Une entreprise américaine propose des tests diagnostiques «inutiles» avertit le CMQ

Le président du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard, tranche qu'il est totalement erroné d’affirmer que ces tests peuvent sauver des vies.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Le président du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard, tranche qu'il est totalement erroné d’affirmer que ces tests peuvent sauver des vies.

Une compagnie californienne courtise les Québécois pour leur vendre des tests diagnostiques préventifs administrés dans un hôtel de Plattsburgh. Le Collège des médecins du Québec (CMQ) avertit que ces examens non seulement sont inutiles, mais qu’ils peuvent aussi comporter des risques.

 

« Détection précoce… Un scan corporel peut vous sauver la vie ! », clame l’encart publicitaire, en anglais, glissé mardi dans le journal montréalais The Gazette.

 

Il est totalement erroné d’affirmer que ces tests peuvent sauver des vies, tranche le président du CMQ, le Dr Charles Bernard. « Subir des tests sans symptômes, c’est inutile. Il n’y a aucun fondement scientifique. De plus, les radiations émises ne sont pas sans conséquences. »

 

Une échographie cardiaque est offerte à 150 dollars. Des scans du coeur, des reins ou du pancréas, par exemple, à 60 dollars. Un scan corporel complet : 500 dollars.

 

L’encart mentionne que les services seront offerts « près de chez vous », une fin de semaine de juin, dans un hôtel de Plattsburgh. Dans sa publicité, la compagnie affirme que les tests sont administrés par des technologues certifiés et évalués par un médecin.

 

La compagnie derrière cette offensive publicitaire, Ultra Life, sillonne les routes américaines avec son équipement depuis plusieurs années. Le Devoir a tenté, sans succès, d’obtenir une entrevue avec un responsable de la compagnie.

 

Une mauvaise idée

 

Le président du CMQ, le Dr Charles Bernard, rapporte qu’il avait eu connaissance de sollicitations semblables auprès des Québécois lorsqu’ils passent l’hiver en Floride, mais jamais directement de ce côté-ci de la frontière.

 

Un médecin du Québec qui proposerait de tels tests s’exposerait à des poursuites de la part du Collège, car ils ne sont pas médicalement requis. « Les cliniques, même privées, doivent avoir une prescription d’un médecin pour offrir des tests ici. Et ces ordonnances, c’est soit pour un dépistage dont l’utilité est reconnue, soit pour étudier des symptômes », dit le Dr Bernard. Il s’inquiète aussi de l’angoisse inutile que les résultats pourraient générer.

 

Rien n’interdit toutefois ces publicités, puisque le Collège n’a aucune compétence sur des compagnies ou des médecins américains. « Le mieux qu’on puisse faire, c’est de sensibiliser les gens », ajoute le Dr Bernard.

 

En 2010, à la suite de publicités semblables glissées dans des médias de la province, le Collège des médecins de la Colombie-Britannique avait émis un avertissement qui rappelait que l’utilité de ces tests n’était pas démontrée et que les risques étaient inconnus, notamment en ce qui concerne les niveaux de radiation auxquels les patients sont exposés.

5 commentaires
  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 4 juin 2014 07 h 09

    Équivalence

    Ultra Life est l'équivalant des vendeurs de potions-magiques d'autrefois,lesquels
    erraient de village en village pour proposer des remèdes "bonne-femme" à cerveaux
    totalement igorant des causes de leurs souffrances!Aujourd'hui c'est pire,car les beaux discours de ces haran-gueux-marketteux insufflent le doute dans les conscien-
    ces,pourtant bien portantes,préparant ainsi un terrain fertile au développement de la moindre semence infectueuse latente dont nous sommes tous porteurs théorique-
    ment.

  • Daniel Guibord - Inscrit 4 juin 2014 11 h 25

    Le Dr Charles Bernard ment, au sens littéraire du mot


    « Subir des tests sans symptômes, c’est inutile. Il n’y a aucun fondement scientifique. »

    La raison fondamentale pour son énoncé est que si le CMQ admet que certaines maladies sont asymptomatiques en leur début, et avec conséquences graves avant qu’elles deviennent symptomatiques, le CMQ expose ses membres à un recours collectif pour dommages-intérêts, en plus d'exposer le CMQ pour ce qu'il est : une organisation visant à protéger son monopole et non pas la santé des citoyens ; lequel monopole permet à ses membres de percevoir un salaire moyen de l’ordre de 380 000 $ par année pour les médecins dits « spécialistes », alors qu’ils ne valent même pas la moitié de ce qu’ils gagnent présentement, et alors qu’au Québec il y a présentement des centaines de milliers de gens sur le bien-être social et des milliers de gens à la rue, survivant dans des conditions épouvantables, essentiellement afin de payer et de maintenir le niveau de vie des employés de l’État, dont en tout particulier celui des médecins dits « spécialistes ».

    Je vous suggère de lire l’article du journal Le Devoir : Des femmes âgées envoyées à la rue après un séjour à l’hôpital, par Caroline Montpetit

    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

    Le CMQ et ses membres savent parfaitement bien que de nombreuses maladies sont asymptomatiques en leur début.

    Voici une liste partielle de maladies asymptomatiques graves :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Asymptomatic

    Le Dr Charles Bernard devrait être relevé de ses fonctions, ainsi que ceux et celles qui gravitent autour de lui ; mais l’État est à genoux devant le CMQ.

  • Albert Descôteaux - Inscrit 4 juin 2014 12 h 33

    Ah bon!

    "Subir des tests sans symptômes, c’est inutile. Il n’y a aucun fondement scientifique."

    Donc, à quoi bon passer tous ces tests que prescrivent les médecins de famille (analyses sanguine et d'urine)?

  • Patrick Lépine - Inscrit 4 juin 2014 18 h 31

    Ils vont devoir s'habituer...

    Bientôt ce sont des programmes informatiques qui pourront nous diagnostiquer, une seule machine scan, et fournit ses diagnostiques basés sur des statistiques... Ça doit être drôlement plus économique...

    J'ai hâte que notre État bénéficie de ces réductions de coûts de production importants. Ainsi nous pourrons nous atteler à payer la fameuse dette. Et d'ici là les économistes pourront encore supputer sur les décisions à prendre pour ramener l'économie vers la croissance, ou au moins l'équilibre.

    Il faudra bien entendu trouver d'autres moyens de recycler ces médecins, qu'en les transformants en députés de l'Assemblée Nationale, car là aussi les coûts sont importants.

  • Luc Poudrier - Inscrit 4 juin 2014 19 h 34

    C'est une campagne de peur!

    Je ne cherche pas à défendre cette compagnie, mais de dire qu'il y a des radiations c'est faux. Cette firme se spécialise dans les analyses à l'ultrason. Il n'y a pas de radiation d'impliqué dans ces examens.

    On voit clairement que le Collège des médecins du Québec cherche plus à protéger sa chasse-gardé qu'à vraiment informer les gens.

    Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage!