Le ciel s’assombrit pour de jeunes toxicomanes

Les jeunes de 14 à 18 ans que le centre accueille ont des problèmes de consommation importants, souvent doublés de problématiques familiales qui rendent nécessaire ce retrait temporaire de leur milieu.
Photo: indiagarcia_photography / CC Les jeunes de 14 à 18 ans que le centre accueille ont des problèmes de consommation importants, souvent doublés de problématiques familiales qui rendent nécessaire ce retrait temporaire de leur milieu.

Une menace de fermeture plane sur le seul centre anglophone de réadaptation avec hébergement pour adolescents ayant des problèmes de toxicomanie.

 

Mardi, cinq jeunes du centre Le Portage de Beaconsfield recevaient leur diplôme de 5e secondaire. Mais, contrastant avec cette occasion de célébrer, un nuage noir plane sur ce centre unique qui héberge près de 30 jeunes à la fois, parfois jusqu’à six mois, pour les aider à vaincre une dépendance.

 

Le centre doit avoir quitté la maison qu’il occupe depuis 2001 d’ici le 31 décembre prochain. Mais la rareté et le coût des propriétés mettent ce projet sérieusement en péril.

 

« Nous sommes pris dans un vortex. Le temps presse ! » La directrice des communications du Portage, Seychelle Harding, sonne l’alarme.

 

Le centre, locataire, occupe une maison et un terrain appartenant aux centres de la jeunesse et de la famille Batshaw, la protection de la jeunesse anglophone. Or, Batshaw reprend possession des lieux, et a même entrepris la construction de nouveaux locaux. « On savait que ça pouvait arriver. On cherche à se reloger depuis cinq ans. C’est cher, il y a très peu de terrains », dit Mme Harding.

 

Le Portage dit être sans réponse de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, qui finance 20 des lits du centre.

 

En dernier recours, le centre pourrait même accepter de changer de municipalité, dit Mme Harding. « Mais ça prendra du financement, et on n’a rien du tout », souligne-t-elle.

 

« L’Agence est sensible aux besoins spécifiques de la clientèle de Portage et va poursuivre sa collaboration pour trouver une solution convenable à la situation. L’Agence vient tout juste de recevoir une proposition de la part de Portage à cet effet et celle-ci sera analysée avec rigueur et attention », indique la responsable des communications de l’Agence de Montréal, Marie-France Coutu.

 

Le bâtiment envisagé par Portage pour un déménagement éventuel, si l’achat se concrétise, nécessite des rénovations trop importantes pour espérer un déménagement en décembre, indique Mme Harding. Une solution de transition sera nécessaire.

  

Au maximum de sa capacité

 

En attendant, le centre fonctionne au maximum de sa capacité. Ce sont 28 jeunes qui y sont hébergés présentement, et il y a une courte liste d’attente, indique son directeur, Ernesto Felaco.

 

« Je dis à mon équipe : “ On continue notre travail avec les jeunes et on traversera le pont lorsqu’on sera rendus  », philosophe-t-il, même s’il ne peut cacher son inquiétude.

 

Les jeunes de 14 à 18 ans qu’il accueille ont des problèmes de consommation importants, souvent doublés de problématiques familiales qui rendent nécessaire ce retrait temporaire de leur milieu. Ils sont généralement hébergés de quatre à six mois. En plus de la thérapie, ils poursuivent leurs études secondaires, à leur rythme, grâce à une entente avec la commission scolaire Leaster-B.-Pearson.

 

« Ce qu’ils apprennent, c’est comment devenir autonomes. Je suis très fier d’eux, dit M. Felaco. Nous ne pouvons pas trop nous arrêter pour nous inquiéter de ce qu’il adviendra en décembre, nous avons tous ces jeunes qui ont besoin de nous. »

 

 

3 commentaires
  • Patrick Lépine - Inscrit 18 juin 2014 14 h 04

    Les anglophones encore...

    Mais ce qui me rassure ce sont ces dernières paroles:" Ce qu'ils apprennent, c'est comment devenir autonome.".

    Ainsi ce sera l'occasion pour cet organisme de démontrer que la théorie qu'il enseigne fonctionne.

    Quand je repense à ce milliard de $ donné pour l'hôpital universitaire de cette communauté, un "super-hôpital" pour eux seuls...

    • Robert Vital - Inscrit 18 juin 2014 18 h 49

      Commentaire méprisant. Ces méchants anglophones payent des taxes comme vous et moi, et ont droit à autant de services. Et rassurez-vous, il n'y a pas de test linguistique nécéssaire pour se faire traiter au CUSM.

    • Jacques Moreau - Inscrit 19 juin 2014 03 h 20

      Je me souviens qu'avant qu'on crée le ministère de la santé, les hospitaux était surtout des institution privés. Elle appartenaient à des communautés religieuses, des associations de médecins, des organismes indépendants quelquonques, etc.... et certaines au gouvernement. Les hopitaux étaient francophones (et catholique), ou anglophone ( et protestant); on a un hopital juif parmis le lot.. C'était avant que l'on crée l'assurance maladie gouvernementale ou tous les citoyens sont "assurés".