Davantage de contrats sans d’appels d’offres

Le ministère de la Santé ne croit pas que la signature de contrats de gré à gré pour une panoplie de services aura un effet sur les prix.
Photo: Fred Dufour Agence France-Presse Le ministère de la Santé ne croit pas que la signature de contrats de gré à gré pour une panoplie de services aura un effet sur les prix.

Malgré l’inquiétude du milieu syndical, Québec va de l’avant avec un règlement qui élargira l’attribution de contrats de gré à gré dans le domaine de la santé et des services sociaux.

 

Le 11 juin a été publiée dans la Gazette officielle du Québec la mouture finale d’un règlement proposé sous le gouvernement péquiste, en février. Il permet la conclusion de contrats sans appel d’offres « lorsqu’ils visent la poursuite des services de santé ou des services sociaux dispensés actuellement par ce prestataire à des personnes vulnérables de façon à les maintenir ou à les intégrer dans leur milieu de vie ».

 

Les services visés sont l’aide à l’emploi, l’hébergement et les soins de longue durée, par exemple. Le règlement inclut aussi des services aux personnes contrevenantes en réinsertion sociale et aux immigrants.

 

Le ministère de la Santé ne croit pas que la signature de contrats de gré à gré pour une panoplie de services aura un effet sur les prix. « En ce qui concerne les services offerts aux personnes vulnérables, puisque le prix de ces services est déjà préétabli par les ministères en fonction des services attendus, l’appel d’offres n’est pas nécessaire pour obtenir un meilleur prix », indique la responsable des communications Stéphanie Ménard. Selon Québec, le règlement permettra d’assurer la continuité des services aux personnes vulnérables.

 

Règlement dénoncé

 

Se disant « abasourdi » par l’adoption du règlement, le vice-président de la CSN Jean Lacharité croit que des effets pervers se feront sentir. « On ouvre la porte à un manque de transparence, à de la collusion possible, à des monopoles », dénonce-t-il, ajoutant que la meilleure façon d’assurer la continuité des soins est de les offrir dans le système public, plutôt que de recourir à des sous-traitants.

 

« Le gré à gré encourage l’opacité, la mauvaise gestion et l’absence de reddition de comptes. Sans parler des coûts parfois exorbitants qui en résultent. Les risques de copinage sont également très élevés. Nous nous expliquons très mal que le gouvernement aille dans cette direction. Pour un gouvernement qui prône la transparence à tous les vents, c’est totalement contradictoire », affirme pour sa part Carolle Dubé, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

3 commentaires
  • Emmanuel Denis - Inscrit 13 juin 2014 10 h 41

    Couillard essait-il de nous faire accepter la corruption étatique en santé ?

    Est-ce que j'ai bien entendu: «Le ministère de la Santé ne croit pas que la signature de contrats de gré à gré pour une panoplie de services aura un effet sur les prix.»

    Le ministère est en train de nous faire passer un savon en nous expliquant qu'il ne connaît pas le principe du capitalisme qui consiste, entre autres, à hausser la compétition pour baisser considérablement les prix, les contrats et le coût de la vie...

    De plus, quand le ministère fait des appels d'offres, il diffuse au grand jour l'existence de contrats et de besoins à être comblés: Quand l'information est diffusée, les citoyens ont accès aux actions du gouvernement et peuvent ainsi mieux le surveiller, mais bien entendu, le gouvernement ne veut surtout pas être surveillé par ses citoyens, car cela l'empêche de remplir les poches d'une poignée de politiciens et d'entrepreneurs malsains !!!

    Il y a de sérieuses questions d'éthique à se poser quand un gouvernement supposé défendre l'intérêt collectif, baisser l'imposition de ses concitoyens et créer de l'emploi à un plus grand nombre de travailleurs à le culot de laisser planer le doute sur l'efficacité économique de faire des appels d'offre...

    Est-ce une stratégie de diversion médiatique pour ouvrir maintenant la porte à la corruption étatique généralisée en santé ?

    Les citoyens n'ont-ils pas suffisamment appris de la corruption étatique dans le ministère des Transports qui a ruiné le Québec pour plusieurs générations, et qui continue toujours de faire des siennes à l'heure actuelle, malgré la «Commission Charbonneau» et le rapport Duchesneau qui a étalé au grand jour la corruption, la collusion et les pertes d'argent liées aux signatures de contrats de gré à gré.

    Avec Couillard tout est possible, car il possède cette capacité persuasive médiatique et ce flair du beau parleur pour faire tolérer à nouveau une corruption intolérable !

    • Ruth Nicole Bélanger - Inscrite 13 juin 2014 18 h 17

      Vous auriez raison Monsieur si les appels d'offres n'étaient pas tous pipés d'avance... Notre système est trop corrompu pour qu'un appel d'offres public corresponde au ''meilleur rapport qualité/prix'' comme il se devrait, en théorie. La CEIC nous a conscientisés mais je ne vois vraiment pas comment cela va changer les choses demain... C'est profond et international ce problème....

  • Pierre Couture - Inscrit 13 juin 2014 17 h 22

    Avec qui?

    Avec qui, déjà, l'ex-ministre de la santé(!), M. Couillard s'était-il négocié un emploi ronflant avec une compagnie privée? N'était-ce pas, justement, avec une compagnie visant la privatisation des soins de santé?