Une drogue mortelle circule à Montréal

L’ajout du Fentanyl ou d’autres substances de coupe aux drogues consommées est soupçonné chez les cas signalés.
Photo: Archives La Presse canadienne L’ajout du Fentanyl ou d’autres substances de coupe aux drogues consommées est soupçonné chez les cas signalés.

Depuis la mi-mai, 14 personnes ont subi des intoxications sévères et 9 sont décédées, après avoir consommé des drogues de rue à Montréal, signale la Direction de la santé publique (DSP) de la métropole. Alors qu’elle mène l’enquête, elle invite les consommateurs de drogue à la prudence.

« Jusqu’à présent, l’ajout du Fentanyl ou d’autres substances de coupe aux drogues consommées est soupçonné chez les cas signalés. Cependant, tous les cas font toujours l’objet d’une enquête. Il est donc encore trop tôt pour dire si l’ensemble de ces décès et intoxications sont directement liés au Fentanyl », a indiqué le directeur de la Santé publique, le Dr Richard Massé, jeudi en conférence de presse.

De 50 à 100 fois plus puissant que la morphine, le Fentanyl peut provoquer des surdoses, voire tuer. C’est un puissant analgésique, utilisé notamment en soins palliatifs.
La DSP recommande aux usagers d’héroïne, de cocaïne ou de comprimés contrefaits d’oxycodone « d’être prudents, de ne pas consommer seuls, de réduire leur dose, de s’injecter plus lentement [la dose] et de contacter le 911 dès l’apparition de tout signe ou symptôme inhabituel ».

Habituellement, de 15 à 20 personnes par année décèdent d’une surdose. C’est pourquoi la situation actuelle inquiète particulièrement la Santé publique. « Trouver la source n’est pas si simple, dit le Dr Massé, car les personnes touchées n’avaient pas toutes consommé la même chose », comme de l’héroïne, de la cocaïne ou de l’oxycodone, par injection ou par voie nasale.

Les urgences, les hôpitaux, les policiers et les groupes communautaires ont été alertés. « Certaines victimes étaient des utilisateurs occasionnels, qui n’avaient aucune idée de ce à quoi elles avaient affaire », mentionne le Dr Massé. Elles avaient de 20 à 64 ans. « Les gens doivent être prudents : c’est la roulette russe. »