Barrette enterre le projet phare d’Hébert

L’assurance autonomie était un «écran de fumée». C’est en ces termes que le ministre de la Santé Gaétan Barrette a expliqué l’abandon complet du projet de son prédécesseur Réjean Hébert, jeudi.

 

Répondant à une question de sa collègue libérale Caroline Simard à l’occasion de cette deuxième journée de l’étude des crédits, M. Barrette est même allé jusqu’à dire que l’assurance autonomie aura été « l’exercice le plus cynique de l’histoire du Québec ».

 

« On a dit à la population qu’on allait faire une chose qu’on n’avait pas les moyens de faire, dans une visée purement électoraliste », juge M. Barrette. Le projet, qui devait fournir des soins à domicile garantis aux personnes en perte d’autonomie, est bel et bien mort et enterré.

 

Irréaliste

 

Lui qui n’a jamais été un fervent défenseur du projet, même lorsqu’il était à la tête de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Gaétan Barrette dénonce son irréalisme.

 

Selon lui, à terme, l’assurance autonomie aurait coûté 4,9 milliards. Dès 2016-2017, l’État aurait dû investir 2,1 milliards. Comme il n’a jamais été question de soulever de nouvelles taxes ou impôts, M. Barrette conclut que des sommes équivalentes auraient dû être coupées dans d’autres missions de l’État.

 

Le ministre a aussi dénoncé la campagne publicitaire de plus de 800 000 $ lancée par le ministère de la Santé en 2013 pour promouvoir l'assurance autonomie. Le Devoir écrivait en janvier dernier que ces sommes ont été engagées alors que le budget global des campagnes de préventions subissait un recul de 30 %.

 

« C’était une campagne pour un livre blanc ! s’est indigné M. Barrette. C’était inapproprié. » Selon M. Barrette, l’annulation de la campagne de sensibilisation en santé mentale est une conséquence directe du lancement de celle sur les aînés.

 

Par ailleurs, Gaétan Barrette assure que la somme de 150 millions promise en campagne électorale pour le soutien à l’autonomie des aînés a bel et bien été investie au dernier budget. Un fonctionnaire a confirmé que la somme figurait au budget du fonds financé à même la taxe santé, et comprenait un montant additionnel de 25 millions destiné à l’ajout de lits en CHSLD.

Rockland Md, plus chère

Les chirurgies effectuées à la clinique privée Rockland MD coûtaient plus cher que dans le réseau public, a révélé le ministre de la Santé Gaétan Barrette jeudi. Il a soutenu qu’une étude interne au MSSS justifiait la décision de mettre fin à l’entente entre Rockland MD et l’hôpital du Sacré-Coeur, décision prise par son prédécesseur Réjean Hébert, mais que M. Barrette a entérinée à son arrivée en poste. « Des analyses externes et internes montrent un différentiel de coût significatif entre Rockland et le public : en français, ça coûte plus cher à Rockland, a dit le ministre. Ce qui ne veut pas dire qu’on ferme la porte à des ententes. Mais la porte, on va y entrer si le coût est compétitif. »

Le député de la CAQ Éric Caire s’est dit étonné puisqu’une autre étude, commandée par le service des finances de l’hôpital, stipule que les chirurgies étaient moins coûteuses au privé. Le ministre a soulevé des doutes sur la validité de cette 2e étude, soulignant que l’entente avec la clinique privée avait été « rentable » pour les médecins de l’établissement, qui avaient ainsi touché un avantage « que d’aucuns pourraient qualifier d’indu ».


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