La solution du PLQ est jugée non optimale

Selon l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux, les supercliniques proposées par le gouvernement libéral ne sont peut-être pas la bonne réponse pour répondre aux malades chroniques.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux, les supercliniques proposées par le gouvernement libéral ne sont peut-être pas la bonne réponse pour répondre aux malades chroniques.

Alors que plus d’un Québécois sur deux souffre de maladies chroniques, il est urgent de sortir ces malades du seul giron de l’hôpital pour mieux les soigner et éviter une spirale des coûts, presse l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS). L’organisme ajoute que les supercliniques proposées par le gouvernement libéral ne sont peut-être pas la bonne réponse pour effectuer ce virage à 180 degrés.

 

À l’heure actuelle, 3 % des patients atteints de maladies chroniques accaparent la moitié des soins dispensés par les hôpitaux. Dans ce contexte, il est plus que temps de revoir les façons de faire, formule un groupe de travail sur les maladies chroniques formé par l’AQESSS, dont les conclusions ont été rendues publiques jeudi.

 

L’AQESSS juge que le système actuel répond mal aux besoins continus de ces malades chroniques, qui, faute d’une prise en charge efficace, se retrouvent à l’hôpital dans le bureau de spécialistes quand leur condition dégénère. Or, les problèmes d’asthme, de maladies mentales ou d’hypertension pourraient très bien être prévenus ou traités hors de l’hôpital par des équipes formées d’infirmières, de travailleurs sociaux, de médecins de famille et d’autres professionnels travaillant ensemble, insiste l’AQESSS.

 

D’ailleurs, la Dre Michèle Pelletier, croit que les supercliniques promises par le gouvernement Couillard, sortes d’hôpitaux décentralisés, ne constituent pas non plus le modèle à privilégier pour assurer un meilleur suivi à ces patients. « Les supercliniques proposées ne doivent pas devenir des cliniques sans rendez-vous, mais sans suivi. Ça pallie un service déficient, mais ce n’est pas optimal »,ajoute l’adjointe à la direction générale de l’AQESSS et directrice de l’organisation des services, des affaires médicales et universitaires.

 

Effet boule de neige

 

La réalité actuelle veut que plus de 52 % des Québécois souffrent d’une maladie chronique (2,7 millions souffrent de deux maladies chroniques), en priorité de maux de dos (18 % de la population), d’hypertension (16 %), d’arthrite (11 %) et d’asthme (9 %). Avec le vieillissement de la population, le portrait risque de s’assombrir, 46 % des personnes de 65 ans et plus étant aux prises avec une maladie incurable, a fait valoir la Dre Pelletier.

 

L’amélioration des taux de survie pour les cas de cancer et la prévalence des maladies mentales font maintenant en sorte que ces deux conditions doivent souvent être prises en charge comme des maladies chroniques, avec des services multidisciplinaires coordonnés. Si beaucoup d’exemples de prises en charge efficaces existent dans certaines régions, pense l’AQESSS, il reste un pas de géant à faire pour changer des réflexes fortement ancrés. « Notre système est pensé pour traiter la courte durée. On doit mettre l’accent sur la gestion des risques et la prévention, ce qui peut être fait par des équipes spécialisées. Il faut déplacer les activités de l’hôpital vers la première ligne. Ça prend un réel changement de culture des établissements, mais aussi de la population », ajoute Lucie Raymond, conseillère pour l’AQESSS et coauteure du rapport.