a été diffusée sur les écrans du métro entre le 21 et le 27 juin. Des affiches sont également distribuées dans une cinquantaine de bars et de restaurants de Montréal. On y avertit les consommateurs : « Overdoses en ville : baisse ta dose, t’en mourras pas. »

 

« Nous essayons de rejoindre les gens, surtout que certains consommateurs occasionnels sont difficiles à joindre, car ils ne fréquentent pas le réseau communautaire », dit le Dr Massé.

 

« Au moindre doute, nous demandons aux gens de composer le 911. Plus le naloxone (un antidote) est administré rapidement, plus il est efficace. Ça peut faire la différence. Personne ne veut faire partie des statistiques. »