Les soins pâtiront des coupes «agressives» en santé, dit l’AQESSS

Québec entend déjà mettre la hache dans les postes de gestion au sein du ministère, notamment en abolissant de nombreux emplois de cadres-conseils, qui ne gèrent pas de personnel
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Québec entend déjà mettre la hache dans les postes de gestion au sein du ministère, notamment en abolissant de nombreux emplois de cadres-conseils, qui ne gèrent pas de personnel

« Utopique », la vision du Dr Barrette. Il est carrément « impossible » d’en arriver aux compressions espérées dans le système de santé québécois sans affecter la qualité des soins, assure Diane Lavallée, la directrice générale de la principale association patronale du secteur de la santé, l’AQESSS.

 

Mercredi, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, promettait une rationalisation « agressive » pouvant atteindre 600 millions de dollars d’ici quatre ans au sein du réseau. Des déclarations accueillies avec accablement par les membres de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux.

 

« Il y a des limites. On ne peut pas penser que les services à la population ne seront pas touchés avec ces compressions. On va rapidement en arriver à toucher aux services », a estimé jeudi Mme Lavallée, en entrevue au Devoir.

 

15 postes éliminés

 

Ce serait en fait déjà le cas, dit-elle, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Ahuntsic–Montréal-Nord ayant confirmé cette semaine l’élimination de 15 postes, dont deux d’infirmières en milieu scolaire. Le CSSS de la Montagne abolira quant à lui 17 postes d’ici la fin de l’année.

 

Québec entend déjà mettre la hache dans les postes de gestion au sein du ministère, notamment en abolissant de nombreux emplois de cadres-conseils, qui ne gèrent pas de personnel. Une idée valide, mais à l’impact « marginal », estime Mme Lavallée. En matière de personnel-cadre, chaque établissement doit pouvoir conserver une certaine marge de manoeuvre. On ne peut couper infiniment l’appareil administratif, dit-elle. « Dans un secteur où il y a 220 000 employés, 24 heures par jour et sept jours sur sept, ça prend du personnel d’encadrement. »

 

L’AQESSS propose depuis longtemps de revoir les divers processus de reddition de comptes en place dans les différents établissements, CSSS et agences de santé (ASSS) de la province. « Il y a énormément de reddition de comptes, ce qui nécessite du personnel administratif afin de comptabiliser, d’analyser toutes ces informations. On a suggéré à maintes reprises de revoir cela afin d’éliminer les dédoublements », souligne l’ex-présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec.

 

L’organisme, qui regroupe 125 établissements, suivra attentivement les travaux de la Commission de révision permanente des programmes présidée par Lucienne Robillard. Au moment de couper, il faut « s’assurer de faire les meilleurs choix possible », conclut Mme Lavallée.

 

« Nous serons là pour mettre en place les mesures [attendues par Québec], mais aussi pour parler des conséquences », promet-elle.

2 commentaires
  • Bernard Plante - Abonné 27 juin 2014 10 h 59

    Les soins pâtiront...

    Lorsque les soins pâtissent dans le secteur public, cela avantage le secteur privé.

    Se pourrait-il que l'objectif des libéraux soit justement de favoriser le privé?

    Poser la question serait-il y répondre?

  • Pierre Germain - Inscrit 27 juin 2014 16 h 52

    Les médecins ayant détourné vers eux la majorité des ressources monétaires dévolues à la santé, avec la complicité de Gaétan Barrette et Philippe Couillard, et sans aucun gain d'accessibilité ou de qualité ou de quantités de soins ni sans aucun contrôles ni comptes à rendre, il faut couper ailleurs et ce seront les patients et les autres travailleurs de la santé qui écoperont. Il n'y a pas de doutes là-dessus.