Le milieu de la santé se serre les coudes... sans le ministre Barrette

L’absence du ministre est due à « une question d’agenda », a justifié son attachée de presse. Gaétan Barrette participait en avant-midi à une conférence de presse pour souligner la fin du Défi Santé 5/30.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’absence du ministre est due à « une question d’agenda », a justifié son attachée de presse. Gaétan Barrette participait en avant-midi à une conférence de presse pour souligner la fin du Défi Santé 5/30.

Remarquée, l’absence du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à un grand rassemblement des forces vives du réseau de la santé, lundi, lui a valu des critiques.

 

Pendant que plus de 400 cadres, syndiqués, médecins, professionnels ou usagers s’inquiétaient ensemble pour l’avenir du réseau public dans un contexte budgétaire difficile, le ministre participait en avant-midi à une conférence de presse pour souligner la fin du Défi Santé 5/30.

 

Il était plutôt inusité de voir se côtoyer, à la même table d’un hôtel de Laval, des directeurs d’hôpitaux et des représentants syndicaux, des ordres professionnels et des organismes communautaires, par exemple. Cette solidarité est « la démonstration de l’urgence de la situation », a dit le vice-président à la CSN Jean Lacharité, déplorant l’absence du ministre Gaétan Barrette. « Il y a des gens du Grand Nord ici et il n’a pas pu se dégager ! » a-t-il dénoncé.

 

« C’est simplement une question d’agenda », a justifié au Devoir son attachée de presse, Joanne Beauvais. Le ministre tendra-t-il l’oreille aux constats et aux solutions émanant de ce premier Rendez-vous national sur l’avenir du système public de santé et de services sociaux ? « Le ministre n’a pas d’opinion sur l’événement. On verra ce qui en sort », dit Mme Beauvais.

 

« Le message que nous voulons faire passer au ministre, c’est que rien ne se fait sans les acteurs du milieu », a lancé le président de la CSN, Jacques Létourneau. L’événement aura une suite, en décembre, lors de laquelle des solutions doivent être proposées.

 

Pas de vision

 

Le milieu, justement, en avait long à dire. L’inquiétude devant les compressions d’environ 500 millions attendues du réseau pour l’année en cours est palpable. La directrice générale de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Diane Lavallée, déplore comme bien d’autres que l’opération comptable qui consiste à freiner la croissance du budget de la santé ne s’accompagne pas de projets pour mener cette réforme à bien.

 

Les soins à domicile, par exemple. L’idée de l’assurance autonomie a été rapidement abandonnée par les libéraux. Or, exit aussi l’investissement de 150 millions en soins à domicile promis en campagne électorale, remarque Mme Lavallée. « C’est très inquiétant, car c’est un virage qu’il faut accentuer, souligne-t-elle. Là, il n’y a pas de plan de match, pas de vision autre que celle de couper ».

 

S’il y a un consensus qui se dégageait chez les participants, c’est qu’il faudra consentir certains investissements pour amorcer ou compléter les virages nécessaires, et accepter de revoir la pertinence de certains soins et services.

6 commentaires
  • François Genest - Inscrit 17 juin 2014 11 h 51

    La mort du client

    J'y étais en tant qu'usager du système. J'ai bien apprécié la formule, qui consistait à réunir à chaque table des gens de différents milieux, peu habitués à se côtoyer dans la vie de tous les jours du réseau. À ma table se trouvaient le représentant d'un ordre professionnel, le président d'un regroupement d'établissements de santé, une infirmière représentante syndicale, une directrice d'établissement en région. Je m'excuse auprès de celle dont j'ai oublié la fonction.

    Ce qui m'a frappé, c'est l'impact du vocabulaire employé par chacun sur la compréhension de la réalité. Alors que nous sommes tous en réalité des usagers du système, le fait de parler de «clients» place tout de suite les usagers comme des entités extérieures au réseau. Michel Venne, dans ses mots clôture, a émis le souhait que les patients soient présents lors de la prochaine rencontre du 9 décembre. J'ai levé la main pour montrer qu'il y en avait au moins un dans la salle sachant très bien que la parole était réservée aux représentants politiques à ce moment-là de la journée. Je riais intérieurement.

