​Des médecins demandent au gouvernement Couillard de défendre le régime public

Le docteur Alain Vadeboncoeur a tenu à rappeler qu'il est temps de réfléchir sérieusement sur le coût des médicaments, faisant valoir que le Québec est l'un des endroits au monde où les prix sont les plus élevés.
Photo: François Pesant - Archives Le Devoir Le docteur Alain Vadeboncoeur a tenu à rappeler qu'il est temps de réfléchir sérieusement sur le coût des médicaments, faisant valoir que le Québec est l'un des endroits au monde où les prix sont les plus élevés.
Le regroupement Médecins québécois pour un régime public (MQRP) demande au gouvernement Couillard de s'engager clairement à défendre le système de santé publique dans la province.

Le président de l'organisme, le docteur Alain Vadeboncoeur, s'est dit inquiet des propos du premier ministre Philippe Couillard qui, en campagne électorale, a manifesté à plusieurs reprises son ouverture au développement de la prestation de services par le secteur privé, notamment par la proposition de mettre sur pied 50 supercliniques.

Le docteur Vadeboncoeur n'a pas caché non plus ses appréhensions face au discours d'austérité tenu par le nouveau gouvernement libéral.

Il a fait valoir que certaines pistes visant à améliorer l'accès aux soins sont déjà connues et, à ce sujet, il a invité le nouveau ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à poursuivre les démarches de son prédécesseur péquiste, Réjean Hébert, afin d'éliminer les frais accessoires. Il a rappelé au passage que cette démarche avait fait l'objet d'une motion unanime à l'Assemblée nationale en juin dernier.

Le MQRP se réjouit par ailleurs de l'engagement libéral d'assurer une couverture publique de tous les examens d'imagerie, mais estime toujours pertinent de rehausser l'offre publique, tel qu'initié par le précédent gouvernement.

Le docteur Vadeboncoeur a aussi tenu à rappeler qu'il est temps de réfléchir sérieusement sur le coût des médicaments, faisant valoir que le Québec est l'un des endroits au monde où les prix sont les plus élevés.

Alain Vadeboncoeur s'adressait aux médias en marge du colloque annuel du Collège des médecins du Québec, qui se tenait à Québec vendredi et auquel il était conférencier.

Par Pierre Saint-Arnaud
5 commentaires
  • Françoise Breault - Abonnée 9 mai 2014 15 h 51

    Vigilance

    Merci M. Vadeboncoeur. Nous vous appuyons et comptons sur vous car nous savons que notre système public est en grand danger...

  • Donald Bordeleau - Abonné 9 mai 2014 23 h 20

    Le privé est la marotte de Couillard.

    Abolir les Agences de santé comme une couche inutile dans le système de santé. Les 2000 postes créés en 2004 par Couillard devront être abolis.

    Les soins à domicile devront être priorisés. Les préposés sont débordés un peu partout au Québec.

    Depuis 10 ans la productivité des médecins a diminué continuellement malgré 67% d'augmentation de leur salaire. Les GMF sont la solution qui doit être ouverte selon les règles. Les supers cliniques ne sont plus dans le discours du gouvernement. Ha bizarre!

    Peu de médecins assurent le suivi de leur intervention, ils sont enclins à passer la carte.

  • Pierre Germain - Inscrit 10 mai 2014 10 h 15

    Le privé n'offre aucun avantage. Il ne fera pas apparaître subitement, par magie, plus de médecins. Ceux qui travailleront au privé ne travailleront plus au public. Et comme ils exigeront d'être rémunérés encore plus au privé - sinon, pourquoi y aller? -, ils pourront travailler moins pour un salaire tout de même plus élevé, engorgeant ainsi encore plus le public.

  • Pierre Germain - Inscrit 10 mai 2014 10 h 16

    La seule conclusion valable en comparant le nombre de médecins par 1000 habitants (MPMH) de pays de l’Europe de l’Ouest1 avec celui du Québec2 est que ce dernier est anormalement bas. Par exemple, l’OMS fournit les données suivantes, présentées ici selon le format suivant : « pays : MPMH » (il s’agit de données de 2009-2011).

    Allemagne : 3,69; Autriche : 4,86; Belgique : 3,78; Espagne : 3,96; France : 3,38; Islande : 3,46; Italie : 3,8; Luxembourg : 2,78; Royaume-Uni : 2,77; Suède : 3,87; Suisse : 4,08.

    Ainsi, alors qu’il y avait 2,21 MPMH au Québec (donnée de 2011 de l’ISQ), la médiane des 11 onze pays cités ci-dessus est de 3,78, soit 71 % plus élevé qu’au Québec, impliquant un retard de 12 700 médecins au Québec par rapport aux standards ouest-européens. En fait, même l’Ouzbékistan a proportionnellement plus de médecins que le Québec!

    À la lumière de ce qui précède, il apparaît évident que nos médecins profitent de l’indolence de nos politiciens pour maintenir à leur profit une pénurie artificielle de leurs effectifs. Comme il n’est pas réglementé, ce monopole est autant improductif que coûteux pour les Québécois qui paient trop cher des services… auxquels beaucoup d’entre n’ont même pas accès, malgré les lois qui devraient les protéger.

    Et la seule solution envisagée par les médecins à ce sujet est de demander à être rémunérés encore plus. Pourtant, les payer plus n’en fait pas apparaître d’autres. Bien au contraire : en les payant, disons 60 % plus, ils peuvent travailler 30 % moins tout en empochant 30 % plus. Leur solution entretien donc un manque d’accessibilité, de quantité et de qualité des soins.

    Il est temps que d’autres professionnels de la santé puissent effectuer indépendamment des actes auparavant réservés aux médecins.

    1OMS : http://apps.who.int/gho/data/node.main.A1444?lang=
    2Institut de la statistique du Québec (ISQ) : http://www.stat.gouv.qc.ca/quebec-chiffre-main/pdf

  • Yvon Bureau - Abonné 10 mai 2014 10 h 27

    Gratitude

    et admiration à vous, Dr Vadeboncoeur.

    Continuons !