Budget réduit, services de santé intacts?

Selon Patricia Gauthier, il y a encore place à l’optimisation dans les établissements de santé de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon Patricia Gauthier, il y a encore place à l’optimisation dans les établissements de santé de Montréal.

Malgré les compressions de 100 millions de dollars avec lesquelles elle doit composer pour 2013-2014, la p.-d.g. de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal Patricia Gauthier soutient que les services à la population ne souffriront pas.

 

« La croissance des budgets est moindre. C’est un grand défi. Mais il faudra minimiser les impacts et surtout, que ça ne se fasse pas au détriment des services », a-t-elle affirmé en entrevue avec Le Devoir vendredi. Les efforts demandés à Montréal cette année sont du même ordre que ceux exigés l’an dernier.

 

Elle est en rupture avec le discours de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), qui soutient que les services aux patients pâtiront nécessairement de ces nouvelles compressions.

 

Selon Mme Gauthier, il y a encore place à l’optimisation dans les établissements de santé de Montréal.

 

« Même les plus performants peuvent encore s’améliorer », soutient-elle. Des idées ? « Il faut éviter de fonctionner en silo. On peut aussi regrouper des services », propose-t-elle.

 

Elle croit aussi que plus de services pourraient être sortis de l’hôpital, mesure dont elle dit avoir constaté le succès lorsqu’elle était directrice générale du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

 

« Plusieurs interventions peuvent être faites en dehors d’un bloc opératoire, dans des milieux externes moins coûteux », soutient-elle.

 

Elle est aussi ouverte à la mise en place de cliniques de première ligne sans médecins dans la métropole. Montréal comptera 117 infirmières praticiennes spécialisées en 2017, et elles pourraient jouer un rôle plus large. « Tout est possible. C’est aux directeurs généraux des Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de déterminer si ce genre de projet correspond aux besoins de leur clientèle. Si oui, on va les épauler. »

 

Défi de taille

 

Arrivée en poste en février dernier, Mme Gauthier doit réussir là où sa prédécesseure, Danielle McCann, a déçu. Elle a pris une retraite prématurée cet hiver, deux ans avant la fin de son contrat.

 

La comptable de formation assure que la situation financière des établissements de santé montréalais est bonne. « Le CHUM et le CUSM sont sur la bonne voie » après avoir été mis sous quasi-tutelle pour cause de déficits galopants. L’Hôpital général juif, qui vient de se voir accoler l’accompagnateur Michel Bureau, se prend en main, assure la p.-d.g.

 

Un des grands défis de Montréal reste l’accès à un médecin de famille. Selon l’Institut de la statistique du Québec, seulement 69 % des Montréalais en ont un. Mme Gauthier croit que les intervenants de la première ligne et les CSSS doivent réfléchir ensemble aux solutions qui conviennent à leurs territoires. Le 450 a aussi la responsabilité, selon elle, de faire connaître ses services pour éviter que ses citoyens les recherchent sur l’île.

 

L’an dernier, Montréal a accru de près de 12 % son offre de soins à domicile, soutient Mme Gauthier. Malgré le contexte budgétaire difficile, elle souhaite poursuivre sur cette lancée : « Au bout du compte, les retombées seront positives. »

3 commentaires
  • André Le Belge - Inscrit 21 juin 2014 14 h 08

    Et les SLSC?

    Oui quand va-t-on prioriser les CLSC pour l'intervention en première ligne plutôt que l'urgence de l'hôpital? Ce serait une façon de faire de grosses économies, ça rendrait le service plus humain et plus proche , plus accessible. Mais que voulez-vous, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

  • François Genest - Inscrit 21 juin 2014 18 h 18

    Bel exercice de relations publiques

    Je souhaite la meilleure des chances à madame Gauthier. J'espère que loin des médias elle est prête à défendre le personnel et la population contre la volonté sociocide du gouvernement. Sinon, l'Agence est du mauvais côté de la bataille qui s'annonce.

  • François Laforest - Abonné 22 juin 2014 19 h 57

    Il y'avait encore trop de gras ??

    Si l'on retranche le 100 millions sans qu'il y est d'effets sur le panier de service, faut-il conclure qu'il y avait initialement trop d'argent pour ce qui était vraiment requis dans le budget pour opérer ?!
    Donc on peut continuer à couper...dans la bureaucratie et les salaires.