    Pour expliquer mon titre, je dirais que pour sauver le système public, il faut mettre à mort le client. Métaphoriquement, bien sûr! Pour contrer la déshumanisation implicite dans le modèle de production, ne parlons plus de clients, mais de patients. (Ou usagers, bénéficiaires, parents, amis...)

    En tout cas, l'absence du ministre concerné a peut-être permis d'avoir des échanges sereins. Qui sait comment sa présence aurait changé les choses?

  • Roxane Bertrand - Abonnée 17 juin 2014 13 h 50

    Solution et action

    Ce ne sont pas les solutions qui manquent mais bien la motivation de les appliquer!

    Mais pourquoi ou alors pour qui la motivation manque-t-elle?

    • Roxane Bertrand - Abonnée 17 juin 2014 13 h 53

      En tout cas, vive le ritalin! Les adultes de demain seront plus dociles, plus productifs et mourront plus jeune. Cela réglera des problèmes de violence, de dépression, de manque de productivité, de régime de retraite et de coût pour le système de santé. Fallait juste y penser!

    • François Genest - Inscrit 18 juin 2014 09 h 23

      Ce sont des questions très pertinentes. Il y avait lundi une bonne mixité et une bonne concentration de connaissances. Cependant, il y avait deux grands absents : les gens du milieu communautaire et la population. Sans l'appui de ces deux forces, aucun autre acteur ne sera prêt à risquer sa position.

  • Danielle - Inscrit 17 juin 2014 14 h 47

    Pour les libéraux, il n'y a que le cash qui compte. Ils viennent tout juste d'être élu majoritaire, au secours, et le chaos est déjà là! On est pas sorti du bois!

  • Donald Bordeleau - Abonné 17 juin 2014 21 h 33

    Il y a encore des argents qui sont disponibles.

    En récupérants l'ensemble des primes diteset bonis de performance des gestionnaires de l'état on pourrait récupérer 700 millions par an. Il y a aussi la Fondation Chagnon qui a reçu en 2007 du gouvernement Charest pour aider le système de santé. Que se passe-t-il avec ses 200 millions que gère la Fondation.

    Il y a aussi 100 millions à récupérer du projet des tableaux intelligents.

    Mais des comités vont examiner cela.

    Mais rien de tangible pour la relance économique

    C'est la non continuité de programmes qui sont reconnus comme étant porteur pour les entreprises, car le programmes des 300 Gazelles est un bel exemple de projet porteur.

    Une entreprise manufacturière génère 8 fois son chiffre d'affaires dans l'économie, et une bonne part est crée en sous-traitance. Pour garder ici l'effet de levier, il faut accroître la capacité de production et créer localement nos grappes industrielles.
    Le remède de cheval imposé en Europe a montré des pertes de 0,80$ à 1,10$. Quand Québec coupe $3Milliards, l'impact va être de $6Milliards. Couper des emplois ça se fait en claquant des doigts, les retrouver ça prend des années comme les USA ont retrouvé après 7 ans le niveau d'emploi de 2008.

    Vaut mieux correctement encadrer et financer quelques bonnes PME manufacturières à l'exportation que de saupoudrer partout. Pas assez de financement c'est pire que pas du tout, on perd de l'argent. Le manufacturier a un effet de levier de 8:1, elle créée de la sous-traitance et multiplie par 8 son impact économique. On a perdu des exportations que le Québec doit retrouver.



    Remarquez que c'est le Trio Économique de choc....... qui a déjà perdu près de 50 000 emplois à temps plein perdus, majoritairement dans les secteur structurants que sont la fabrication et la construction.

    Mais on assistera à l'augmentation du tarif des garderies, de Hydro-Québec, essence, maintien de la taxe santé, permis du gouvernement automobile, pêche et etc...