Une personne âgée sur cinq montre des signes de dépression

De 21 %, chez les répondants ayant une légère incapacité, les signes dépressifs grimpent à près de 60 % chez ceux aux prises avec une incapacité grave.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir De 21 %, chez les répondants ayant une légère incapacité, les signes dépressifs grimpent à près de 60 % chez ceux aux prises avec une incapacité grave.

Les signes de la dépression sont présents chez 20 % des personnes âgées au Québec et chez près de 60 % des personnes atteintes d’incapacité grave, révèle une étude épidémiologique menée par l’Institut de la statistique du Québec.

 

Ces résultats spécifiques, obtenus grâce à des données tirées de l’Enquête québécoise sur les limitations, les maladies chroniques et le vieillissement (EQLAV), offrent un portrait inédit de l’état de « fragilité » des personnes âgées ou atteintes d’incapacités au Québec.

 

Le bilan dressé grâce à des marqueurs de fragilité permet en outre de déceler qu’à l’âge de 85 ans et plus, c’est une personne sur quatre qui afficherait des signes de dépression. Cette vulnérabilité touche d’ailleurs davantage les femmes que les hommes, et frappe durement les personnes seules (26 %) et celles vivant sous le seuil de faible revenu (26 %).

 

Système de santé

 

Ce calcul de la fragilité est d’autant plus pertinent, estiment les chercheurs, que la fragilité observée chez les personnes âgées est souvent prédictive de leur utilisation future des services de santé. « En identifiant ces personnes vulnérables, cela permet de faire de la prévention et d’éviter d’éventuels recours aux services de santé. Ces indicateurs peuvent aussi permettre de suivre l’évolution de la clientèle des personnes âgées, de voir comment le système de santé doit s’adapter à cette réalité et appliquer les interventions les plus utiles », a expliqué mardi Maxime Murphy, coauteur de l’étude.

 

La présence ou la gravité des incapacités chez les personnes âgées fait d’ailleurs bondir les signes précurseurs de la dépression, confirme cette étude. La présence de deux problèmes de santé fait plus que doubler les signes de dépressions chez les aînés, tout comme les incapacités. De 21 %, chez les répondants ayant une légère incapacité, les signes dépressifs grimpent à près de 60 % chez ceux aux prises avec une incapacité grave. La présence de certaines maladies, notamment les maladies cardiaques au premier chef, l’arthrite, la bronchite chronique ou l’emphysème font aussi caracoler le pourcentage de personnes affichant des signes de dépression.

 

Les chercheurs ont aussi mesuré la proportion d’aînés affectés par une perte de poids subite, souvent symptôme de la sarcopénie, une perte de masse musculaire due au vieillissement qui peut se traduire par divers problèmes, dont des chutes et des pertes de mobilité. Pas moins d’une personne âgée sur dix au Québec présente des signes de perte de poids subite.

 

Tant chez les personnes affichant des signes de dépression ou une perte de poids subite, les deux conditions se traduisent par un recours accru de consultations à l’urgence, d’hospitalisations ou de chirurgies. Pas moins de 60 % des aînés ayant souffert d’une perte de poids involontaire ont dû avoir recours à au moins un service hospitalier durant la dernière année, note l’étude.

 

Ce portrait de la fragilité, qui cerne de façon pointue le risque de dépression, ne doit toutefois pas être associé à un diagnostic, prévient M. Murphy. « Ce n’est pas un outil diagnostique,dit-il,mais bien un indicateur qui permet de faire du dépistage auprès de clientèles spécifiques. Ces résultats sont obtenus grâce à des enquêtes téléphoniques et non des observations médicales. Il faut donc en parler avec prudence, et se garder de faire des comparaisons, car d’autres études ont pu utiliser des indicateurs différents. »

3 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 21 mai 2014 02 h 52

    Ce qui me surprend...

    Ce qui me surprend, c'est qu'avec un gouvernement québécois du genre de celui qu'on a, il n'y ait pas plus de nous qui le soit, déprimés...
    Mais bon, n'y a-t-il pas toujours place à "amélioration" ?
    Tourlou !

  • Marie-M Vallée - Inscrite 21 mai 2014 08 h 55

    Vivre longtemps et sans assez de $$$$

    Ne nous le cachons pas, pour vivre longtemps et vieux, il faut beaucoup de $$$$.

    Les chercheurs qui travaillent sur le vieillissement ont-ils pensé à cela ? Et nos gouvernements ?

    Mais il y a des prévoyants et des futés qui se retrouvent en haut de la pyramide sociale.

    Vive la recherche sur le vieillissement !

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 21 mai 2014 12 h 11

    Éducation cognitive préventive

    Il en faut!