Une clinique sans médecin ouvre ses portes à Québec

La FIQ se donne un an et demi pour évaluer ce projet qui sera aussi étudié par une équipe de chercheurs de l'Université Laval.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir La FIQ se donne un an et demi pour évaluer ce projet qui sera aussi étudié par une équipe de chercheurs de l'Université Laval.
La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) lançait mercredi à Québec un projet-pilote de clinique de quartier composée uniquement d'infirmières et d'intervenants psycho-sociaux.

«Nous passons à l'action», a déclaré fièrement la présidente de la FIQ Régine Laurent qui espère que d'autres établissements du même genre pourront apparaître au Québec.

Située aux frontière des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur , la clinique existe déjà sous le nom de Coopérative de santé SABSA. Une infirmière praticienne Isabelle Têtu et une infirmière à la retraite Maureen Guthrie l'avait créée en 2012 pour faire le suivi des gens souffrant d'hépatite C. Environ 200 personnes y étaient suivies de façon bénévole.

Au fil du temps, les deux femmes avaient réalisé que les besoins étaient plus larges en matière de prévention et de suivi des maladies chroniques notamment. Au-delà des soins prodigués, leur objectif est d'intégrer progressivement les patients au système de santé.

Avec l'argent de la FIQ (150 000 $), elles pourront s'assurer qu'au moins une infirmière et un(e) intervenant(e) psycho-social(e) soient présent(e)s sur les lieux en tout temps.

La FIQ se donne un an et demi pour évaluer ce projet qui sera aussi étudié par une équipe de chercheurs de l'Université Laval.

Plus de détails à lire dans notre version papier jeudi matin
 
5 commentaires
  • Claude Goulet - Inscrit 18 juin 2014 12 h 34

    Une initiative héroïque

    Au Québec présentement, toute initiative venant des syndicats est suspecte. J'ai fait du syndicalisme dans l'enseignement et j'ai non seulement défendu les professeurs que la direction méprisait, mais aussi les parents et leurs enfants qui se faisaient mentir par l'administration. Mais les directeurs n'ont pas manqué de me le faire payer sans jamais me faire trébucher. J'avais une arme secrète : l'honnêteté intellectuelle.
    Dans le cas de cette clinique, qui ne coûte rien à l'état, on va leur faire toute sorte d'histoire car si ça ne vient pas du gouvernement, ce n'est pas bon. Mais les bénévoles qui travaillent dans ce milieu méritent tout notre support et notre reconnaissance.

  • - Inscrit 18 juin 2014 12 h 38

    Bravo...

    Les infirmières ont trouvé une excellente formule pour offrir des services de santés à la population hors de la dispendieuse médicalisation (rémunération des docteurs) des actes.
    Gageons que le gouvernement et le ministre Barrette vont se gratifier de la chose et qu'à la fin, la population sera convaincue qu'il s'agit d'une initiative du gouvernement Couillard !

  • Audrey Saldanha - Abonnée 18 juin 2014 15 h 49

    Naissance d'un CLSC - PRISE 2

    S'agit-il d'une initiative à l'image des cliniques communautaires de quartier (composées essentiellement d'infirmières et d'intervenantes psycho-sociales) qui ont précédé l'institutionnalisation des CLSC, jusqu'à ce que notre gouvernement les fassent disparaître en les fondant dans les établissements hospitaliers (même si des affiches annonçant des CLSC continuent de pointer vers des coquilles vides dans le décor du Québec)?

    Dites-moi s.v.p. qu'il s'agit d'une initiative différente !

  • Paul de Bellefeuille - Abonné 18 juin 2014 18 h 49

    Qu'en dit le docteur Alain Vadeboncoeur?

    Le docteur Vadeboncoeur est bien connu pour défendre le système public de santé. Mais sur le projet de la FIQ, il est plutôt sceptique. Voici ce qu'il en dit sur son blogue:

    Si nous continuons sur cette voie, ce qui risque d’arriver, c’est l’émergence de modèles de moins en moins collaboratifs — comme ces propositions de dispensaires infirmiers par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), apparues dans les derniers mois.

    Or, je ne pense pas que de recréer des silos de soins en première ligne, alors que nous avons déjà de la difficulté à coordonner les soins, est l’idée du siècle.

    La clé est plutôt dans l’intégration des soins et la coordination des équipes de soins, surtout pour la prise en charge des maladies chroniques, ce qui implique de la bonne volonté de tout le monde et, notamment, de la part des médecins. Fin de la citation

    La proposition de la FIQ n'est-elle pas de créer des cliniques de proximité en s'appuyant sur les groupes d'intervenants en économie sociale à rabais. Du cheap labor social? Surtout que ce projet pilote se fait avec le chantier de l'économie sociale. Étrange de la part d'un syndicat.

  • Line Larocque - Inscrite 19 juin 2014 15 h 31

    Des soins à échelle humaine, pour les patient-e-s comme pour les professionnel-le-s

    Les nouveaux modèles de dispensation des soins tels que proposés par la FIQ, qu'il s'agisse des petites maisons pour aîné-e-s ou des cliniques de proximité, s'appuient, entre autres, sur la collaboration entre les divers professionnel-le-s œuvrant dans le secteur de la santé. Ces nouveaux modèles de soins ont par contre comme particularité d'offrir la possibilité aux professionnel-le-s autres que les médecins d'occuper leur pleinement leur champ de pratique et de mettre en valeur les compétences dans lesquelles elles et ils ont été formé-e-s, et ce, dans toute la mesure de ce que permet le Code des professions. La proposition de la FIQ se situe donc à des lieux d'un modèle moins collaboratif et du travail en silo.

    Il appartiendra toutefois à la communauté médicale de faire preuve de "bonne volonté", comme le souligne si pertinemment le Dr Vadeboncoeur, en jugeant de ces propositions en fonction des besoins de la population plutôt que de ceux du système en place. Il est temps de permettre aux professionnelles en soins et de la santé de jouer le rôle qui leur revient dans la dispensation des soins de base ou dans les cas d'urgences mineures ne nécessitant pas d'intervention médicale. Ceci permettra aux patients dont l'état requiert la présence d'un médecin un meilleur accès à ceux-ci, qui seront libérés de la portion du travail pour lequel leur présence n'est pas médicalement requise.

    Une autre particularité majeure des modèles de soins proposés par la FIQ repose sur l'assise de ceux-ci au sein de la communauté, tant pour leur gestion que pour la détermination des services offerts.

    Économie sociale n'équivaut pas ici à "cheap labour" et, surtout pas, à des soins à rabais. Il s'agit plutôt d'offrir des services accessibles et bien ancrés au sein d'une communauté, des services centrés sur les besoins réels de la population et pouvant évoluer au même rythme que ceux-ci.